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PHNUniE FAUTK DE PRODUCTION.
Nous continuerons à réclamer de l'indulgence de la part de nos lecteurs, par rapport à la rédaction de ces articles. On n'écrit de. telles démonstrations ni avec le style solennel d'un morceau d'apparat, m avec les jeux d'esprit d'une satire ou d'une plaisanterie. La clarté et la précision sont les deux seules grâces à qui on sacrifie une démonstration d'économie sociale.
Dans nos précédents articles, nous avons donné le moyen de multiplier les produits du sol en augmentant sa fertilité.
Si nous parvenons à multiplier un produit, nous obtenons, comme résultat immédiat, la faculté de diminuer le nombre des hectares consacrés à sa culture ; l'excédant , dès ce moment , sera susceptible d'être consacré à la culture d'un produit d'une autre nature. Toutes les espèces de denrées vont donc se multiplier à la l'ois; et un jour doit arriver où il y aura de tout |)0ur tout le monde , et où la pénurie ne sera plus à craindre dans le pays.
La prospérité, pas })lus (pic riuforlunc. ne saurait rcstersia-
" fiéforinolciu; -M mars IS.J.'), n" l".}.
210 RÉFORMES SeCfALES. — LES HOCTRIXES.
tionnaire ; dès qu'elle pénètre dans un pays, elle se rrépand à la surface et l'inonde progressivement de ses bienfaits.
Le sol qui élève sa production de l:)lé à un chiffre supérieur, élèvera, suivant la morne proportion, sa production de vin dans la zone vignoble, de poiré et de cidre dans la région des pommiers, de mûriers pour la soie, d'olives et de fruits exquis sur la lisière de la Méditerranée, etc. En sorte qu'en même temps que nous aurons du pain pour tout le monde, nous aurons aussi pour tout le monde, les mets que recherche le riche et dont il a seul le droit aujourd'hui de couvrir sa table et de flatter son appétit.
Actuellement, au contraire, tous ces trésors sont enfouis dans un sol ingrat , et l'humanité entière se trouve en souffrance ; nous ne produisons pas assez, et nous pouvons à peine soulager lé vingtième de ceux qiii pâtissent; nulles jouissances pour la masse, mais pour elle les privations en foule , et .les privations de première nécessité :
La France n'a pour vêtir ses 33 millions d'habitants , que la toison de 35 millions de moutons, c'est-à-dire pour chaque individu , 5 à G livres de laine en état d'être employée au tissage.
Les femmes, il est vrai,, fout un moindre usage de ce tissu,; mais ce n'est pas avec la valeur de 109 millions de francs de lin, de 142 millions de francs de chanvre,, et de 107 millions de francs de soieries , que l'on peut suffire à rhabiUement de ce sexe. Il faut nécessairement, afin qu'il y ait une portion de l'industrie qui ahmente le luxe, qu'il existe en France une portion plus considérable d'habitants qui marche en haillons.
40 millions d'hectohtres de vin, maximum de la production annuelle des vignobles, ne suffiraient pas à la boisson des trois quarts de l'année, dans un pays de 33 millions d'habitants.
l'K.M un: l'AK C. \Sl'll.l,A(.E. 211
La (.'oupo annuelle dos bois, donl la valeur s'élùvo à 1 40 mil» lions (le francs, no donnerait pas, par le parlaijçe, une voie de bois à~) millions d'iiabilants, et 28 millions seraient condamnés à crclotter de froid tout l'hiver d'une année, si chaciuo individu devait avoir son feu à part.
Mais, en admettant la division par famille , et la moyenne des individus d'une famille de trois personnes, il n'y aurait pas moins encore, eu France, de 7 millions de familles qui seraient sans ressources sous ce rapport.
Ainsi, pénurie faute do production.
Mais encore plus, peut-être , pénurie par gaspillage et i>ar un vice inhérent à la consommation actuelle , qui perd le superflu en rebut et en déchet, et le laisse sans utililé pour d'autres.
Les (jualro cinquièmes de nos produits se perdent de la sorte en pure perte; et l'autre cinquième est employé avec moins de profit qu'il ne devrait l'être.
Or, l'association aurait pour but, non-seulement d'augmenter la production, mais encore de diminuer les perles et les déchets de la consommation ordinaire.
On n'oserait plus ranger aujourd'hui au nombre des utopies, qu'un quartier entier d'une ville soit susceptible d'être chauffé, de la cave au grenier, par le produit de la combustion d'un seul foyer ; les nombreuses applications de ce chauffage économique, (lui ont été faites aux établissements les plus vastes et les plus habités, ont résolu le prol)léme, quant aux agglomérations de bâtiments apparlenajit à divers propriétaires. Si donc, un ([uartier est chauffé actuellement avec deux cents âtres, l'économie par l'application du chauffage en commun serait au moins de 180 sur 200 ou de 0 10% les frais de premier établissement prélevés.
Dès ce moment, nous aurions en hiver de la chaleur pour tout le monde.
Quant à la lumière , le principe de l'association est venu à bout de la faire jaillir d'une source commune, pour la uilistribuer ensuite, par des ramifications multipliées à l'infini , dans les divers quartiers du voisinage, et souvent cà des distances considérables ; sur ce point, économie d'usines, de matière combustible et de bras ; économie de temps, qui est l'étoffe de la vie et celle du commerce. -
Continuons le bienfait de ces applications cà tous les actes de la vie, et nous obtiendrons les mêmes résultats : économie de matière première, de temps et de bras; et eh place, augmentation de produits et de moyens de production.
Un gouvernement populaire et émané du peuple enfanterait en six mois tous ces prodiges.
Le nôtre s'y oppose, .afin de se faire valoir.
(Jue les habitants se suffisent donc à eux-mêmes, et que, dans chaque localité, ils demandent, à l'association communale, les moyens de réaliser le système d'amélioration du .sort de tous et par le concours de tous.