‹ Réformes socialesChapitre 18 sur 67 · I.A I'i;(il'\(iAM»l-: lir.MI'I.AC.t; L'iNSlHtltKC.IION. Iil · texte numérisé non relu

I.A I'i;(il'\(iAM»l-: lir.MI'I.AC.t; L'iNSlHtltKC.IION. Iil

dcsabuso, dans riiilci'èldtM'orlaiiics aiinloiiK'i'alioiis (riioiimics, ([ui" 1(^ ( louvci'iKMiuMit voil loiijoui's avec une cortaiiic IVaycur, (]uoi(|iio, (h^imis (|ualro ans, il ail assez bien nianfi-uvi-i' jionr y inlroduiro au moins une de ses crcaliu'es.

On nous accordera, sans i)eine, assez de sens commun pour savoir ([uc le salul d(> la France el de l'Kurope n'esl })as exclusivement attaché à queliiues ibnnules de lani;aij;e ([ue l'on adopte pour siéger dans wuo ivunion plus ou moins sag-cnient oi'u,'anisée, pour y demander on y donner la parole, y combaltre un adversaire, ou en adopter la pro[)osi(ion; commi^ nous l'avons lail avec tant de bonne loi dans les ventes de nos carbonari, arniei> inimense, dont pres([ne tous les soldats étaient des héros, et dont les chefs furent presque tous faibles, et quelques-uns, connne M. Barthe, déjà vendus à l'orléanisme.

Malheur à ceux qui, en France et surtout à Paris, s'aviseraient aujourd'hui, en présence de la })olice la moins délicate de la ferre, de reproduire les formes d'association (fui iinissent par être ridicules, dès l'instanl ([u'ellcs ne sontplus fécondes en actes de dévouement.

Après une révolution comme la nôtre, on ne conspire de la sorte, que dans l'intérêt du pouvoir. On serait cerles bien fou de faire du carbonarisme, quand on a droit de faire ouvertement de la propagande. Toutes les fois que la souveraineté du peuple est passée en principe dans les mœurs et même dans la Constitution la plus mal replâtrée, la consj)iration est une duperie ou un acte irréfléchi, c'est une stérile perturbation ; car l'insurrfH'tion y est reconnue comme un droit populaire; et alors, si le peuple ne renverse pas son ouvrage, c'est (pic le lendemain il ne voudra pas accepter le vôtre ; éclairez-le el attendez sa décision, si vousne voulez jjas que vos efforts isoles vous écrasent sans prolit [tour la cause.

Nous qui connaissons les roueries de la police, nous ne conspi-

] rons pas. Nous qui connaissons la toute puissance du peuple sou- V. verain, nous avons foi en la réalisation d'une réforme prochaine. Enfants de la nouvelle génération, que le nouvel ordre de choses oppresse comme un pénible cauchemar, ayez un peu de patience, et méfiez- vous ; il est un conspirateur qui ne trahit jamais et qui est toujours brave : c'est le peuple ; attendez qu'il se lève à la voix de la réforme générale,, attendez que l'air soit embrasé d'enthousiasme ; et ces jours-là l'association s'improvisera dans la rue, et ne se traînera plus sous le manteau des cheminées.

Ainsi, on le comprendra a noire franchise, toutes les fois que nous parlerons de la toute puissance de l'association, ce ne sera pas de l'association qui joue c) Â? cité, comme les enfanis jouent au soldat ; c'est sur un plan plus vaste que nous voulons la fonder; c'est dé la grande cité, toute morcelée par le monarchisme, que nous désirons nous occuper ; association qui succédera forcément à l'état actuel de lutte, et qui viendra féconder les arts et l'industrie, multiplier les produits et diminuer les déchets et les pertes ; étendre le cercle de la famille et resserrer les liens de la fraternité ; éteindre pour toujours la haine et la soif de vengeance^ augmenter la dose de nos jouissances physiques et morales ; accroître nos forces et nos connaissances ; foire naître, pour tous, des plaisirs don[ on n'aura plus vergogne, et inspirer à tous une fierté qui n'humiliera plus autrui.

Ce ne sont point des membres de petits comités qui parlent ici ; ce sont des membres de la grande association future, dans laquelle tour à tour les derniers seront les premiers et les premiers les derniers.

l'association 1)IXIPI-K I.KS FOHC.KS. 143

Les révolu! ions clos peuples émanent sans doute de causes diverses ; el ces causes peuvent èlre aussi -nombreuses (|ue le sont les nuances des goûls, des caprices et des mécouLenlemenls humains. Cependant, l'histoire à la main, on prouverait sans peine ((ue la cause la plus fréquente des grandes commotions gouvernementales, a clé de ne pas permettre à l'action de l'association de progresser, en raison de l'augmentation numérique de la population. Vouloir tenir la puissance de l'association stalionnaire, (puuul le nombre des associés s'accroît, c'est vouloir comprimer iniléliniment d'une main la vapeur que l'on dégage de l'autre ; l'inconséquence de cet effort aboutit à une ex])losion dont les chances sont incalculables. Ce genre d'inconséquence est le propre du système monarchique, du gouvernement d'un seul; l'évidence de notre accusation ressort de la structure ^seule de la phrase. Admettez-vous le principe d'association comme le seul capable de se prêter au bien-être progressif des masses? Vous admettez par le fait même que le système de gouvernement d'un seul est inconcihable avec les progrès de l'association; ce sont deux principes contradictoires dans les termes. Établir d'un côté que les peuples ne sauraient être heureux sans coopérer mutuellement au bonheur les uns des autres, et établir d'un autre côté qu'un homnKï seul suffise pour combiner les moyens de rendre les hommes heureux, en vertu de son irresponsable volonté ; c'est soutenir le pour et le contre, c'est se complaire à construire des inductions pour les détruire les unes par les autres ; c'est insulter à la vérité qui ne se range pas à la fois sous deux bannières opposées ; enfin c'est faire du juste miheu, qui est bien la plus absurde des choses que l'on puisse faire en ce bas monde.

