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CORVEES RECU'ROQUES.
De tout ce que nous avons dit jusqu'ici, il résulte que le • moyen le plus eflîcace d'améliorer le sort des habitants de la commune, progressivement et sans bouleversements qui effrayent, c'est d'inspirer aux citoyens le désir de s'imposer un nouveau genre de corvées, que nous appellerons rorvécs rcciproques et volontaires, pour les distinguer des corvées communales. Celles-ci obligent chaque halîit.ant, quel qu'il soit, de la même commune ; elles ont pour but la réparation des chemins communaux et vicinaux, etc., que chacun est obligé de réparer, parce que chacun en profite. Les corvées réciproques, au contraire, seraient le résultat d'un engagement' contracté pour rendre, en ouvrage ou en nature, un service reçu à la plus grande satisfaction, du préteur et du débiteur, et sous la haute et paternelle surveillance du conseil communal.
Le numéraire, avons-nous dit, jouerait en tout ceci un rôle infiniment moins important que dans les autres entreprises or-
* Uéfoniiaicuv, 26 murs 1835, u" it)8.
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(liiiairo^ ; cl la coimiiuiic loiil eiilirro serait le jiiiic des (liftcrcnds cl le lénioin irrécusablo de la bonne ou de la mauvaise loi des eoniraclauls.
(le système d'amélioration progressive serait applicalde, eominc on le coneoit très-bien, à toutes les questions qui intéressent la vie matérielle des ciloyens; car l'agi-iculture n^'a été pour nous (pi'uu exemple et non une (piestion exceplionnelle. Nous allons ccMilinuei- ;'i la Irailer sons (ous ses rajtporls ; nous croirons on cela l'aire tle la polili(iue jilus jxjsitive (pie la politi(iue des ronimérngcs i v -y )i v \s ( -n Inlil's ,
Il a été suftlsanunenL démontré (pi'avcc une brouette, une pelle, un chariot commun à la connnune, et les chevaux et les bras -de cha([ue habitant, requis à tour de rôle, il serait facile de féconder mécani(piemcnt le sol le plus incujtc, et de sextupler au moins les i)roduits de ceux i[ui l'apportent annuellement ; ce procédé consiste à a[)porler de la terre, c'ost-à-dirc de la marne friable et d'une certaine qualité, sur une sui'face qui ne possède pas île terre végétale, et à compléter les tei-ros végétales qui existent déjà, mais dans un état incomplet de fertilité.
La question des engrais est une question subséquente à la première ; car, en augmentant le nombre des terres fertiles et la fertilité des terres déiVichées, il est évident que vous augmentez le nombre des terres qui se consacrent à l'élève des bestiaux et autres animaux domcsliipics, tout autant d'agents d'eng'rais fertilisatcurs. Ainsi, plus vous possédez de terres, la population restant la mémo, et plus vous êtes à même de posséder d'animaux pour engraisser ces terres. Soit, par exemple, la ({uantité de i,500 hectolit^'es de blé nécessaires à l'alimentation d'une population de 1 ,500 âmes, et résultant de la culture de 875 hectares de terrain produisant li2 hectoliti'cs par hectare : Si, par le système de marnage habilement appliqué, vous élevez la i»i'0(luction à "M') hectolitres ])ar hectare, c'est-à-dire trois fois plus haut (pTaupat-avant, il est évident
202 litKOUMES SOCIALES. — LES DOCTRUNES.
que vous serez liJires de ne plus consacrer que le tiers des teires à l'alimentation première des 1,500 habitants, et de consacrer par conséquent les deux autres tiers à l'élève des animaux, c'est-à-dire à transformer l'herbe des deux autres tiers en viande pour les hommes, et en engrais pour faire repousser du ])lé et des pacages. .
Mais en dépit de l'activité nouvelle de- la commune, en dépit du concours sym^)atliique des habitants de la ruche' nouvellement organisée, après avoir fourni à la surface cadastrale tous les éléments de la plus haute fertilité, il pourrait arriver que tant d'efforts vinssent échouer contre la sécheresse, et qu'im ciel d'airain fermai l'oreille aux vœux du cultivateur.
Or, tant que la sécheresse sera comptée au nombre des fléaux du ciel, sur une terre qui est sillonnée de toutes parts par des ruisseaux et tant de fleuves, je soutiendrai que la civilisation est encore dans l'enfance. Comment? Enfants du sol ! vous demandez de l'eau au ciel, quand vous n'avez qu'à vous baisser pour en prendre? Faut-il donc encore que le ciel vous descende les seaux pour cette opération ?
Mais les eaux sont basses et le plateau élevé ! Mais aussi n'avez-vous pas le secours des machines propres à élever et a transporter les liquides ? et ces machines, voyez-en le modèle dans les pays que nous appelons routiniers, ces machines sont de la plus grande simplicité et ne demandent que des frais minimes : l'eau est le moteui? pour élever l'eau; on ne saurait trouver un mouvement moins compliqué et plus durable.
Et avec des moyens aussi simples d'étancher la soif d'un sol dévoré de sécheresse, une commune ose se plaindre du ciel? Elle devrait rougir d'elle-même, rougir de son peu de progrès.
Nous concevons qu'un particulier soit incapable de suffire
MdM.N i,t).Mi:i. \.\ m;(.iii-.uessi:. 4*^'^
aux frais de caiialisalion, pour arroseV son i-lutinp non ravivé par la pluie, si son champ se trouve à nne ccrlaine distance du tleuve ou de rélani^.
Mais si la comnuui(> entière le veiil, chaque hahilanl, quelque éloigné qu'il soit de la source, arrosera son champ comme on arrose un jardin; il ne sera besoin pour cela (pic d'org-aniser un système de rigoles, de canalisalion par saignées, ce qui permettra, dans l'occasion urgente, de distribuer à chacun, à l'aide des eaux de la terre, la quantité d'humidité que la roséeet la pluie du ciel ne lui accordent pas. La où le mode de culture no se prêtera pas au système des rigoles, il sera facile d'opérer l'arrosage en grand sous forme de pluie et avec une machine arrosoir. Ce que nous proposons ici pour la totalité de la France, est déjà réalisé, dans quelques comnumes du midi de notre' pays ; ce n'est donc plus une utopie. Aimez-vous mutuellement, citoyens d'une môme localité ! et vous serez capables, avec le petit doigt, de transporter les fleuves sur le haut des montagnes et de changer vos ronces en épis.
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