‹ Réflexions synthétiques au point de vue positiviste [microform]Chapitre 15 sur 29 · LU · texte numérisé non relu

LU

L'esprit doit être le ministre du cœur et jamais son esclave.

Pour compléter les lois il faut des volontés, produits des fonctions d'organes de systèmes nerveux centrais.

Les positivistes doivent toujours vivre au ijrand jour 5 en tant que cela ne blesse pas aulrui.

On peut même aimer avec passion et adorer une réalité idéale ou subjective, comme le beau physique et moral, le vrai, le bien, sans y attacher le sens d'entité ou de personne; et c'est ainsi qu'on doit comprendre l'adoration de l'Humanité principalement manifestée par la meilleure partie du Grand Etre.

Cela n'empêche pas de les personnifier par une déesse-femme ou un dieu-homme, pour ceux à qui la morale , le culte et le régime doivent suftire pour concourir convenablement et assez, selon leurs moyens, au but général de l'Humanité, et dont le nombre , quoique de plus en plus réduit par l'institution définitive et prochaine de l'éducation et de l'instruction universelle^ et uniforme, en formera pendant très-longtemps encore la majorité. La forme qu'on leur donnera n'est pas d'une grande importance et peut varier selon les inspirations, la situation, l'âge, le sexe, le caractère, etc., de l'artiste -}-.

Voyez X, p. 76.

j Voyez VTir, pages 56 et 57

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RÉFLEXIONS SYNTHÉTIQDES

Mais pour le sacerdoce, qm doil >"ofC!i|H'!' spécialeineut du duguie , toutes les représeiitalioiis poétiques ou esthéliques persoiiiiclles du Grand Être et de riïuuiauitV' , soif iiiasculines , soit féminines, ne sont jamais que la synqiatliie nniverselle (d'abord attraction et afiniite) régie i)ar la ^t/nthèse des lois an monde extérieur et intérieur , qui domine le progrès du beau , du vrai et du bien , toujours de[)endant de Tétat de nos trois principales fonctions cérébrales.

Nous n'avons pas d'autn^ droit que celui de faire notre devoir.

LVTT.

Fais ce que tu dois, advienne (pie pourra.

LVITI.

Il n'y a pas de plaisu' ({ui surpasse la jouissance que donne le dévouement à autrui; aussi se lasse-t-on de penser et d'agir, mais jamais d'aimer.

Sous le régime des religions tliéologico-métapbysiques , le sentiment religieux excessif n'étant plus éclairé par rint(^lîigence , ni dominé par la sympathie ou la sociabilité, faisait dégénérer la piété par une dévotion (dévouement à l'église) outrée en en bigoterie et fanatisme.

Il desséchait alors le cœur, amoindrissait l'esprit , engendrait l'orgueil, la vanité, la paresse, le mensonge, l'hypocrisie, la haine et l'envie, et devenait la cause de crimes et de guerres soi-disant religieuses qu'on aurait mieux nommées irréligieuses ; car la religion et la guerre expriment deux idées contradictoires.

11 en serait de même de l'esprit scientifique , quoique lui seul puisse conduire à une religion universelle , si l'on oubliait le but pour le moyen , et qu'on ne cultivât pas les sciences dans un but purement social et moral.

Leur cidture isolée et spéciale était d'abord nécessaire à leur progrès*, mais elle l'est beaucou[) moins depuis la construction synthétique

* Voyez XLY. p. 120.

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EÉFLEXIONS SYNTH F.TIQUES

d'Auguste Comte, mcouiparablciiieal snpéiicuie a luut ce que le passé nous offre de scml)iable.

Il a compris la sympatliit* et la synergie dans la synthèse, en rejetant comme oiseux ou dégénéré, tout ce ({ui dans les sciences ne peut pas servir à notre perfectionnement trinilaire ; et, depuis lors, ces conséquences déplorables ne sont plus possibles ; car on ne peut , raisonnableuKMit , craindre un excès de dévouement pour autrui , ce dernier remplaçant la dévotion, ou, au moins, devant la donnner

toujours.

