‹ Réflexions sur les Hernies diaphragmatiques: (A propos de quarante observations personnelles)Chapitre 14 sur 28 · I. — SIGNES GENERAUX · texte numérisé non relu

I. — SIGNES GENERAUX

Ceux-ci, en dehors de l’anémie, n’ont absolument rien de particulier et, en aucun cas, 1ls ne permettent au clinicien de s'orienter vers le diagnostic de H.D. Certes, dans nombre de nos observations, les malades se plaignent d’asthénie. Mais, celle-ci n’est que secondaire et n’apparaît qu'après des symptômes beaucoup plus caractéristiques, dont elle est, en général, la conséquence, car il est évident que des troubles digestifs persistants finissent par fatiguer, le sujet. Nous ne nous attarderons pas plus sur l’amaigrissement, bien souvent un facteur favorisant de la H.D.; s’il apparaît après la constitution de celle-ci, 1l ne permet que de constater la dénutrition consécutive à des vomissements ou à des douleurs faisant restreindre l’alimentation.

Formes anémiques

Toute autre est l’anémie, dont on sait, depuis fort longtemps, qu’elle constitue une manifestation assez fréquente de la H.D. Nous en apportons quatre cas absolument purs, ayant classé ailleurs les observations où il existe de l’anémie, mais consécutives à des hémorragies, cliniquement décelées. Ceci d’ailleurs, n’exclut nullement que, dans nos observations, l’anémie n’ait pu être produite par des hémorragies microscopiques occultes de la portion rétrécie de l’estomac. Cette con-

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ception pathogénique est communément admise en Amérique, alors que les auteurs français Bénard-Rambert et Canivet incriminent plutôt un trouble dans l’absorption du fer. Le nombre de nos cas n’est pas assez élevé et nos recherches n’ont pas été spécialement orientées dans ce sens, pour nous permettre de formuler une explication pathogénique.. C'est pourquoi, nous n’attacherons pas trop d’importance ‘au fait qu’il s’agit de quatre cas féminins, ce qui permettrait d’envisager la séduisante hypothèse de la chlorose tardive de la ménopause. Cela est d’ailleurs infirmé par l’âge de nos malades qui ont respectivement 72, 41, 45 et 69 ans.

Nos anémies sont modérées (2.500.000 à 3.000.000) isochromes ou légèrement hypochromes, constatation elassique. L'examen hématologique n’a permis, dans aucun cas de relever la présence de cellules immatures. Nous possédons le myélogramme de Madame D. (Obs. n° 2) qui ne montre aucune anomalie, en dehors d’une diminution globale légère de la lignée érythroblastique.

Les symptômes de nos malades sont ceux de tous les anémiques : fatigue, pâleur, bourdonnements, syncope. Cependant, dans trois cas sur quatre, on relève des troubles digestifs surajoutés (digestion lente, douleur épigastrique, émission de gaz importante) qui font évoquer la possibilité d’une né6plasie gastrique et conduisent à pratiquer l'examen baryté de l’estomac, lequel fait découvrir la H.D. Dans le quatrième cas (Obs. n° 1), on note une gêne thoracique qu’explique parfaitement l’importante hernie de cette malade. Done, si l’on sait que toute anémie qui ne fait pas sa preuve doit faire rechercher une H.D., la coïncidence de cette anémie avec les troubles que nous venons d'évoquer, ne pourra qu'augmenter la suspicion du praticien, quant à la présence d’une H.D. Bien sûr, il ne pourra s'agir que de suspicion, même cette coïncidence ne permettant pas de poser, sans examen radiologique, un tel diagnostic, d’autres affections, et en tout premier lieu, le cancer aie in re souvent un tableau clinique identique.

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