‹ Réflexions sur les Hernies diaphragmatiques: (A propos de quarante observations personnelles)Chapitre 17 sur 28 · MATE · texte numérisé non relu

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nous ne devons leur accorder qu’une importance secondaire, étant donné leur banalité et leur polymorphisme.

E) Symptômes thoraciques

La symptomatologie thoracique des H.P. est connue depuis fort longtemps et Quénu, notamment, a signalé les troubles cardio-pulmonaires provoqués par cette affection. Encore, les ‘formes thoraciques pures paraissent-elles assez rares, puisque nous n’en apportons que trois cas, dans lesquels le symptôme prédominant est la douleur. Nous avons déjà vu dans l'étude des douleurs, en général, leur localisation thoracique : bornons-nous à préciser qu’elles siègent dans l’hémithorax gauche (précordialgies : 4 fois, ou névralgie intercostale : 1 fois) ou plus souvent derrière le sternum et qu’elles ont les caractères généraux des douleurs dans la H.D.

Par eontre, les autres signes thoraciques ne sont que des symptômes d'accompagnement, qui sont loin de dominer le tableau clinique, en dehors des formes anémiques, où il est évident qu’on doit en grande partie les rapporter à cette anémie, la H.D. ne faisant qu'aggraver les choses. Le symptôme rencontré relativement le plus souvent est la toux (10 % des cas), qui, dans l’Observation n° 26 n’est apparue qu'après le traitement et la quasi disparition des troubles dyspeptiques. La dyspnée parait avoir, à peu près, la même fréquence, encore que dans les quatre cas où on la rencontre, il y en ait deux qui soient des formes anémiques. Par ailleurs, notons que dans deux observations, nous avons affaire à des asthmatiques, dont l’asthme a été amélioré par le traitement de la hernie, ce qui semble indiquer que celle-ci jouait, sans doute, le rôle d’épine irritative dans l’étiologie de cet asthme.

Au point de vue cardiaque, nous voyons deux fois des palpitations (3 %) et trois fois (dont une fois après les repas) des lipothymies permettant presque de parler de syncope qui ne soient pas directement conditionnées par une douleur très violente où une hémorragie abondañte, bien que dans ces deux

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éventualités, la H.D. peut être un facteur prédisposant à de tels accidents; et enfin, nous relevons une fois de la tachycardie, mais nous n’avons jamais trouvé la cyanose, ne par différents auteurs.

Remarquons que ces troubles sont épars dans nos observations et qu’il n’y en a qu’une (Obs. n° 35) qui, à côté de troubles dyspeptiques prédominants, réunisse dyspnée, ‘toux et syncope. Néanmoins, si nous tenons compte de tous les symptômes thoraciques rencontrés, soit uniquement douloureux, soit respiratoires, soit cardiaques, nous constatons qu'ils se retrouvent dans 40 à 35 % des cas, selon que nous faisons entrer ou non les formes anémiques dans la statistique.

En somme, ces symptômes fonctionnels sont extrêmement variables, et par leur association réalisent des tableaux cliniques très différents les uns des autres, ne permettant, en aucun cas, le diagnostic de H.D. Il nous est impossible de définir un signe clinique ou un syndrome donnant la possibilité, grâce à l’interrogatoire, de faire ce diagnostic, d’autant plus que la H.D. est, tout de même, une affection beaucoup plus rare que les entités morbides dont elle prend le masque. Simplement, parfois, l’association de douleurs post-prandiales abdominales hautes ou rétro-sternales, de ballonnement sus-ombilical et de troubles cardio-pulmonaires permettrait à un praticien averti de soupconner une H.D., soupçon qui, d’ailleurs, sera très souvent infirmé par les examens complémentaires.

De plus, cette diversité de symptômes observée chez les porteurs de H.D. conduit à se demander s'ils sont dûs à la hernie. L'existence de hernie latente, d’une part, de lésions indubitables expliquant ‘parfaitement les troubles constatés chez ces hernieux, d’autre part, incitent à n’incriminer qu'avec esprit critiquée la H. D. d’être à l’origine de ces troubles. Combien de diverticules duodénaux, par exemple, sont-ils responsahles des troubles dyspeptiques qui ont motivé l’examen radio-

DUR eu

logique, qui les a révélés ? L'on admet, en effet, que ces diverticules ne sont souvent que de simples trouvailles radiologiques.

C’est dans cet esprit que doivent être conduits l'examen clinique et l’examen radiologique. Une fois la hernie découverte,

il faut poursuivre la recherche radiologique, pour ne pas lais- .

ser passer la lésion véritablement responsable du tableau celinique. De même, l’électro-cardiogramme peut déceler une lésion myocardique qu’il serait grave de méconnaïître, sous prétexte que la H.D. peut déterminer des troubles fonctionnels d’allure semblable.

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