‹ Refoulement du Sahara. Première partieChapitre 14 sur 33 · NON · texte numérisé non relu

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les plaines en culture, les forêts…, il faut substituer leur convergence vers des centres d’appel, d’ampleur suffisante pour donner naiïssance à de puissantes colonnes ascensionnelles d’air, aptes à engendrer d’imposants massifs nuageux, producteurs de pluies régionales.

Nous avons déjà réuni un premier faisceau d’indices favorables, propres à inspirer confiance dans l’efficacité de notre intervention ; les faits suivants contribuent à l’accroître.

En pays chauds, l’air sans vapeur est chose inexistante, toute masse d’air peut donner la pluie si elle se refroidit suffisamment : Pour ce, il suffit qu’elle monte un peu haut dans le ciel. Les faits observés par le Révérend Père de Foucauld à Assekren en donnent la preuve péremptoire, de même les chutes de pluie assez fréquentes par temps de sirocco.

L’air se refroidit spontanément par détente de 1 degré par chaque 101 à 104 mètres d’ascension, suivant degré d'humidité. D'autre part, une température glaciale règne en tous lieux sur nos têtes à de très modestes hauteurs : 5.000 à 5.500 mètres à l'équateur, et au niveau du sol vers les Pôles. Enfin, et c’est là le point décisif, l’air humide détient en lui-même une merveilleuse faculté latente d’ascension, et il nous est possible de la déclencher, tout comme 1l est nous est possible de permettre à un aérostat de s’élever dans le ciel en lâchant le câble qui le reliait au sol.

Influence défavorable de la trop grande capacité calorique du sol sur les pluies engendrées par les cîmes

Les régimes réguliers des pluies sur les sommets montagneux précités pourraient, non sans raison, être attribués à la plus grande évaporation des lacs en été, à la plus grande transpiration physiologique des forêts, des prairies, des cultures, finalement au plus grand enrichissement de l’atmosphère en vapeur d’eau ; mais la citation L. relative à Assekren démontre nettement que la trop grande capacité calorique des terrains est, dans le cas des cîmes, l’obstacle fondamental qui s’oppose à la genèse des pluies. Et en effet, nous sommes ici en plein Sahara ; il n’y a sur les flancs du Hoggar ni lacs, ni forêts, ni prairies, m cultures, et l’air était d’une sécheresse excessive. En juillet, août et septembre 1911, l'humidité moyenne a oscillé de 18 à 28 %,, la tension de vapeur de 3 millimètres à 3 millimètres 7, autrement dit la teneur en vapeur du mètre cube d’air a varié de 3 grammes à 3 grammes 7 ; l’air était donc très pauvre en vapeur ; et cependant chaque jour il tendait à se produire un massif nuageux, alors qu’en juin, en octobre, en novembre, rien de semblable ne se produisit ; qu’est-ce à dire sinon que la trop grande capacité calorique des versants d’Assekren était l’obstacle qui s’opposait à la production de ces météores au printemps et à l’automne. En plein été ces versants se surchauffent, l’air qui les frôle atteint une température plus élevée ; 11 devient plus léger, monte plus haut dans le ciel et parvient à une altitude suffisante pour engendrer des nuages.

Certes, la quantité de pluie recueillie en ces 3 mois à été minime, mais étant donné l'extrême siccité de l’air, cette tendance à la production quasi-quotidienne d’un massif nuageux nous permet de formuler sans crainte les conclusions suivantes comme une loi destinée à permettre à l’homme d’exercer son emprise sur le ciel :

SAS: pol

La pénurie des pluies a fréquemment pour cause essentielle beaucoup plus la trop grande capacité d'emmagasinement calorique des terres et des eaux que l’insuffisante humidité de l'air.

Les graphiques des planches 1 et 11 tont voir combien est décisive cette influence de la capacité d’emmagasinement des terrains, et ce, même dans la région tropicale. | |

Influence sur les pluies de la strate atmosphérique

marquant 0° centigrade

Mais, dira-t-on, ce n’est qu'aux grandes altitudes que vous nous signalez des points bénéficiant d’un régime quasi quotidien de pluies d’été. Cela est exact, la raison en est simple : la température de l’atmosphère va en décroissant avec Pal= titude. Cette décroissance varie d’un Jour à l’autre, d’un point à l’autre, il ya même parfois des inversions qui se produisent, mais cette décroissance est la situation prédominante. La strate marquant 0 degré sera d’autant pius promptement atteinte par une colonne ascensionnelle, que l'aire de surchauffe sera elle-même sur un massif montagneux plus élevé. Fait important à noter ; grâce aux poussières entraînées, même alors que l’air n’est point saturé, ces vapeurs vont:se transformer en cristaux de glace dès que par ascension, par suite du froid dû à la détente, la température est descendue à O0 degré ; l’on comprend dès lors comment il se fait que des massifs nuageux puissent se former, que des précipitations météoriques puissent se produire, même en plein Sahara au sommet du Hoggar.

Et dès maintenant il est permis d’entrevoir quelle prodigieuse transformation des contrées les plus stériles nous réaliserons en aménageant rationnellement leurs cîmes, de même que leurs plateaux et leurs plaines.

Artifice à employer pour avoir une évaporation plus considérable qu'à l'équateur même

K. — Fait à mentionner : aux salines des Sables d'Olonne il a été constaté que dans les bassins renfermant 25 centimètres d’eau l’évaporation était de 5 millimètres par jour en été, alors que tout à côté, dans les bassins de concentration duel, à lame d’eau de 30 millimètres, elle atteignait 15 millimètres et était, par suite, 3 fois plus grande (1) tout comme si le soleil eût été 3 fois plus ardent. Nous disposons donc d’un moyen efficace et d’une extrême simplicité pour accroître l’évaporation de l’eau, tout comme si nous pouvions contraindre le soleil à monter plus haut chaque Jour à midi vers le zénith. |

Un exemple de l’influence décisive des faibles épaisseurs d’eau sur l abondance des pluiés nous est donné par la côte de Tabasco au Mexique :

. Cette côte située au bord du golfe de Campêéche, par 18020 de latitude nord environ, jouit du climat le plus humide de la terre (le sel y est toujours liquide).

(1) Commission Supérieure pour l’examen du projet de mer intérieure dans le Sud de l’AIgérie et de la Tunisie, présenté par M. le Commandant Roudaire, p. 244.

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