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une peine inutile, et qui pourrait fort bien profiter à d’autres qu'à moi. Mon départ pour le Canada remis jusqueslà de jour en jour était décidé.
Cependant le 6, c'est-à-dire deux jours après, en me promenant dans
aris, J'aperçus à l’étalage d’un libraire, attaché avec un liseret rouge, (Oral le signe des livres qui viennent
e paraître,) un ouvrage nouvean intitulé : réforme de l'enseignement secondaire par M. Jules Simon, ancien ministre de l'Instruction Publique en France.
Tout ce qui concerne l'instruction ayant le don de m'émouvoir au plus haut point, j'achetai immédiatement le volume et en quelques heures je l'avais lu en entier. (C'était non pas ma mé-
thode, mais l'esprit de ma méthode ;
et, sous l'impression de cette lecture, j'écrivis la lettre suivante, à laquelle je n’ai pas donné suite. |
Voici cette lettre, que ie crois devoir reproduire, ce qui me conduira tout naturellement à analyser une page remarquable de l’ouvrage en question :
si Île Paris, 6 février 1874.
‘ Monsieur,
“ Je viens de lire avec le plis vif intérêt votre livre intitulé : Fé":me de l’enseignement secondaire : et je ne puis que redire ce que je disais déjà, quand parut votre circulaire si critiquée du 27 septembre 1872 : Monsieur Jules Simon a raison.
«“* Et pourtant, je l'avoue en toute franchise, j'étais alors prévenu contre ‘vous, ne connaissant pas bien vos idées sur l'éducation ; maïs, à la lecture de ce ‘document, je dus forcément abonder dans votre sens, puisque, sans le savoir, j'avais exécuté en partie du moins le plan d’études indiqué par vous.
‘ Aussi avais-je eu d’abord l'intention dé vous demander une audience, pour vous communiquer mes travaux; mais ils n'étaient pas entièrement terminés, et d’ailleurs, comme toute chose nouvelle bonne en principe, il fallait auparavant les appliquer pendant quelques années, avant d'appeler sur eux l'attention des hommes compétents.
Car il y a mille détails dans l’instruction, que l'expérience seule apprend à simplifier. Je m'en tins donc là.
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« Depuis j'ai continué ces travaux et ils sont maintenant assez complets, pour que j'affronte la publicité, d’autant plus que je trouve dans votre livre l'esprit de ma méthode. Or, il est permis de penser que deux hommes, qui se rencontrent sur le même point sans s'être entendus, peuvent être dans le vrai.
‘ J'ai déjà écrit à monsieur le minis-
tre de l'instruction publique, pour lui
demander use entrevue ; mais son Ex-
cellence trop occupée d’autres soins n’a
pu me recevoir elle-même et l'entretien, que j'ai eu avec son chef de cabinet, n’a pas abouti. Dès lors j'ai pris la résolution de m'adresser directement à l’Assemblée nationale, pour obtenir d’exposer mon système devant une commission, qui jugera s’il y a lieu d’en faire l'essai ; et j'ai pensé que vous voudriez bien être mon interprète auprès d’eile, ma manière de voir concordant à cet égard avec la vôtre et mes travaux venant à l'appui de vos affirmations. |
‘ Je sais combien il est difficile d’aller à l'encontre des idées reçues, et
l’histoire des ir “entions même les plus
utiles le prouve assez ; cependant on
est tellement d'accord aujourd’hui, à quelque parti qu'on appärtienne, pour reconnaitre que les méthodes employées laissent beaucoup à désirer, qu’on voudra bien entendre un homme qui, pièces en main, offre de montrer comment on peut réduire de moitié le temps des études, sans rien changer au programme de l'enseignement.
“ Recevez, Monsieur, avec mes sincères hommages pour votre beau talent, l'assurance du profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être votre trèshumble serviteur. |
« P, Leroy. "”
La page, à laquelle je faisais allusion tort-à-l’heure et que je vais maintenant reproduire en l’abrégeant, mériterait d'être citée tout au long ; mais je suis obligé de me borner à des extraits, qui suffiront,je pense, à montrer
que je tends au même but que mon-
sieur Jules Simon et que, grâce à mes travaux, la grande réforme, dont. il parle, est désormais un fait accompli.
