‹ Refoulement du Sahara. Première partieChapitre 10 sur 33 · NON · texte numérisé non relu

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l’existence d’une vaste forêt enfouie dans le sol.« Le nom même qui fut donné à «Copiapo, «San Fernando de la Selva», ne témoigne-t-il pas de l'existence d’une «ancienne forêt sous un climat devenu trop sec pour la végétation forestière ?» (4) Il y a sur la côte des points d’eau taris qu’Alimagroetses compagnons utilisèrent lors de la conquête. D'autre part, les ruines prouvent que ce pays était habitable en des temps peu distants du nôtre.

Nous voyons ainsi que l’asséchement de ces contrées à fait de grands progrès depuis leur conquête par les espagnols ; or il se poursuit depuis l’époque primaire.

Ainsi qu’en témoigne le charbon trouvé dans l’antarctique sur de vastes territoires entre la Terre du Roi Georges V et la Mer de Ross, ce continent n’a point toujours été recouvert d’une couche de glace que les auteurs estiment avoir, à l’heure actuelle, une épaisseur de 4.000 à 6.000 mètres. Le courant de Humboldt n’a donc point toujours existé. De millénaire en millénaire ses effets sont devenus de plus en plus nocifs et ils sont absolument prodigieux à cette heure : Du seul fait de l’existence de cet immense fleuve d’eau froide le désert longe le Pacifique sur près de 8.000 kilomètres.

49 Toute nappe d’eau continentale tend à disparaître

C’est, nous l’avons dit, une quatrième cause d’asséchement : Les cours d’eau qui alimentent ces nappes d’eau charrient des alluvions qui comblent les dépressions ; leur fond s’exhausse.

Voilà pourquoi les apports du Rhône et de la Dranse continuent à amoindrir la surface du lac de Genève : À son extrêmité orientale où il reçoit le Rhône, le Léman a perdu 88 kilomètres carrés sur 18 kilomètres de longueur (à partir de la Porte de Saint-Maurice) ; à l’autre extrêmité, le Rhône à sa sortie a comblé le lac sur une longueur de 15 kilomètres, du site actuel de Genève au défilé du Jura (Fort de l’Ecluse).

Une autre cause de disparition des lacs est que leurs effluents creusent leurs seuils ; la nappe d’eau se réduit de siècle en siècle.

C’est ainsi qu’en Amérique du Sud le lac Titicaca, qui ne recouvre plus aujourd’hui qu’une surface de 8.381 kilomètres carrés, soit le dixième du lac Supérieur de l’Amérique du Nord (83.630 kilomètres carrés), avait autrefois une étendue supérieure à celle de ce dernier. Son niveau était jadis de 90 à 120 mètres plus élevé qu’actuellement : La brèche de montagnes où s’est assise la ville de la Paz roulait le trop-plein du lac vers l’Amazone. On voit combien énorme est la réduction de surface. Or cette nappe d’eau est suspendue à près de 4.000 mètres d'altitude et l’on sait que l’évaporation est d’autant plus grande que la pression atmosphérique est plus faible ; on présume ainsi de l’influence désastreuse qui en est résultée sur l’humidité d’une très vaste région.

Toutes les nappes d’eau continentales tendent aussi à disparaître par suite de la circulation défectueuse de l'atmosphère en contact avec elles, du fait qu’en général leur profondeur est maxima vers le centre. Nous en avons donné la raison au cha-

(1) Nouvelle Géographie Universelle, Elisée Reczus, vol. XVIII, p. 745 et 746.

pitre intitulé «Comportement des nappes d’eau». Une très grave conséquence de cet état de choses c’est que les nappes d’eau ne bénéficient généralement pas des émissions de vapeur dues à leur évaporation ; ces vapeurs font le plus souvent retour aux océans.

L'objectif doit être, évidemment, de tendre, en région aride, à ce que l’évaporation donne des pluies sinon locales, du moins régionales. Le jour où ce résultat sera atteint, chaque nappe d’eau bénéficiera à la fois des pluies dues aux mouvements généraux de l’atmosphère et des ruissellements des pluies auxquelles elle donne naissance dans son bassin hydrographique.

Son étendue tendra donc à s’accroître et, peu à peu, la pluviosité s’améliorera, en même temps que la région aura bénéficié de pluies supplémentaires assurant sa prospérité.

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