‹ Réforme de l'enseignement [microforme]Chapitre 3 sur 43 · RL EE · texte numérisé non relu

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assez; cependant on est tellement d'accord aujourd'hui, à quelque parti qu’on appartienne, pour reconnaitre que les méthodes cnployées laissent beaucoup à désirer, qu’on voudra bien entendre un homme qui, pièces, en main, cffre de montrer commért on peut © réduire de moitié le temps des études, sans, … rien changer au programme de l'enseigne.

menti. | M ‘‘ Rocovez, Monsieur, avec mes sincères ©, hommages pour votre beau talent, ! assurance. du profond respect, avec lequel j'ai l'honneur, … d'-tre votre très-humblo serviteur.

6 P, Leroy.”

4 “Je sais combien il est ditiicile d’aller à ion de … l'encontre de, idées reçues, et ‘histoire des s com- ù inventions même les plus utiles le prouve

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La page, à laquelle je faisais allusion toutà-l'heure et que je vais maintenant reproduire en l’abrégeant, mériterait d’être citée tout au long ; mais je suis obligé de me borner à des extraits, qui suffiront, je pense, à montrer que je tends au même but que monsieur Jules Simon et que, grâce à mes iravaux, la grande réforme, doit il parle, est désormais un fait accompli.

Monsieur Jules Simon exposant en effet de uelle manière défectuense et irrationnelle se ait aujourd'hui une classé et de quelie manière elle devrait logiquement se faire, s’ex- | prime ainsi: ‘ L'élève, dir-il, verra ses cama- # rades à l’œuvre. Ces procédés de l’intelli- | “ gence, qu'il n’est point capable d'observer . “ directement en lui-même, il n’aura point de

; “ peine à les suivre sur son voisin cherchant “ tout haut devant lui. Dix bonnes copies |" : # Jues en classe ne valent pas la vue immé- # diate d’un bon esprit. qui travaillé à décou- “vert. L'ouvrier n’apprend-il pas son métier “en regardant travailler son patron et ses # compagnons ?

“ Ainsi l’activité, le mouvement, l'attrait se substituent à la somnolente et à l’ennui.

# On attend l'heure de la classe ; on se s’y ce “ Lorne plus à éconter, on parle ; et, quand # On écoute, c’est en se préparant à payer 8oi- #“ même de s4 personne.

“ Aujourd’hui, c’est à l’étude surtout E # l'élève travaille, puisque c’est à qu’il fait “ses devoirs, et que, dans la classe, il n’a plus qu'à écouter. La classe est surtout

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“consacrée à la dictée des devoirs pour le # lendemain et à la correction des devoirs de «la veille. L'élève y est purement passif.

«“ C’est moins une classe qu’une inspection.

« Le professeur s’assure qu'on à travaillé. La # correction des devoirs n’intéresse jamais que « celui qui Zit sa copie; elle n'instruit pas «‘ les autres, et n’excite pas même leur atten- “tion. L’explication des auteurs est étouffée « par la récitation, la dictée, la correctiôn ; «“ c'est à peine si elic dure quinze à vingt mi- «“ nutes. Elle devrait être le fond même de “ la classe ; c’est le seul moment, où l’élève « travaille réellement sous lea yeux de ses «‘condisciples et sous la direction de son “ maite. Ce temps d'activité, qui est si peu «“ de chose dans nos classes, devrait être tout: «' ce serait la grande réforme.

Eh bien, cette grande réforme, que demande M. Jules Simor, je crois l’avoir accomyilie, et dans: quelques minutes j'espère le prouver ; mais je tiens dèe maintenant à vous faire sentir l’analogie, qui existe entre mes idées 2t celles de cet homme si remarquable comme professeur. Nous exprimons les mêmes pensées, lui dans une magnifique amplification, moi dans une seule phrase que voici::

“ La methode nouvelle diffère du système atuellement suivi, en ce que le professeur au lieu de corsiger des devoirs faits en dehors de lui, préside au travail de l'enfant et peut ainsi fésoudre ses difficultés à mesure qu'’elies se produisent. Cette pus est ‘placée à la fin de la guerre des

elvétiens, livre qui a été imprimé à Lyon,

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en 1873; mes premiers travaux datent de 1868. Car 1l y a déjà six ans que je travaille, Dicu sait dans quelles conditions l:sans avoir jamais reçu que de froids compliments.

Sans doute, j'avais foi qu’un jour on me rendrait justice ; mais, si grande que soit cette conviction, ii y a des moments, où fatigué de Ya jutte, l’anomme, qui marche en avant sur une route inconnue, s'arrête désolé sur le bord du chemin. Il fant alors qu’une voix amie se fasse entendre et dise au pauvre voyageur :

allons, courage, debout et marchons, l’avenir ést à nous. Cette voix amie à été pour moi celle de l'honorable M. Ouimet, ministre de:

l’Instruction Publique de la province de Québec ; et je dois le remercier publiquement devant vous, Messieurs, de n’avoir pas dédaigné l'étranger, qui est venu s'asseoir au foyer du peuple canadien.

