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et de la fortune publique. S'ils sont les gardiens de l'État, ils sont à plus forte raison les gardiens du prince, ses protecteurs en cas de révolte, ses tuteurs en cas de minorité, les seuls médiateurs qui puissent exister entre son peuple et lui ^ » Si par malheur un conflit s'élève entre le trône et l'épiscopat, si l'épiscopàt, abusant de ses privilèges, tient le prince dans l'oppression, alors il y a un juge, un arbitre supérieur qu'ils peuvent invoquer tous deux; cet arbitre, j'ai à peine besoin de le dire, c'est la puissance pontificale.

Mais les évoques nés dans le pays dont ils sont les maîtres, choisis parmi les grands de l'État, pourraient conserver dans le cœur quelques sentiments nationaux et préférer les intérêts de la patrie à la suprématie temporelle du saint-siège. Mariana a prévu la difficulté, et, afin de l'écarter, il recommande de choisir autant que possible les évéques dans les ordres monastiques 2. Quant à ces ordres eux-mêmes, il les veut riches, puissants, indépendants de toute autorité et de toute loi civile, possesseurs de biens inépuisables, au moyen desquels ils disposeront à leur gré delà multitude.

C'est pour arriver à ce résultat que Mariana se fait le défenseur de la communauté des biens, au moins dans la mesure où elle peut se concilier avec les institutions de la société actuelle. La communauté, selon lui, est de droit naturel ; elle a été établie dans l'origine par la justice et par la bonté divine. Le péché originel lui a substitué la propriété particu-

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