Lorsque l'église positiviste sera dcfuiilivemcnt constituée (on peut dire quV'lle l'est déjà, puisque, là même où seulement trois âmes s'assemblent en professant la même foi, il y a connimnion et église), alors elle sera vraimcMit iiulivisible , puis(pi'elle est la seule qui professe une foi toujours démontralde ba-ée sur le passé autant ([ue sur notre organisation, et,pai' là, seule susceplibie de devenir universelle.

Alors le nom d'église catholique correspondrait au lait qu'il doit exprimer, ce qiril ne fait aucunement jusqu'à présent.

Alors, aussi, le dévouement à autrui, comme le dévouvement à l'église , coïncideront complètement.

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Puisque toutes nos conceptions sont toujours relatives , même l'unité , il en est ainsi de la vérité ou du vrai "* ; et il faut , pour juger sainement les êtres, les phénomènes et les produits, les rapporter au temps et au lieu où ils ont surgi , c'est-à-dire les dater et les classer.

C'est ainsi que la bible ((?«(^Ao) , qui méritait pleinement son nom de livre par excellence , autrefois et en Orient , ne le mérite plus que relativement à cette époque, et à cette région.

Son contenu , vrai alors , autant que le permettaient Tétat des sciences et les mœurs de ce temps et de ces pays-là , ne l'est plus , en grande partie*.

La lecture n'en devrait être permise qu'à ceux qui sont en état de la comprendre : au sacerdoce, qui s'occupe spécialement du dogme et dont les organes ont fait leurs preuves encyclopédiques ^ la majorité (les prolétaires , les femmes et les enfants) n^en devrait lire que des extraits en harmonie avec Pétat actuel des sciences et écrits en langage positif j.

* Voyez XVI, p. 87.

f Voyez p. 14 et note *' et ^".

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La lecture de de i Inntalion jxii' Tliofii.is à Kempis et surtout celle des nouvelles éditions, adapt(''(\«? à ce siècle et déjù plus ou moins fransformées à l'usage de tout le monde, est d'une utilité pratique sans (ompaiaison supérieure.

La grande niajorile du nonjbre de nos sept instincts égoïstes sur nos trois instincts sociaux * , nous obligera toujours à faire un efTort en faveur des autres, jusqu'à ce qiic l'incomparable jouissance que donne une vie aussi altruiste que possible nous en ait donné le goût, la facilité et l'habitude; aussi Goethe fait-il dire à JVL'phistophélès :

//Cela ne tient qu'à Fliabitiule;

// C'est ainsi que d'abord l'enflmt ,

// Ne prend pas volontiers le sein de sa mère :

//Mais bientôt il s'y nourrit avec plaisir f

* Voyez VIT, p. 42.

-j- „Dass koiimit iiur auf gewohnhieit an;

„So nimmt ein Kind der Mutter Brust,

„Nicht crleich im Amfang willig an;

,,Doch bald ernahrt es sich mit Lust." Voyez Faust, ncue Aufiage, Stuttgart, und Tuhiiigcn m dt r J. G. Cotta'sclien Buclihaudlung, 1839. p, 94.

AU POTNT DE VUE POSTTTVTSTE.

Les théologistes et métaphysiciens désignent l'ensemble de nos sept instincts personnels ^ ou égoïstes [)ar satan , l'ennemi , le démon ou le vieil homme, et les conséquences de ces instincts, par les sept péchés mortels, tandis qu'ils nomment, comme on l'a vu, l'ensemble de nos trois instincts sociaux ou altruistes , ou la piété à un grand degré d'intensité , la grâce divine -}- en la confondant souvent avec dieu , Jésus ou le christ J.

Cette piété, (l'attachement, la vénération , la bonté ou amour universel (sympathie) humanité^ "^^ éclairée par l'intelligence , soumise aux lois du monde subjectif ou intérieur, et à celles du monde objectif ou extérieur , nous donne actuellement l'incomparable jouissance de la vie sympathique subjective éternelle , en nous faisant vivre de plus en plus

* Voyez VII, p. 42.

f Voyez XVIII, p. 85.

