‹ Réflexions sur quelques poètesChapitre 10 sur 27 · PERNETTE DU GLILLET. LES DAMES DES ROCHES · texte numérisé non relu

PERNETTE DU GLILLET. LES DAMES DES ROCHES

Qui dira que j'ay révélé Le feu longtemps en moy celé Pour en toy veoir si force il a:

Je ne sçay rien moins que cela.

Qui dira que d'ardeur commune Qui les jeunes gens importune De toy je veulx, et puis hola :

Je ne sçay rien moins que cela.

Mais qui dira que la vertu Dont tu es richement vestu, En ton amour m'estincella :

Je ne sçay rien mieux que cela.

Mais qui dira que d'amour saincte Chastement au cueur suis attaincte, Qui mon honneur onc ne foula :

Je ne sçay rien mieux que cela.

Les Dames des Roches florissaient à Poitiers, au déclin du xvV siècle. Madeleine des Roches semblait la sœur aînée de sa fille Catherine, qui était son portrait vivant pour les avantages du corps et de l'esprit. La mère et la fille, tendrement unies, recevaient chez elles les hommes les plus considérables du temps.

158 RÉFLEXIONS SUll QUI-LQUiîS POl-TES

La Lyre que les Dames des Roches faisaient sonner à loisir, ne frémissait pas toute sous le souffle d'Apollon.

On dit que les Dames étaient fort belles. Gela n'est point incroyable.

Mais ni la beauté d'Hélène de Sparte ni les fureurs lyriques n'étaient nécessaires pour retenir une docte compagnie où brillaient les Estienne Pasquier, les Achille du Harlay, les Nicolas Rapin et les Scévole de Sainte-Marthe. D'honnêtes attraits, un talent aimable et facile, sufûsaient sans doute à ces hommes savants et enjoués.

Quoi qu'il en soit, voici quelques échantillons de la manière des Dames des Roches :

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