‹ Réflexions sur les réflexions de m. De ChateaubriandChapitre 9 sur 10 · HUITIÈME RÉFLEXION · texte numérisé non relu

HUITIÈME RÉFLEXION

Sur la conservation des places.

L'autf.ith me parait s'élre grandement trompe , en voulant expliquer, à lu lettre, l'article delà proclamation du Roi, relative à la conservation des places. Co qu'il dit, me semble prouver justement le contraire de ce qu'il veut dire ; et c'est ce qui m'a dcciilé ù écrire , sur la conservation mi la perte des places , ces réflexions qui , tout en justifiant le Moi , serviront de consolation à ceux qui ont eu le mallieui- d'iîlre licenciés, (i)

que la diniuralion du la LurcoLi< tïIlc ; cette vie doucu

M. de CLàieaubriand se demande ; que veut donc dire cette phrase : tout le monde conservera set places , et il répond : elle feue dire, scion le sens commun, que tout homme, Contre lequel il n'y aura pas de raisons invincibles soit du côté de la capacité , soit sous le rapport moral, restera dans le poste oïl le Roi l'aura trouvé, ou bien qu'il sera appelé a d'autres fonctions... Sans supposer

tr routinière ctouftVi rûciiikiiim; beaucoup de jujcls, ijui so seraient (li.siin^in's lirmi» iIl-.* prufestioiu utiles , a'flbm (Usaient, dans dei boréaux , pour gagner ia à x£oO francs. Tout- le monde , pendant la révolution, avait cherché n Vaitachcr au gouvernement ; il ssmhlail même . vers les dernières anneej je celui qui vient de crouler, qu'on nu pouvait plus vivre qu'avec urne place; ol cela parte qu'il n'était effectivement plus p-issible d'exercer aucune industrie > et que nom étions tous , snns nous en appercevoir, :ou5 la dépendance île celui qui avait dit : encore

fortune, indépendante de la' mienne- Il no te trompait queilnns !e ternit delà prophétie ; car si son régne eût duré Quelque temps itc plus, cela serait arrive beaucoup plutôt qu'il ne l'avait prédit.

de l'injustice de la part du Roi , je crois que celle phrase : * tout le monde conservera ses places , etc. , doit s'expliquer autrement, el je crois aussi qu'elle peut servir de réponse à ceux qui , exaspérés par leur licenciement, crient k 1 injustice.

Le Roi n'a pas pu , soit dans l'armée , soii dans les administrations, conserver un plus grand nombre d'emplois que nos moyens actuels ne le permettent j il a donc fallu supprimer des places. Cette réforme des emplois a éù nécessairement entraîner celle lies employés. Voila , je crois, bien clairement expliquée la ihcoric des liceucïemens qui ont eu lieu , sans qu'on ait déplacé personne; car, ( il faut bien noter ceci, pour me comprendre ) , aucun de ceux qui occupent actuellement les places n'ont été changés : ce sont toujours les mêmes individus , c'est le reliquat , ce sont ceux qui , comme a la loterie , ont tiré le bon billet.

Cependant le territoire étant considérablement resserré , ne devait -on pas s'attendre qu'il . y aurait de grandes ré-

formes dans les dépenses ? Croit-on que , si liuonaparte eût faii la paix le 5i mars , il aurait agi, pour la diminution des emplois , autrement que le Roi ? Non , sans doute ; la différence eût éié à leur désavantage. Ces suppressions, qu'on sait cire funestes -à beaucoup de familles, se font sagement et avec le plus de modération possible; tandis que dans l'autre cas, on les auroit faites, pour me servir du terme, usité parle maître lui-même, militairement:

et l'on se rappelle encore quelle épouvantable signification avait ce mot dans la bouebe de ce grand homme. C'est donc sans nous en appercevoir , que nous hous plaignons de la irop grande bonté du Roi.

En promettant la conservation des places , S. M. a promis qu'il n'y aurait pas de déplacement , et l'on voit qu'il lient parole.

Ceux qui occupent des emplois conservés sont, comme je l'ai dit plus haut, les mêmes qui remplissaient ces places sous l'ancien gouvernement. Le mot conservation^' qi\ aaîue pas l'idée de conservation a vie ;

mais simplement l'idée (te conservation pure et simple , de la conservation temporaire. Dans l'acception administrative de ce mot, je dois être compris.

Que maintenant H y. ait eu sur le choix des employés licenciés quelques abus d'autorité, quelques actes arbitraires de la patlfc des chefs ; cela peut être , et c'est très-malheureux, parce qu'on aurait dù , pour bien remplir l'idée du Roi, n'avoir égard qu'aux taleus et à la moralité ; mais faut- il , pour «ela , que le Roi soit comptable de ces effets inévitables des cotteries et de la partialité ? Personne ne le pensera, pas même celi i sur qui pèse la mesure , si la passion et l'intérêt personnel ne luiiUcntpas entièrement la faculté de juger.

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