§ Par exemple dans de t Imitation.

** Voyez XVII, p. 85.

pour autrui du présent et de l'averiir eî conrourir ainsi an vrai but humain. Elle nous donne la jouissance la plus noble, la plus pun^ et la plus intense dont nous soyons susceptibles ^.

Cette vie éternelle est à la portée de lous b^s ri cbes de cœur, quelque pauvres d'esprit et de caractère qu'ils soient; puisfjue vivre pour les autres, ne fut-ce que pour ceux du moment, revient à vivre pour ceux de l'avenir. Mieux vaut sans doute réunir les deux , mais c'est senlement le sort de quelques élus.

La majorité qui peut toujours vivre pour autrui du présent, a la meilleure part, puisque la jouissance que nous donne le dévouement à nos contemporains, est supérieure à celle que pourrait nous donner rintelligenc(* ou le savoir , et l'activité f nécessaire pour nous perpétuer ou vivre pour autrui de l'avenir. Il ne suffit pas, d'ailleurs, que notre nom aille à la postérité , mais le comment est le plus important. Les daniîiés du Dante vivront aussi longtemps que ses élus.

Poussée à l'excès de subjectivité, non éclairée

* Voyez la fin de XXX. — Voyez pactes 17 et 18.

-j- Voyez LVIir, pa^^e 125. Voyez Oejirrrs momies de madame de Lambert ete. l^iris, libr. de Ch. Gosseliii, me Jaeob .'U). 1813. 1 vol. 8^ p. 20.

par l'intelligence^, non soumise aux lois extérieures et intérieures, cette piété dégénère en folie, tandis que, poussée à l'excès d'objectivité, elle devient idiotisme. C'est le milieu entre ces deux excès qui constitue la raison dans son état normal.

Aussi , anciennement et encore en Orient , les fous et les idiots sont considérés comme des inspirés , des saints , des privilégiés de dieu , à qui l'on attribue ce qui était causé soit par l'excès de la vie subjective ou intérieure, soit par un excès de la vie objective ou extérieure du à une surexcitation ou à une atrophie de la matière nerveuse du cerveau.

, Les prophètes et les inspirés de l'antiquité étaient des individus qui se distinguaient des autres par leur intelligence et leur savoir , ce qui leur permettait de prévoir l'avenir et de le prédire. Ils dominaient ainsi la majorité, en lui inspirant la vénération et la confiance.

. De nos jours ils sont, définitivement, remplacés par les hommes de génie de beaucoup en avant

* Voyez LIX, p. 127.

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HÉFLEXIONS SYNTHETIQUES

de Univ siècle, (fii'on ne comprend et irappreeie (jae rarement, (»h |)reMiuc jamaib , de leur vivant, à cause ik leur supériorité. Il parait que c'est une loi sociale.

Méconnus par leurs contemporains, ils étaient persécutés, brûlés, crucifiés autrelbis , et, connue aujourd'hui , pris pour des fous , des charlatans; on les laisse dénués de tout ou Ton s'ellbrce , par envie , d'éteindre leur voix , pour élever , après leur mort et un mur examen qu'on ne se donne pas la peine de faire de leur vivant , leur statue à la gloire de TlFumanité!

C'est cette triste loi que les theologico-métaphysiciens désignent par la crucifixion du christ *.

C'est presque toujours 1<^ sort des êtres d'élite; vivant surtout pour l'avenir. Us sont , heureusement pour le Grand Etre et niunianité , comme pour eux-mêmes, consolés et encouragés par la conviction intime de vivre éternenement (h-ms le cœur et le souvenir d'aulnu', ce qui h's fait jouir durant leur vie momentanée, dans toute sa plénitude, de la vie réellement et complètement éternelle.

* Voyc£ X, page 78.

