‹ Réforme de l'enseignement [microforme]Chapitre 29 sur 43 · JALOUSIE DE MÉTIER · texte numérisé non relu

JALOUSIE DE MÉTIER

Mes amis me conseillent de mettre fin à une discussion, qui entreprise sous le prétexte d'être utile à lens eignement n’a eu pour but réel que de faire de grossières réclames et d’atiaquer, avec des mois malsonnants, un système contre lequel on n'a jusqu'ici apporte aucun argument sérieux. 3

Ce n’est pas moi qui ai commencé la lutte, en employant des termes blessants et M.

Piéraid pur le mot de dédain. dont il a cru devoir faire usage dès la première passe, a caracteri-é immédiatement la guerre déloyale, que l’on entendait me faire,

Je reconnais avoir relevé le gant avec peutêtre trop de vigueur ; mais j'ai répondu, comme il convenait de le faire à des gens mal appris, dont le seul grief contre moi est une basse jalousie, et je ne m'en répens pas.

Que me reprochent-ils après tout: d’être venu en Canada apporter un nouveau système d’euscignement, qui, s'il reussit, corume j'en

t à y «a ade st 0ne n'a

une xte but

et ysrte tte, M.

cru

ai la conviction, aura pour effet de réduire de moitie le teinps et la fatigue des études. S'ils étaient réellement Îles amis des enfants, comme ils le disent, ils attendraient de me voir à l’œuvre avant de m'attaquer, et même au lieu de m’attaquer, ils m'aideraient à remplir la rade tâche que je me suis donnée. H y a dans la r'forme proposée du travail pour tout le monde et, s'ils perdent un livre, ils pveuvent en gagner dix

Mais ce n'est pax ainsi qu'ils procèdent, cf, dans tous leurs écrits, on voit plus äe mesquines considérations que de véritable amour 1e la grande cause qu’ils prétendent servir,

Je sors donc de la lice, non par erainte de ennemi, (j'ai montré avec quelle énergie je savais les abattre À mes pieds), mais pour suivre le conseil de ceux qui s'intéressent à moi, et à qui j'ai d’ailleurs des obligations particulières.

Dé-ormais, quoi qu’on dise contre moi ou contre mon système, je me contenteraii d’exposer mes idées teiles qu’elles sont, et sans entrer dans aucune diseussion. J'avoue que c'est à contre cœur que je m'eloigne du combat. J'’aire la guerre; mais il faut savoir écraser de Son mepris les liches ennemis, dont quelques-uns se cachent sons le voile de l'anony me, et dont la devise est : dix contre un.

Pour le moment donc, M. Fouseaint s'étant reconnu mort, qu'on me permette de prendre congé de M. Piérard -et de lui servir, avant de le quitter, un plat de ma façon. C’est le der nier trait que je lui lamecrai, Ayez donc la

bonté, M. Piérard, de prêter une fois encore l'oreille à mes discours. Dans l’£venement du 15 août, vous avez un long article peu substantiel, et que j'aimerais à critiquer mot par mot; mais j'ai promis d’être court. Ecoutez pourtant cette phrase. Vous me direz ensuite ee qu'il faut penser d’un homine qui écrit de ectte facon dans un libelle où il prétend juger un système d'éducation.

Votre présence au Canada, dites-vons, me fait plaisir, au contraire, je vous l'ai dit Car vou: y allez imprimer un mouvement en faveur de l'amélioration de l’enseignement, qui ne peut que nous faire du bien.

Voyons! Que pensez-vous de cette phrase ? Est ce là une phrase correcte et telle qu’un professeur de français digne de porter ce nom puisse l’Cerire dans un journal où il se donne comme capable de discuter le pour et le contre d’un système nouvenu. A quel mot se rapporte le qui relatif? Extce à enseignement ou à mouvement? C'est à monvement, n'est-ce pas? Eh bien, d’après une règle de la syntaxe, le qui relatif devant toujours être > plus possible de son antécñdent, uit construire cette phrase ainsi: Car vous

a en faveur des améliorations à apporter dan enseiqnement IMmPrIMEr un Mouvement qui ne 7N AN TUE) nous faire du bin. La phrase n'es ss élégant mais au moins elle est correcte, ‘et J'ai tenu à me servir de vos ex P1 I

Pierard' M, Piérard! je garderai une

| 1 : dans n écol v prace pom VOUS GAns mon eco ous pourrez y apprendre le français, On y ensci-

°ore t du su Dpar utez uite : de iger

plaiallez a'ion bien.

se ?

run nom nne t Île

gnera aussi le latin que, m'’a-t-on dit, vous ne connaissez pas. Adieu et uésormais dormez tranquille, | |

Et vous, Canadiens, que l’on voudrait mêler à une querelle toute personnelle, je tiens, par rapport à vous, À préciser ma situation. On me disait, hier encore, pourquoi n’êtes-vous pas resté dans votre pays, puisque votre système est si bon? Je ne suis pas resté dans mon pays parce que, pour le mettre en application en grand, il me fallait l'aide du gouvernement er que, dans les conditions où se trouve aujourd’hui la France, mes démarches pour obtenir cet aide n’ont pas abouti et ne pouvaient aboutir. D’un autre côté, le terrain ne me paraissait pas assez sûr sous mes pieds pour que je tentinsse seuil une œuvre dans laquelle, malgré la subvention qui m'est allouée, j'aurai beancoup d'argent à dépenser,

Depuis six mois, que je suis ici, je travaille chaque jour et je fiis travailler de mon argent et sans avoir gagné un sou. À qui donc profiteront mes peines et mes fatigues, si ce n’ext à vons et À vos enfants? Ai-je l’‘ntention, de gurder pour moi seul [es procedés dont je suis l'auteur, Non que je sache, puisque j'admets tout Île tfrionde à mon cours, même, MM.

lossiint, Piérard et de Beau Rivage. Mon kel bit est de former des professeurs, et cela fait, je me reposerai.

Maintenant eonsidérons les cho'es à un autre moint de vue. Ürovyez-vous donc que mon intorèt soit de rester se À anadla ? Je ne suis pus aujourd’hui dans les mêmes conditions

î 1h ne | :1

L 5 | ti

que celles dans lesquelles je suis venu ici. Mes travaux de Iatin sont complets, mes travaux de français fort ävancés, mon exposé de méthode fuit; j'ai pour moi l'approbation de tous 1es journaux, l'approbat on des hommes les plus compétents en enseignement; et je suis persuadé que, Si par l'entremise de M. le con. sul français, je m'adgessais à la France, om m’accueillerait cette fois avec honneur.

Mais non, Canadiens, vous m'avez reçu et jo travailierai, pour vous d’abord; mon œuvre est une œuvre Canadienne et si jè ne suis pas canadien par droit de ant: Je le suis de cœur et autant que personne, J’appartiens à la race qui jadis a peuple le pays et qu’alors on ne considérait pas comme étrangère. Ainsi donc pour conclure, je suis au Canada et j'y resterai malgre les Piérard, Ics Toussaint, et les Bouurivage. Un Bretan ne cède pas si aisément. o

Page 1