‹ Réformateurs et publicistes de l'EuropeChapitre 53 sur 81 · Liv. I. Î5 8. p. 210 de la traduction de M. P. Fodéré · texte numérisé non relu

Liv. I. Î5 8. p. 210 de la traduction de M. P. Fodéré

'2. Liv. I, cil. IV, § 1. p. 289 de la Iraducliuu do M. P. Fudéré.

en ont appelé à une règle infaillible gravée cjans tous les cœurs et que vous trouverez exprimée presque en termes semblables dans Platon'. » Sans doute la résistance, dans ce cas, doit être purement passive, mais Grotius énumèrc un certain nombre de circonstances où la résistance devient légitime sous une autre forme. Par exemple, il n'y a rien qui nous oblige à souffrir, de la part de l'autorité souveraine, la violation des lois qu'elle a juré d'observer, ou la trahison envers l'Etat, l'aliénation du territoire national, un gouvernement notoirement hostile à l'intérêt public, la destruction des libertés garanties aux citoyens, l'usurpation des droits qui ont été réservés à d'autres pouvoirs ^. Le prince qui a ainsi méconnu les premiers de ses devoirs n'est plus protégé par l'inviolabilité de sa personne et de sa couronne. 11 peut être déposé, banni et même puni de mort ^. Mais il faut que ce châtiment soit réclamé par la nécessité et autorisé parles lois. Le tyran, l'usurpateur, se trouve en guerre avec la société; par conséquent il ne peut appartenir qu'à la société, eu obéissant aux lois qu'elle s'est données, de disposer de ses jours ; ce droit ne saurait appartenir à un simple particulier, le tyrannicide n'est point permis. C'est ainsi que Grotius évite de confondre un souverain avec un maître, et reconnaît au nombre des gouvernements légitimes la monarchie absolue, en prenant soin de la distinguer du despotisme.

1. Grotius veut parler sans doute de ce passage de l'apologie de Socrate : « 0 Athéniens, je vous révère et vous aime, mais j'aime mieux obéir à Dieu qu'à vous. »

2. Liv. I. ch. IV. § 1, p. 32.5-330. de la traduction de M. P. Fodéré.

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