‹ Réflexions sur quelques poètesChapitre 17 sur 27 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Rossignol, roy des bois, vous, tourtre i solitaire, Linotes et tarins, et vous chardonnerets : Gentils musiciens des champs et des forests, Qui vous plaignez du mal dont je ne puis me taire,

Donnez commun secours à un commun affaire : Plus heureux j'en seray, plus heureux vous serez; Ainsi les tresbuschets, les gluaux et les rets Des traistres oiseleurs ne vous puissent mal faire !

Je vous pry, mes mignons, et vous conjure tous, Si vous reconnaissez un oiseau entre vous

Que l'on appelle Amour (c'est lui qui nous affole !) ;

Des ongles et du bec, dont vous êtes armés, Bourrez-le-moy si bien et si bien le plumez, Que jamais le cruel en nos cœurs ne revole.

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