Les théologico-melaphysiciens prétendent expliquer tous les phénomènes dont on ne saisit pas les rapports exacts et permanents de similitude et de succession, par des forces surnaturelles'^ qui, au fond , n'expliquant rien , ne sont que des artifices logiques ou la suspension d'une explication ultérieure comme ce qu'on nomme force vitale, chimique , physique ; une force n'étant qu'une relation entre le temps, l'espace et le mouvement saisis par nous ; |>ar conséquent une conception subjective ou purement humaine. Il en est de même de la création j de la révélation ^ des causes, des atomes^ des miracles y du hasard et de dieu. La science positive élimine de plus en plus ces entités et ne cherche à saisir que des relations -[■ ou des lois§, seules intelligibles et utiles, et selon les expîicarioîis de la logique inductive d'Auguste Comte, de . Opzoomer, Herschi;!!, Mill , Dobrisch , etc..

* Voyez Xeue Barstellung des Somialkmus (Nouvel exposé du scusualisme) du Dr. Ilcinricîi Czolbe. 1 vol. 8°. Heriuaiin Costcnoble. Leipzig. 1855.

t Voyez XVI, p. 84.

§ Voyez XXXII, page lOG.

w/sramMU'O*»"»

REFI EXIONS SYNTIIKTTQUES

](\s iiiulliudcs de Bacon et New toi) ^ ne s'iip[)liqueiit non seulerneni à lii pliilosopliie naturelle ou à l'ordre exttM'ieur; mais aussi à la pliilosopliie morale ou Tordre humain , et on ne doit admettre comme expliquées ou positivement vraies que les notions , jugenjents et conclusions évidentes, distinctement perçues, et basées sur des observations, en r'ejetant en principe tonte conclusion qui ne serait pas réelle et toute notion vague -j-.

La philosophie morale^ et poétique, l'éthique et Testhetique étant de beaucoup super leurres à la philosopliie naturelle; le beau moral et le beau physi([ue intimement liés et la morale à la fois une science et un art ^^ : l'attribut de .çwmaturel -j-jdans un sens positif reviendrait aux deux premières.

* Bacon dit: „verè scire est per causas scire'\ Newton: la cause d'un phénomène doit non senlement l'expliqnor, mais ce doit être une vera causa; ce qui signifie que lorsqu'elle n'est pas connue a priori elle doit être susceptible de l'être plus tard , c'est-à-dire conforme îi la coordination des faits observés. Toyez p. 30 et 31 Entstehioig des Selbsffjeicusstseins (Génération tli' l'aperception) du Dr, Heinrich Czolbe. 1856.

f Voyez Neue Barstelluug des Seusualismus (Nouvel exposé du sensualisme) du Dr. Heinrich Czolbe. 1 vol. 8°. Ilcrmann Costenoble. Leipzig. 1855. p. 4, 5, 6.

§ Voyez VI, p. 41. CXIX.

** Voyez XLV, p. 121.

jj Voyez Dr. Heinrich Czolbe's Eidste/uoig des SelùstbewKsstseins (Génération de rapoi'ecption). p. 1 7. Hermnnii Costenoble. Leipzig. 1856.

L'ordre résulté, partout, de l'ensemble des lois réelles porte le titre ^éuéval àa destin ou de hasard; suivant que ces lois nous sont connues ou inconnues. Cette distinction conservera toujours une grande importance pratique; car l'ignorance de ces lois équivaut, pour notre conduite, à leur nonexistence, en nous interdisant toute prévision rationnelle , et dès lors toute intervention régulière.

On peut néanmoins espérer de trouver envers chaque cas essentiel des règles empiriques qui, malgré leur insuffisance théorique , nous préservent assez d'une activité désordonnée.

