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ORGANISER L ASSOCIATION DE LA COMMUNE

D'inductions en inductions, nous sommes arrivés à la dernière subdivision de l'administration gouvernementale, à la commune, de même que, par l'analyse, on arrive à la molécule intégrante, à

* rtéforwaleiir, 12 mars 1835, uo 151.

ORGANISONS TOUT d'aUOUD LA COMMUNK. ^^1

la (Icrniôro expression du loul, laquelle en esl la [larlic. C est dans la connnune que n-ous devons oru,aniser l'économie, fonder le système social, el nous occuiJer de l'applicalion de nos théories su l' l'amélioration progressive de la race humaine.

Comme aucun gouverneiiienln'a commencé par là, aucun système gouvernemental n'a pu tenir contre la loi de vétusté ([ui frappe tout ce qui ne se prèle ]>as à la progression constante ; et, c'est pour cette raison ({ue, tous les cinquante ou cent ans, la machine craque et se désorganise, et qu'elle ne peut être remise à flot (|u'à la faveur d'une impulsion révolutionnaire qui brise le passé et recommence l'édifice sur les ruines de tout ce ([ui exislail.

Que veut-on attendre, en effet, d'un état de choses où le gouvernement ([ui a le moyen de compter les contribuables et de les faire })ayer, n'a jamais songé à obtenir un tableau synoptique de leurs ressources et de leurs besoins ; où l'homme est isolé dans les grandes villes aussi bien que s'il se trouvait dans un tlésert; où, dans un moment de détresse, nul n'est là pour le secourir et lui tendre la main; où, enlin, succombant sous la fatig-ue des sollicitations sans espoir, il se trouve réduit à se flétrir par l'aumône, jiar le vol ou par la police? Si l'on donne le nom de gouvernement à un tel état de choses, il faut avouer qu'un gouvei-noiiicnt n'osi pas difficile à organiser, et que les sots sont aussi aptes que les fourbes à tenir les rênes de cet Etat.

Et c'est crainte de perdre les bienfaits de cet ordre social, que nos braves bourgeois redoutent tant l'émeute? Mais ne vous semble-t-il pas entendre un malheureux patient dire à celui qui le frappe : Donnez-moi lentement cent coups de canne, et épargnez-moi le coup de ])àton. Car, à la place de la grande émeute finale, ils préfèrent l'émeute qui assiège chaque jour leur porte en particulier, l'émeute des créanciers qui les pressurent, l'émcule des envieux jaloux qui les observent pour les ruiner, des traitres qui pénètrent en amis dans leur secrets pour exploiter à

lîSâ RÉFORMES SOCIALES. — LES DOCTRIINES.

leur profil une pensée tout élaborée, l'émeute (lomesti({ue de 1m femme qu'ils ont achetée comme une esclave, et qui les aime comme des tyrans; l'émeute des enfants qui maudissent d'incapacité du père et son inhabileté à leur fournir du pain; émeute de tous les jours, de toutes les heures, qu'on appelle ordre public el liberté!... dans les grandes villes; car, dans les grandes villes, ce ne sontpas ceux qui souffrent qui ont le droit d'exjjrimer leur opinion et de définir un état de choses.

Mais qu'a donc de si différent l'état sauvage?

Chacun n'y vit-il pas côte à côte des autres, sans s'occuper d'eux pas plus que s'ils n'existaient pas; les saluant ouïes regardant de côté, quand il les rencontre sur le seuil de leur porte, empiétant sur leur terrain, quand il peut déplacer les bornes; enfouissant ses trésors et criant misère, même quand quelques sous suffiraient pour rendre la vie à un infortuné ; se composant au dehors, ayant des secrets même pour ses enfants au dedans, et, à force de s'isoler, par crainte du lendemain, de ses voisins, de ses proches, de ses enfants, finissant par rester seul sur la terre, enveloppé dans son égoisme et dans sa douleur.

Honneur, trois fois honneur à la civilisation gouvernementale ! Ses œuvres sont aux coins des bornes ; elles vous y tendent la main, là où la paresse en haillons rend le travail tributaire, et va boire plus loin le sou dont vous vous êtes privé.

:^ Et pourtant, bonnes gens que nous sommes ! tout ce désordre pourrait cesser à peu de frais, au grand contentement de tous, du riche comme du pauvre ; il n'y aurait qu'à le vouloir pour l'obtenir sur l'heure.

Organiser l'association de la commune, et l'organiser sur des bases fraternelles et d'après une méthode progressive, c'est là toute la difficulté ; et l'histoire contemporaine ne manque pas de

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circonstances dans Icsiiucllcs la ([ncslioii s\'sl Ir^nvee iiiainle fois résolue.

luMnar(iue/ (jnc nous ne Sdi-lons |ias tie la (jut.'-slion ([ue nuu.s a'v(«ns jtosée, sur Av (h'f'on(r;tlis;i/ioji pour les intérêts locaux dos cominlnif's, dans nos pi-écédenis articles : car ([ucl inlérel plus local ({ue celui des habitants de la cunninuie, sous le rapport de l'instruction, du travail, de l'alimentation et de la fortune? Si l'on admet, comme nous n'en doutons pas, d'après ce que nous en avons déjà dit, que la commune doiA'e être jui^'e en dernier ressort sur les questions d'intérêts locaux, on ne poun-a pas nous refuser d'admettre que c'est à la commune seule que doit arriver la connaissance de ce qui intéresse si vivement les individus qui la composent, et par lesquels elle est au ranii;- des connnunes.

Or, la conmiune méthodiquement organisée doit connaître le nombre exact de ceux qui l'habitent, leurs moyens d'existence, le chiffre de la consommation de chacun d'eux, le genre de travail par lequel chacun est en état de se suffire; et enfin, les ressources etJes produits dont le sol et la position commerciale de la localité lui permettent de disposer.

Le gouvernement d'un seul aurait de la peine à obtenir avec exactitude tous ces documents, connue on peut le voir par ses statistiques, parce <[ue l'habitant et le contribuable ont tout à craindre de trop instruire le gouvernement d'un seul ; ils ne l'instruisent presque jamais qu'à leurs dépens. Mais, il n'en est pas moins vrai que, même sous l'empire du gouvernement d'un seul, . l'opinion pubhque, dans chaque connnune, sait fort bien toutes les choses que nous venons d'énumérer; il ne s'agit })lus que de lui laisser le soin d'exploiter ces documents dans l'intérêt de tous, sans être menajcéer de se donner cette peine dans l'intérêt du fisc.

Nous verrons, dans l'article suivant, quel sera le résultat de l'indépendance dont jouira la famille communale, dans l'administration de ses. intérêts.

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