Monsieur Jules Simon exposant en
effet de quelle manière défectueuse et irrationnelle se fait aujourd'hui une
classe et de quelle manière elle de-
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vrait se faire, s'exprime ainsi : “L’é-
4 ]ève, dit-il, verra ses camarades à
“ l'œuvre. Ces procédés de l'intelli- # gence, qu'il n’est point capable d’ob- 4 server directement en lui-même, il “ n'aura point de peine à les suivre ‘ gur son voisin, cherchant, tout haut
4 devant lui. Dix bonnes copies lues en “ classe ne valent pas la vue immédiate «6 d’un bon esprit, qui travaille à dé- “ couvert. L'ouvrier n’apprend:il pas ‘“ son métier en regardant travailler “ son patron et ses Compagnons ?
‘ Ainsi l’activité, le mouvement,
l'attrait se substituent à la somno- “ lence et à l'ennui. On attend l’heure “ de la classe ;on se s’y borne plus à ‘écouter, on parle; et, quand on ‘écoute, c'est en 6e préparant à ‘“ payer soi-même de £a personto.
“ Aujourd’hui, c'est à l'étude surtout
‘ que l'élève travaille, puisque c’est là 4 qu'il fait ses devoirs, et que, dans la ‘ classe, il n’a plus qu’à écouter. La ‘“ classe est surtout consacrée à la
+ ‘‘ dictée des devoirs pour le lendemain … ‘“‘età la correction des devoirs de la
“veille. L'élève y est purement pas- “gif. C’est moins une classe qu'une “inspection. Le professeur s'assure
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“qu'on a travaillé. La correction ‘“ des devoirs n’intéresse jamais que “ celui qui lit sa copie, elle n’ins- ‘ truit pas les autres, et n'excite pas “ même leur attention. L’explication 6 des auteurs est étouffée par la réci- ‘tation, la dictée, la correction ; « c'est à peine si elle dure quinze à ‘vingt minutes. Elle devrait être le « fond même de la classe ; c’est le seul “ moraent, où l'élève travaille réelle- ‘“ ment sous les yeux de ses condis- ‘“ ciples et sous la direction de son ‘ maître. Ces temps d'activité, qui ‘ est si peu de chose dans nos classes, ‘ devrait être tout : ce serait la grande ‘€ réforme.
Eh bien, cette grande réforme, que demande M. Jules Simon, je crois l’avoir accomplie, et dans quelques minutes j'espère le prouver; mais je tiens dès maintenant à vous faire sentir l’analogie, qui existe entre mes idées et celles de cet homme si remarquable comme professeur. Nous ex-
rimons les mêmes pensées, lui
ans une magnifique amplification, moi dans une seule phrase que voici :
‘“ La méthode nouvelle diffère du système actuellement suivi, en ce que le pro-
ection
is que
n’inse pas [cation a réci-
ction ; inze à
être le le seul réelleondise son é, qui lasses, grande
e, que ois l’a- 168 minaïs je |, faire re mes remar-
us €Ex- 8, Jui cation, voici :
lu Sysle pro-
fesseur, au lieu de corriger des devoirs
faits en dehors de lui, preside au travail de l'enfant et peut ainsi resoudre ses difficultés à mesure qu'elles se produisent.
Cette phrase est placée à la fin de la guerre des Helvétiens, livre qui à été impr'mé à Lyon, en 1813; mes premiers travaux daten, de ‘868. Cur il y a déjà six ans que je travaille, Dieu sait dans quelles conditions! sansavoir jamais reçu que de froids compliments.
Sans doute, j'avais foi qu’un jour on me rendrait justice; mais, si grande que soit cette conviction, il y a des moments, où fatigué de la lutte, l’homme, qui marche en avant sur une route inconnue, s'arrête désolé sur le bord du chemin. Il faut alors qu’une voix amie se fasse entendre et dise au sauvre voyageur : allons, courâge, deout et marchons : l’avenir est à nous.
Cette voix amie a été pour moi celle de l'honorable M. Ouimet, ministre de l’Instruction Publique de la province de Québec; et je dois le remercier publiquement devant vous, Messieurs, de n'avoir pas dédaigné l'étranger, qui est venu s'asseoir au foyer du peuple canadien.
. Si je n'avais trouvé auprès de lui un J