‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 91 sur 183 · L'abbé Amumd'laks Lt BmitbilMr ^ l<#cut · texte numérisé non relu

L'abbé Amumd'laks Lt BmitbilMr ^ l<#cut

148 LETIRES AU MAREGHÂt.

qu'il les donne à ses novices; c^est du moins ce qu'en pense ma sœur Anne- Marie de Jésus *, qui étoit présente à sa conversation. Je voudrois bien en profiter comme elle, mais les dispositions ne sont pas toutes égales, et il me faut plus qu'à un autre pour faire le bieQ. Cependant, je suis toujours dans la confiance et la paix , et notre saint abbé m'a fort exhortée à y demeurer. Qu'il aime Dieu au prix de moi ! et que cela me doit donner de confu-

célèbre par les dissipations de Èa. jeunesse et par sa conversion éclatante.

1 . Le premier éditeur des Lettres de Madame de La Vallière, l'abbé Lequeux, dit que la sœur Anoe- Marie était une fille du maréchal de Bellefonds. Or, d*après le père Anselme et les pièces du Cabinet des titres de la Bibliothèque impériale relatives aux Gigault de Bellefonds, aucune des filles du maréchal ne s'appelait Anne-Marie et n'entra aux Carmélites. On voit, au Cabinet des titres , qu'une arrière-petite-nièce du maréchal de Bellefonds se nommait Marie-Anne, et rien n'indique qu'elle ait été mariée. C'est probablement de cette parente qu'il s'agit dans la lettre de sœur Louise de la Miséricorde au maréchal.

sion ! Ne devroîs-je pas Taimer seule plus que tout le monde ensemble, en leconnoissancç de tout ce qu'il a fait pour moi ? Mais que je suis tiède au service de ce divin maître, moi qui ai toujours été si vive et si empressée pour tout ce que j'ai voulu, faire ! Encouragex-moi et déployez , s'il le faut , cette rigueur et cette dureté dont vous vous êtes quelquefois si utilement servi à mon égard ; si c'est avec succès, vous aurez part à ma récompense. Enfin, ne m'abandonnez pas , et quoique je sois dans un lieu où je cours moins de périls que dans celui où j'étois , ne laissez pas de me reprendre et de me représenter vivement mes devoirs. Je vous l'ai déjà dit, il me faut plus qu'à tout autre. Joignez vos leçons et vos prières à celles de nos saintes Mères et de M. l'abbé de la Trappe ; peut-être que Dieu nous exaucera tous ; je le désire ardemment et je l'espère. Rien ne me fait peur ; quelque étroit que soit le chemin, j'y passerai sans peine, pourvu que Dieu m'éclaire et me

conÛQue ses bontés. Le corps n*est rien quand l'etprit est content. Aimons Dieu de tout notre cœur ; ce cœur pe seroit-il insensible que pour lui? Que vous êtes beureux! vous êtes dans l'état où il veut que vous soyez, c'est-à-dire détaché de vous-même. Demandez-lui pour moi la même grâce.

DB BEIXEFOIÎDS.

LETTRE XVIII

Ce 8 jaoTÎer 4676.

e puis-je obtenir de vous que vous me traitiez comme je le mérite ? En vérité, vous n^y pensez pas ; vous me parlez comme vous auriez fait à saint Paul à son retour du troisième ciel, et je suis la plus criminelle des créatures , pleine de foiblesses et d'inâdélités, toute terrestre, et, malgré les grâces du Seigneur, rampante, parmi tant de personnes qui volent dans la voie étroite.

Ne m'épargnez pas, je vous prie; au nom de Dieu ! point de ménagement. Usez de la sévérité qui convient à mon égard; je ne reprends point le pouvoir que je vous en

avois donné, et j'en ai plus besoin que jamais.

Je suis bien aise de voir, par les lettres que vous m'écrivez, que vous avancez dans le chemin du ciel. J ai fort envie de vous imiter ; mais je ne suis point jalouse de vous voir plus avancé que moi. U est juste que le maîti'e précède le disciple ; trop heureuse encore de vous suivre de loin. Je prie Dieu de tout mon cœur de vous conserver ses grâces , et j'espère que vous voudrez bien continuer de m'en faire part. Vous voyez que l'homme se retrouve partout et n'oublie jamais ses intérêts ; mais qu'il est doux de les rapprocher quand c'est Dieu qui en est T objet!

Prions, demandons sans cesse. Celui qui est tout-puissant est inépuisable dans la richesse de ses dons.

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