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LES OTTOMANS

Nom que porte la race conquérante, de celui de son premier sultan Osman : la nouvelle école historique établit que le terme ottoman est impropre, et l’orthographe rationnelle est Osman ou Osmanli. M. de Hammer, en Allemagne, a réussi à faire adopter cette rectification ; nous n'avons pas la prétention de la faire passer dans notre pays; on dit que les Français sont changeants : pas trop pourtant à l’égard des erreurs littéraires. Mais revenons aux Ottomans.

L’Ottoman a des qualités réelles, il est sobre, patient, calme, probe et hospitalier; il a l’ardeur guerrière, l'amour de la patrie et de sa religion; il est philosophe humanitaire en théorie, mais en pratique il est exclusif, ne voit que l islam, et ne modifie ni ses coutumes, ni ses mœurs, ni scs idées, quand tout se transforme autour de lui.

Il a trois principaux défauts ou vices sociaux qui le minent lentement : la polygamie, l’exclusivisme et le fatalisme.

La polygamie tarit la population à sa source, accable l'homme de vices et annule la femme, qui

remplit une mission si importante dans les sociétés chrétiennes, en stimulant l'activité de l’époux ou du père.

L’exclusivisme musulman met obstacle à la cessation de l’état de conquête et à l’apparition d’une patrie ottomane jeune et forte.

Le fatalisme est le coup de grâce qui donne raison à la fatalité : si les Ottomans se retirent un jour forcément devant les races chrétiennes, c’est parce qu’ils y auront trop cru ; ils voient le mal et ne se soucient pas de le guérir. Ils disent que si Dieu a ordonné leurchute, ils s’évertueraient en vain à la prévenir : oui, Dieu sait et peut tout, mais qui donc leur dit que Dieu ne veut pas qu’ils se sauvent et qu'ils prospèrent par les voies du travail etde la justice? Le fatalisme est un cercle ‘ .

vicieux, en sort qui veut; cette vérité est encore plus vraie pour un être collectif, un peuple, que pour un individu. Aide-toi, le ciel t’aidera.

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