RENTE D
parmi vous, Messieurs, des hommes qui me comprennent et qui, Sans acC- Cepter toute ma manière de voir, (on n'arrive pas du premier PE à la perfect:on)acceptent cependant l’idée mère du système, idée féconde ou du moins que je crois telle. Vous en jugerez. : |
J'ai apporté la première pierre à l'édifice nouveau, qui est à construire ; et dans cette œuvre immense un homme est peu de chose, s'il n’est pas soutenu. Ce qui me donne cependant quelqu'espérance de n'avoir pas travaillé en vain, c’est qu'à notre époque le besoin de modifications à apporter dans l’enseignement se fait généralement sentir. Tous les vrais professeurs se reuniscent dans une même “pensée : simplifier la méthode actuel-
ement suivie.
Elle a pu être bonne en son temps ; elle a même été un perfectionnement par rapport aux méthodes, qui l'ont précédée ; mais enfin elle n’est pas le dernier mot de la science pédagogique, et, en s'appuyant sur les travaux de nos devanciers, ce n’est pas être trop présomptuex que de vouloir mieux faire, Toute chose humaine n'est-elle
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pas susceptible de progrès ? Pourquoi donc en rester là ? Il faut sortir de la route battue et, par l'observation, se frayer de nouveaux chemins plus en rapport avec les idées et les besoins du temps.
Carilest certain qu'aujourd'hui Île cadre des études s’est étendu. De nouvelles sciences ont surgi, qui, bien qu’à peine nées d’hier,ont pourtant déjà, et non sans raison, obtenu le droit de cité. De plus la vapeur et l'électricité ont presqu'entièremert changé les con- “)ditions de la vie. Les distances n'exis- 4 tent plus et les peuples ainsi rappro- ‘7 chés se voient, pour se comprendre, 4 dans la nécessité d’étudier les langues vivantes, dont jadis ils ne sentaient pas le besoin. De là cette tendance à faire descendre les langues mortes du piédestal, où longtemps ces langues ont trôné presque seules, pour les > remplacer par les langues vivantes et par les sciences.
À telles qu’elles sont organisées mainte-
nant, de ne Pi préparer ussez direca
» tement i’enfant aux différents emplois,
+ où la Providence appelle chacun de + nous, et de le condamner à passer
On reproche en effet aux études,
huit ou neufans de sa vie à apprendre,
à grands frais et avec des peines incroyables, une ou deux langues et d’autres choses pareiïlles, dont il n'aura peut-être que rarement occasion de faire usage. Et certes, en présence des résultats obtenus par les systèmes actuellement on vogue, il est naturel de se demander, s'il y a proportion entre le travail qu'on exige des enfants, et d’une part lés connaïssances qu'ils acqui?ront, de l’autre les avan-
tages, qu'ils retirent de ces connais-
Sances.
Et pourtant quelle immense somme d'efforts ne représentent pas, même pour les plus paresseux, huit ou neuf ans passés sur les banés du collége.
On peut affirmer, sans avoir peur de se tromper ,;qu’un homme d'âge aurait de la peine à se soumettre de nouvean à cettv rudo discipline, à laquelle sont astreints les enfants. Sidonc les ré:
sultats sont si minimes, quoiqu'obtenus
au prix de tant de fatigues ct de dégoûts, malgré la science ct le dévouement des maîtres ct la bonne volonté dé‘beaucsup d'élèves, n'est-0n pas na-
turellement conduit à diro que ln mé-
SU... à mm A. ns Ge Ce RÉ
thode est mauvaise et que par conséquent il faut la changer.
Mais avant tout.et, pour ne pas marcher à l’aventure, il importe de considérer dans quelles conditions ‘et de:
quelle manière se fuit le travail d'ux enfant abandonné à lui même. C'est ce
que j'ai fait. J'ai observe l'enfant aux
prises avec la science, J'ai vu commant il procède, à quelles difficultés il se heurte sans cesse,toujours disposé à s'arrêter au moindre oostacle pour
s'amuser à des rien, et ordinairement
occupé de toute autre chose que deson devoir.
Dès lors je me suis demandé, s’il ne serait pas possible de fixer et de soute-
nir son attention et comment on pourrait le faire. Après bien des tâtonne-.
ments, je n'ai trouvé qu'un moyen :
travailler avec lui et, par des interroga-:
tions successives à la manière de Socrate,
le diriger à tout instant dans les déda-:
les de la science, où seul il s'égare si aisément. , Tel a été mon puint de départ et le principe du nouvel ensei-.
gnement ; mais ce n’est que. peu-à-peu:
et non sans peine, croyez-le bien, que Jj'ai-pu formuler tout. un système, et,
par l'observation de chaque jour, décou-.
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vrir quels étaient les travaux à exécuter, pour rendre l'étude agréable à tous. ts
La première chose, que j'ai dû faire, a été de reléguer au second plan ia mémoire, ce travail pénible et long, qui dégoûte l’enfant et l'empêche de.
faire des progrès rapides. Je l'ai réduite à n'être plus qu’une servante de l'intelligence, servante utile sans doute, mais dont à la rigueur on pourrait se passer, et qui en tout cas cède le pas au raisonnement ; mais, pour y Suppléer, il a fallu mécaniser l'instruction de telle sorte que, par des procédés, qui sont d’ailleurs dans la nature des choses, on pûüt par des routes précises arriver dans un temps donné à un but donné. | | |
Vous comprendrez mieux quels sont ces procédés, quand tout à l’heur : je les appliquerai à des exemples; mais auparavant il est utile d'entrer encore dans quelques considérations, pour.
montrer que la marche, que j'indique, est la marche à suivre, la marche rationnelle. Ha: à
Si en effet on étudie une langue.en philosophe, et que l’on prenne un ouvrage quelconque écrit en cette lan-