‹ Réformateurs et publicistes de l'EuropeChapitre 37 sur 81 · Voir la première partie du fllare clausum, ch. xxii · texte numérisé non relu

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DE l'europe 133

comme les avantages de la navigation et du corn merce, perdent de leur valeur par cela seul qu'ils sont partagés. Les autres perdent du côté de la quantité. Le poisson, le corail, les perles, les coquillages diminuent par la pêche, comme les métaux et les pierres précieuses par l'exploitation des mines, comme les productions de la terre quand elles sont récoltées par plusieurs, au lieu de l'être par un seul. Selden prétend en trouver la preuve chez les auteurs anciens. Pline nous assure ' qu'on trouvait autrefois beaucoup de perles dans les mers de TOccident, particulièrement dans les mers britanniques; et quoiqu'elles fussent d'un plus petit volume et d'une blancheur moins éclatante que celles de l'Orient, César n'a pas dédaigné d'en couvrir un plastron dont il fit hommage à Vénus. Si nous en croyons Suétone 2, César n'aurait entrepris la conquête de l'Angleterre que dans l'espoir de trouver en abondance, sur les côtes, cette précieuse production de l'Océan. Pourquoi donc est-elle devenue introuvable aujourd'hui? C'est parce qu'on l'a épuisée, et que la fécondité de la mer n'a pas répondu à l'avidité des pêcheurs. Il en est de même du corail; il en serait de même du poisson si on laissait faire.

Mais cette considération est d'un ordre secondaire aux yeux de Selden. L'objection qui a le plus frappé son esprit, c'est que la mer échappe aux conditions de la propriété par son étendue. Après avoir essayé de la détruire par le raisonnement, il y revient une seconde fois, afin de lui opposer, dans un fait éclatant, l'au-

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