Liv. n. ch. VI
Mariana ne s'en tient pas là, et il fait remonter bien jilus haut la responsabilité de ce crime, en affirmant que Jacques Clément ne s'est pas décidé de luimême à cette action éclatante, mais qu'il y a été encouragé par des personnes graves et instruites, à qui il avait demandé conseil; et c'est ainsi, ajoute-t-il, qu'il faudra faire toujours, quand l'opinion publique ne peut plus se manifester librement *.
Après cette apologie de l'assassinat, faite avec un cynisme qui n'a jamais été égalé, et devant laquelle, lorsqu'on songe à la profession de l'auteur, il est impossible de contenir son indignation, viennent les scrupules du casuiste, dont la politesse, la basse hypocrisie appellent notre mépris. Mariana se demande s'il est permis d'employer contre un tyran le poison aussi bien que le poignard. C'est une question, ditil, que lui adressa un prince de Sicile, pendant qu'il enseignait dans ce pays la théologie. Elle est biendigne de son berceau, et nous donne une singulière idée de la réputation dont jouissait ou la théologie ou la morale des jésuites. Voici maintenant commentée cas de conscience est résolu par Mariana. L'emploi du poisonn'estpas plus coupable en lui-même que celui du poignard. Il a même un avantage : c'est de produire plus sûrement son effet sans exposer la vie de celui qui a recours à ce moyen. Mais il présente une difficulté capitale à un point de vue différent. Le suicide est un crime dont il n'est pas permis d'être complice. Or, la manière la plus ordinaire d'empoisonner un homme, et surtout un prince, c'est de