‹ Réforme de l'enseignementChapitre 31 sur 34 · RENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

RENSEIGNEMENT

Pour bien comprendre l’homme, pour savoir quels sont ses besoins légitimes, il ne faut pas l’étudier par un seul côté de son être essentiellement varié; il ne faut pas surtout, au nom de la raison et de la science, se priver Volontairement des lumières que la foi nous donne. C’est le défaut de notre époque de vouloir ainsi, par une abstraction impossible en soi, éteindre le seul flambeau capable de nous guider sûrement dans toutes les grandes questions qui intéressent l’humanité. L'homme est un être incompréhensible pour qui ne veut l’étudier qu’avec le scapel de la science ; et voilà pourquoi tant de savants, malgré les ressources nouvelles, que l’observation a mises entre leurs mains, restent sans solution en face des grands problèmes de la vie. C’est qu’ils méconnaissent le vrai principe sur lequel tout repose et sans lequel il est impossible de fonder rien de durable. Pans leur constante préoccupation à vouloir partout et

RÉFORMES A FAIRE

toujours se passer de Dieu, ils ont précipité avec eux dans une longue série d’expériences funestes, la société contemporaine que, par leur génie, ils étaient appelés à diriger vers le vrai et le bien.

Le devoir de tout homme, à qui la Providence a départi quelque talent, est de réagir contre cette tendance malheureuse ; et notre devoir à nous, dans une œuvre qui peut avoir tant d’influence sur la destinée des enfants, est de proclamer hautement comme base de nos travaux les grands principes de la religion. Ils ne sauraient être en contradiction avec les vérités que la science a découvertes ; et, en les plaçant comme des jalons sur notre route, nous avons la certitude de ne pas nous tromper. Notre méthode consistera donc en deux choses : croire et observer.

L'observation est en effet la clef du monde intellectuel ; et le temps n’est plus où le génie d’un seul homme suffisait pour arrêter l’essor de l’intelligence humaine dans la voie du progrès. L’idole a été brisée et, sur les pas de Descartes, une foule d’hommes éminents, en étudiant la nature, ont pu, pierre par pierre, élevé ces beaux édifices des sciences physiques et naturelles qu’il nous est donné d’admirer aujourd’hui.

A leur exemple, nous secouerons le joug du passé ; et, sans nous occuper des contradictions, nous espérons prouver que l’éducation, telle qu’elle est pratiquée, est plutôt nuisible qu’utile, parce qu’elle ne tient aucun compte des besoins généraux de l’homme, qu’elle fait

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