Nous ne connaissons , non-seulement , aucun être vivant plus puissant que le Grand Etre qui manifeste l'Humanité ; mais , même , aucun autre en dehors de la croûte de la terre et de son atmosphère. Les conditions d'existence du mouvement composé qu'on nomme la vie sont essentiellement terrestres et incompatibles avec le peu que nous savons de

celles des autres corps plaiirtaircs * , roiniiie elles l'étaieiU crnbord sur la terre même, et les conditions d'existence de celle-ci pourraient changer de manière à y rendre encore la vie impossible dans l'avenir. Sir Cli. Leyell , dans son Jlantiel de géologie^ confirme l'hypothèse de Laplace en disant qu'il peut prouver que l'homme a eu un commencement , que toutes les espèces contemporaines avec lui et plusieurs autres qui les ont précédées eurent aussi un commencement, et que par conséquent l'état actuel du monde organique n'a pas duré éternellement comme quelques philosophes le soutiennent f .

L'uniti' spirituelle ou religieuse est la seule réalisable pour les nations, comme l'unité subjective pour les individus §.

* Voyez \m, page 52, 53; XXXVI, page 113.

t Voyez Sir Cli. Lejell's Mamml of Elemcntari/ Geology. 1851. p. 500, 501. Wc can prove tliat man hati a brginning ami that ail the spccies now contemporary witli inan and iiiany others wliicli preceded had also a begiunmg aiid that conséquent ly the présent ^X^io of the orgatiie world bas not gone on from ail etcrnity as sonir pfiilosophers liad niaintaincd.

\ Voyez IX, page 71.

LXIa.

L'unité politique n'est pas réalisable. Plus les hommes seront mieux élevés et instruits par la civilisation , suite du développement et perfectionnement de la science , de l'industrie , de la politique et de la morale , et plus ils seront en état de se gouverner eux-mêmes et dignes d'indépendance, plus ils y trouveront d'avantage et de facilité pour progresser et concourir au perfectionnement trinitaire; d'abord, de l'individu, puis de la famille, de la cité , de la nation , de l'espèce humaine , du Grand Etre et, enfin, de l'Humanité.

Arrivées à un certain degré de civilisation , les différentes nationalités se sépareront volontairement comme déjà la Belgique^ la Sardaigne , les Pays- Bas^ et la Suisse y pour mieux assurer leur indépendance et leur concours ; mais , toutes , unies par le lien du pouvoir spirituel basé sur la doctrine positive.

Déjà on admet, ainsi, une république des sciences et des lettres : elles sont de toutes les nations ; et il est question d'une opinion générale, car plus que jamais les aspirations de l'Europe occidentale tendent

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■\ l'universalité et à ravénement prochain d'im pouvoir spiiilucl, dont le moyen âge a donné lo type, ou du moins l'ébauche*, ses nobles ellorls pour établir Tunilé occidentale et poser les bases de l'ordre social siu' le sol si i)eu consistant d'un monolhéisme , alors sid)lime , ayant complètement avorté juscpi'à présent.

Il faut gouverner ceux qui vivent par ceux qui vécurent , pour ceux qui vivront.

L'hérédité sociocratiqne , par a(h)plion selon les capacités , ou par choix , lemplacera l'hérédité ihéocratique et aristocratique par caste et par droit d'aînesse. La disparition des castes, des corporations et la succession des dernières cinq dictatures en France, pays qui donne généralement l'exemple des innovations à l'Europe , confirment ce que le progrès des sciences indique; c'est que, lorsque la sympathie

* Voyez LXXXVll et CXXIY.

universelle (d'abord attraction et aiïinité) régie par la synthèse des lois aura complètement remplacé l'amour divin régi par la synthèse des causes ; et le positivisme , la métaphysique et la théologie (ce qui n'est qu'une question de temps), la monarchie, l'aristocratie et la démocratie disparaîtront définitivement avec elles , en gardant leur valeur historique *. La sociocratie , en liant les éléments les plus nobles , les plus éclairés et les plus honnêtes de tous les partis, les fondra les uns dans les autres.

Le progrès est le développement de l'ordre, et l'ordre per[)etue le progrès.

La souveraineté popuhiire est une émeute des vivants contre les morts; elle pousse l'occident de l'Europe à faire, partout, prévaloir les influences les plus ])rutales et les plus arriérées , auxqucHes nous ne pouvons échapper qu'en nous replaçant dignement sous le joug du passé.

* Voyez page 19 et note *^

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