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LES ARMÉNIENS

L’origine de la nation Arménienne se perd, comme celle de la Perse, dans la nuit des temps:

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et chose remarquable, après une longue suite de siècles de catastrophes et d'oppression, cette nation présente encore des éléments assez primitifs pour concourir puissamment à la formation d’une nouvelle Turquie.

Au rapport de tous les voyageurs, la race arménienne est intelligente, hospitalière, attachée à sa religion, et pure de mœurs, relativement surtout aux autres nations asiatiques dont elle est entourée. Elle a de l’aptitude pour le commerce, l'industrie et les opérations financières. Aussi les Arméniens ont-ils tourné leur activité dans le sens de ces dernières qualités, et le commerce intérieur de la Turquie d’Asie est à peu près exclusivement dans leurs mains; ce sont eux qui dirigent les principales maisons de banque, les fabriques les plus importantes, ils frappent la monnaie, ils travaillent le fer; si le gouvernement veut monter une manufacture nationale, c’est aux Arméniens qu’il s’adresse.

Mais l’intelligence native des Arméniens aurait besoin d’instruction, de liberté et de considération pour se développer davantage; depuis le commencement de ce siècle, un grand nombre d ecoles arméniennes se sont organisées, tant à

Constantinople qu’en Asie, et même dans les pays étrangers, où celle nation s’est disséminée.

. Nous touchons ici une des plaies de l’Arménie : une partie de ce peuple est dispersée loin du sol natal.

Les Arméniens sont sujets de la Turquie, de la Russie, de la Perse, de l’Autriche, de l’Angleterre et de la Hollande. Ceux qui relèvent de ces deux dernières puissances dans les Indes et les lies indiennes, étant affranchis d’un joug compresseur, prouvent, par leurs qualités nombreuses et remarquables, ce que pourraient devenir les Arméniens de la Haute-Asie dans des conditions analogues.

La Turquie possède toute la petite Arménie et une moitié de la grande Arménie; il est à déplorer que la Russie ait réussi à s’emparer de l’autre moitié en 1828 : car les Arméniens ont peu gagné à ce changement de maître, ils sont plus libres en apparence, mais en fin de compte la corruption des fonctionnaires russes qui rançonnent à merci le paysan et le commerçant arrête le progrès dans sa marche : il aurait été alors préférable que toute l’Arménie fût restée au pouvoir des Ottomans, qui, nous en sommes

certain, reconnaîtront prochainement que leur salut réside dans une harmonie sincère avec les races chrétiennes de leur empire, et discerneront, en même temps, que les Arméniens seuls leur offrent pour cette œuvre de réparation une base . solide.

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