Si je n'avais trouvé auprès de lui un accueil bienveillant, c'en était fait. Je renonçais, et pour longtemps, à completer l'œuvre, à 18 quelle j'ai pourtant consacré mes plus belles années. Mais il n'en sera pas ainsi, et j'ai l'espérance d'obtenir de lui la protection, que ie sollicite et qui m'est nécessaire pour continuer mes travaux avec fruit et les terminer en peu de temps. Non, il ne voudra pas enlever au Canada l’honneur d’une réforme incontostablement utile ; j'en ai pour garant la bonté avec laquelle il m'a reçu sur la simple vue d'une lettre, que je lui demande la per mission de lire, parce qu’elle renforme des con: sidérations intéressantes pour tout le monde.

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DJ SYSTÈME, Voici cette lettre :

‘ Monsieur le ministre,

4 Avant de quitter un pays où les Français trouvent tant de sympathies, je crois devoir m'adresser à vous et appeler votre attention oux des travaux, qui ont pour but de changer du tout au tout la méthode d'enseignement actuellement suivie,

‘“ Vous savez comme moi au prix de quels pénibles efforts renouvelés chaque jour les pauvres enfants arrivent après de longues années, au terme de leurs études, sans avoir fait cependant, malgré leurs fatigues, de bien grands progrès en aucune branche des connaissances humaines; et vous n'êtes pag étranger, j'en suis sûr, au nouvement qui 8e produit de toutes parts, mais surtouten France, peur chercher comment on pourrait mieux aire. Aussi ai-je l'espérance que vous dai-

gnerez examiner mes travaux, et, s'il y a lieu,

accorder une protection éclairée à une œuvre éminemment utile.

# Déjà j'ai fait appel à des hommes, qui auraient dû, ce semble, par suite äe leur position, s'estimer heureux d'associer leur nom à une réforme reconnue par tous comme nécessaire; Car s'il. est honorable de consacrer sa vie à une idée, dont puisse un jour profiter l'humanité, il ne l’est pas moins de donner ia main à ceux qui travaillent pour les autres et surtout pour les enfants, 1:17 7

“-Malbeuréusement cela n'est 5as, (généra:

lement du moins,)'et il suffit de parcourir

l'histoire de tous les inventeurs, pour voir à quels obstacles ils se sont heurtés et combien d'entre eux, après avoir longtemps nourri de chères illusions, ont fini par douter d’euxmêmes et par abandonner le combat, au moment où ils allaient remporter la victoire.

# C’est que toute chose nouvelle blesse bien des intérêts et que la routine étant partout et en toutes choses fort honorée, qniconque s’attaque à elle soulève des tempêtes. C’est aussi que’ les decouvertes les plus fécondes en résultats de toutes sortes, ne sont pas sans être entourés de difficultés nombreuses, qui demandent à être éclaircies d’abcrd, avant qu'elles deviennent vraiment utiles; mais quand une fois, elles sont comme dégagées des langes de leur berceau, elles bravent toutes les contradictions et tous les contradicteurs.

“ Pour ne citer qu’un fait entre mille, qui prouve que des hommes même superieurs peuvent passer assez légèrement sur une grande découverte, il n’y à qu’à rappeler la délibération des membres de l’Institut, qui taxèrent de folie la proposition faite par Fulton à Napoléon I‘ de le conduire en ‘Angleterre sur des bateaux, qui marcheraiïent contre vents et marées. |

“Si:des hommes comme Fulton ont eu tant de peine à faire triompher des idées, dont les conséquences merveilleuses ont cependant depuis transformé le monde, ‘est:il étonnant qu'au milieu des luttes de partis, qui déchirent notre malheureuse France, d‘s ministres d’un jour, tout occupés de .s6 ‘maintenir ‘au:

voir à ymbien arri de d’euxau more se bien tout et ue g’at- C’est ‘condes nt pas )reuses, |, avant : mais ‘agées toutes icteurs.

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pouvoir, ne trouvent pas le temps de donner audience à un inconnu. Et d’ailleurs qu pourrait lutter contre le mauvais vouloir d’une bureaucratie orgueilleuse et jalouse |

“ Après bien des démarches, j'ai enfin compris qu'en France il n’y ävait rien à faire pour moi et, qu'eussé-je mille fois raison, je ne serais pas écouté. J'ai fait comme tant d’autres. Je suis venu en Amérique, et jusqu'ici je n’ai pas eu lieu de m'en repentir, puisque, dès mon arrivée à Québec, j'ai trouvé dans le Révérend M. Hamel, recteur de l'Université- Laval, un homme compétent entre tous, qui a accepté en principe toute ma manière de voir.

« Dès lors j'ai pensé qu'il ne fallait pas en rester là; et voilà pourquoi j'ose vous demander, monsieur le ministre, de me veniren aide dans l’œuvre immense, que j'ai entreprise et que j'espère mener à bonne fin avec votre concours: « La réforme âe l’enseignement.» À vous autant qu’à moi en reviendra l'honneur. |

“ Ayreez, monsieur le ministre, l'assurance du profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d’être votre très-humble serviteur.

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