Le système monarchique comprend très-bien cette incohérence, en s'opposant de tout le poids de sa résistance organisée,

■ Hcforwatour, 28 fov. 1835, a" li-2.

à renvahissement progressif de l'association. II prévoit bien que tout ce qu'il accorde sur ce point, tourne au profit du système contraire ; il sait fort bien que les gouvernements du bon plaisir sont les seuls gouvernements conséquents parmi les gouvernements monarchiques. Mais comme ces gouvernements insultants })Our l'humanité s'en vont, i)Oussés qu'ils sont par la force des choses, les systèmes monarchiques ne peuvent que les arrêter un instant sur lapenle rapide, en s'emparanl des rênes du char révolutionnaire, qui doit finir par les entraîner eux, malgré leurs efforts contraires, et nous, malgré notre indifférence et notre aveuglement.

Les besoins croissants d'une agglomération toujours croissante leur impose l'association comme une nécessifé gouvernementale. Mais il reste alors un moyen de détruire la concession, en ayant l'air de l'accorder de bonne grâce ; on a des préfets (|ui président, des agents que l'on i)opularise à l'aide de feintes persécutions, même à l'aide de condamnations juridiques ; ces serviteurs dévoués arrivant de droit au timon de l'association nouvelle, n'ont pas beaucoup de peine à la fra])per de mort, comme ferait la vipère que l'on réchauffe dans son sein. Nous aurions cent exemples à citer, si nous étions placés à une plus grande distance des événements. Mais ({u'avons-nous besoin de ])reuves, ({uandle principe est évident, quand il est proclamé i)ar les partisans de ce système ; ne vous répondonl-ils iias, en effet, à ces sortes d'accusations : « Comment \uule/.-yous iiuun [foiivernement se soutienne cFune autre munière'.' »

Il est donc certain, de l'aveu do tout le monde, que le système monarchique ne saurait exister conjointement avec ce système d'une association progressive; il est donc certain que ce système est rétrograde, qu'il ne subsiste qu'autant qu'il fait quelques concessions inévitables aux exigences les plus pressantes de la société, qui s'entasse en se reproduisant ; mais, comme chaque concession, ainsi que nous l'avons dit plus haut, est un pas que le système monarchique fait en arrière, il est évident que de

siJiciDi', m: l'iii.Ncii'i': >i(iNAit(;iiinrr:. 1-4.")

concession on concossioii, il liiiira \t;i\- al>;iii(liiiiiii'r loiil ;i l'ail le lorrain ; o'osi 1(^ sorl ([ni lui osl iiiar([n('' par les destinoos.

S'il (•(iiiipi'inio lo (lovoloppoiiKMil, nno oxplosion rciilrvo; (S',1, '.);), ISli, 1(S;}() on sonl la pnMivo; s'il rriU\ bon <j;y(\ mal !;-ro, au torrent (|ni i;i-ossit sans cesse, il s'en ira connue s'en va tout ce qui se lionl. à la surface, et ne conserve plus aucun poids. Il ne lui reste aujourd'hui ([u'un i)nvilége, c'est de ])roloni^cr son agonie, et (\c rachetei* quelques jours d'existence en ne luttant pas trop l'orl.

L'institution de la garde nationale est un grand exeni})le de la loi que nous signalons : — Le i)Ouvoir ne touche ([u'en tremblant à cette association citoyenne ; à Paris, ses premières pensées se sont tournées vers l'art d'établir une organisation occulte dans le sein de la vaste organisation spontanée ; 15,000 employés on agents secrets sont à sa disposition dans ce corps ; et au moindre signal, sous peine de perdre leurs placesou leurs rétributions, ils volent dans la rue pour i)réter main-lbrle au pouvoir ([ni a l)eur.

A la laveur de ces 15,000 dévoués par intérêt, on dii'ait cpie le système doit pouvoir s'établir avec toutes les allures du système monarchique. Eh bien ! malgré tout l'or qu'il prodigue, le budget seul obtient des séides, et' la Cour ne forme pas un sujet; la forme est si contagieuse, que le soldé réclame sa i)ortion de souveraineté, de même que le xolonlniro ; cl dans la foule des services qu'on a droit d'exiger de lui, il eu est tel ([u'il peut impunément refuser de rendre.

En conséquence, le j)riuci[)e monarchique se suicide, ({u'il favorise ou ([u'il conq)rime le princi})C de l'association. Kl aujourd'hui, le comprimer est inq)0ssible; on ne })eul ])lus que le trahir; mais oc principe étant inq)érissable, le trahii-, c'est uniquement retarder un triomphe ({u'onne saurait éviter.

Md RÉFORMES SOCIALES. — LES DOCTRINES.

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