‹ Réformateurs et publicistes de l'EuropeChapitre 29 sur 81 · Liv. m, ch. I · texte numérisé non relu

Liv. m, ch. I

lière, mais ce n'est pas une raison de ne pas faire tous ses efforts pour approcher, autant que le permet notre corruption, de l'esprit primitif, de l'état idéal du genre humain. C'est donc un devoir strict pour la société de nourrir les pauvres aux dépens tlu trésor*. Jamais les richesses naturelles, les biens de la terre, ne se refusent à l'accomplissement de cette obligation. Dans l'ancienne monarchie espagnole, ajoute-t-il, c'était l'État, c'était le trésor public qui nourrissait les pauvres. Maintenant que cette sage institution est détruite, il faut qu'elle soit remplacée par la libéralité des couvents, et pour cela il faut que les couvents aient une fortune inépuisable.

Pendant que les couvents et le clergé augmenteront leur fortune, l'aristocratie laïque sera obligée de dépenser la sienne. Sous prétexte d'honorer les descendants des grandes familles, le roi leur confiera des charges qui les entraîneront à de grands frais et qu'ils seront obligés d'exercer gratuitement. Ou bien il suscitera des guerres qui produiront le même résultat économique en même temps qu'elles entretiendront le courage militaire.

Une autre arme également puissante que Mariana donne au clergé contre le pouvoir civil, et qui ajoute considérablement à son ascendant, c'est le droit d'asile. « Mieux vaut, dit-il "^ , laisser les crimes impunis que de porter atteinte à des lois devenues saintes par leur antiquité même : Prœstat scelera impimita relinqui quam refigi Icges ipsa vetustate saci'osanctas . t> Mais qui ne voit que ce droit d'asile abaisse devant

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