Jbid., ch. IX, V
aux Israélites: « Tes frontières sont au milieu de la mer. » Tout ce qui est en deçà de ces frontières est donc une propriété particulière du peuple- hébreu. Isaïe appelle Tyr « la force des mers * ». C'est dire, en d'autres termes, que la mer obéit aux Phéniciens, qu'elle est placée sous leur domination, et que cette domination est permise. Le Talmud est d'accord sur ce point avec la Bible, et la mythologie avec le Talmud. En effet, les traditions rabbiniques, pour donner une haute idée de la terre sainte, prolongent ses dépendances jusqu'au milieu des mers, et même, si nous voulons rester fidèle à l'expression originale, jusqu'à l'Océan, qui borne le monde. C'est cette vanité chimérique et ridicule que Selden nous présente comme un argument en faveur de sa doctrine. Il en trouve un autre dans cette croyance mythologique qui fait de Neptune le dieu de la mer. Neptune, selon la doctrine d'Evhémère, n'est qu'un roi ; donc, en ces temps reculés qui ont précédé l'histoire, la propriété des mers était déjà consacrée chez les hommes. Si de l'Écriture sainte et de la mythologie nous passons à l'histoire, nous voyons le même droit universellement reconnu et attesté par les témoignages les plus dignes de foi. Nous lisons dans la Chronique d'Alexandrie, par Eusèbe, que l'empire des mers a été exercé successivement par les Lydiens, les Cretois, les Pelages, les Rhodiens, les Phrygiens, les habitants de Chypre, les Phéniciens, les Égyptiens, et qu'après avoir passé par les mains de plusieurs autres peuples, entre autres les Lacédémoniens et les