‹ Réformateurs et publicistes de l'EuropeChapitre 34 sur 81 · De jure bclli et pacis. liv. II, ch · texte numérisé non relu

De jure bclli et pacis. liv. II, ch

DE l'europe 12o

mes de toute nature par lesquels il s'efforce d'établir la seconde proposition. Il nous suffit, pour en avoir raison, de renverser la première avec tout l'échafaudage d'érudition indigeste et de faux raisonnements sur lequel elle s'appuie.

Il commence par accorder que la mer aurait pu rester coniQiuue et que ce n'est pas en obéissaat à une loi impérative, mais en usant d'un droit, que les hommes l'ont partagée. Ce droit est aussi ancien que le genre humain. En effet, nous lisons dans la Genèse que Dieu a donné à Adam, par un acte de donation régulière, la terre avec tous les animaux qui vivent à sa surface, et qu'Adam, par un acte semblable, l'a divisée à son tour entre ses enfants, puisque Abel possède les pâturages et Gain les terres labourables. Après le déluge, nous la voyons partagée entre les trois fiis deNoé, Sem, Ghamet Japhet, dont le premier devint le possesseur de l'Asie, le second de l'Afrique et le troisième de l'Europe. Voilà la propriété nettement établie sur la terre. Mais quoi ! la mer n'est-ellepascomprisedans cette première constitution de la propriété? Dieu a donné la mer à Adam au même titre que la terre; car il lui dit* : « Vous dominerez sur les poissons delà mer. » Or, le poisson, c'est le revenu, c'est l'usufruit de la mer ; et si l'usufruit lui a été donné à perpétuité à lui et à ses enfants, on lui a donné aussi le fonds. Dieu parle à Noé et à ses enfants à peu près le même langage: « Votre crainte régnera sur les poissons de la mer^. » Il faut donc en conclure la même conséquence. Dieu dit ailleurs, en parlant

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