‹ Refoulement du Sahara. Première partieChapitre 17 sur 33 · VON · texte numérisé non relu

VON

«ce moment, le eyelone cesse complètement, soit qu’il ne trouve plus dans les couches «inférieures de l’atmosphère les conditions nécessaires à son entretien, soit que le «mouvement giratoire ait ét édétruit par le frottement contre les collines. La dispa- «rition du eyelone a été si complète que, de l’autre côté des collines, on a éprouvé «seulement un peu de vent ; à quelque distance au delà, à Cachar et dans l’Assam, «les stations météorologiques n’ont plus noté qu’une baisse barométrique insigni- «fiante tandis que la pression était descendue à 715 m/m au centre du cyclone.» (1)

«Le cyclone atteignit le delta de la Megna (Gange et Brahmapoutra). Les «îles et les terres basses furent couvertes d’une couche d’eau de eimq à huit mètres «de hauteur et, grâce au ras de marée, la surface inondée s’étala sur 7.800 kilome- «tres carrés et le nombre des personnes noyées atteignit 215.000.» (2)

Ainsi qu'on le voit, cette période de calme absolu de dix jours de durée, sans qu'il se produisît la moindre perturbation locale, fut la condition même qui donna naissance à ce redoutable cyclone. Grâce à l’absence sur ce golfe de toute zone bien marquée de surchauffe, susceptible d’engendrer chaque jour des colonnes ascensionnelles qui auraient perturbé l’équilibre atmosphérique et donné des pluies modérées, après dix jours de calme la pression était encore uniformément répartie et-la température était devenue très élevée. |

Pendant cette période d’incubation, par suite de l’absence de tout vent qui aurait disséminé sur de vastes régions les vapeurs émises, celles-ci s’accumulèrent par diffusion sur le golfe. De cet échauffement de l’air, de son grand enrichissement en vapeurs, résulta un état d'équilibre instable des plus menaçants.

Cet équilibre finit par se rompre et donna lieu à des désastres effroyables.

Utilité des multiples petites dépressions pour diminuer la fréquence et la puissance des violents orages, cyclones, etc...

Il ne sera point superflu de faire observer que la création de très multiples dépressions, propres à engendrer des pluies incessantes, diminuerait la fréquence et la puissance des grandes perturbations atmosphériques : cyclones, tornados, violents orages qui causent chaque année de si énormes dégâts, à la surface du globe.

Dans nos contrées d'Europe, ces périodes de grand calme et de beau soleil sont, 11 est vrai, moins calamiteuses ; nos mers abritées, nos grands lacs, vu leur situation en latitude, bénéficient de radiations solaires moins intensés, d’une évaporation moins active ; aussi ignorons-nous les cyclones, mais non les grands orages, et en raison de Ja richesse de nos cultures les dégâts qui leur sont dus atteignent par fois des sommes énormes. Tel fut le cas pour celui du 18 juillet 1878 qui traversa la France, la Belgique et la Hollande, de Loches en Touraine à Flessingues, d'Orléans à Utrecht, dont les ravages furent évalués à 24.690.000 francs (3).

Ici encore il importerait de créer de multiples centres de dépression, au milieu des étendues d’eau, de provoquer des pluies quotidiennes en mille et mille points, de ne point laisser se créer des états d'équilibre redoutable ; il faut que l’atmosphère

(1) A. ANGOT. — Traité élémentaire de météorologie, p. 305. (2) Ip. p. 298, (3) FLAMMARION. — L’Aimosphère, p. 668.

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se déleste fréquemment de ses vapeurs pour le plus grand profit de l’agriculture et sa plus grande sécurité. L’air est doué d’une certaine inertie, d’une certaine viscosité ; en général, les vapeurs ne pénètrent point spontanément, chaque jour, aux hautes altitudes, dans la zone de condensation et ce, même par les plus grands calmes ; ce n’est qu'après plusieurs Jours d’incubation que l’équilibre se rompt ; là est le danger.

Du fait de la condensation de trop grandes masses de vapeur d’eau, un vide trop considérable se produit, il y a appel en tous sens sur de trop vastes espaces. De là résultent de nouvelles condensations, la dépression se creuse, s’accroît. Les ouragans, les tempêtes trouvent dans les régions humides les causes mêmes de leur entretien, de leur accroissement, et sont d'autant plus désastreux qu'ils ont été précédés d’une plus longue période de calme.

2° Pluies quotidiennes du jour

En réalité 1] y a toujours emmagasinement du calorique solaire dans le sol, mais pour accroître la fréquence des pluies de chaleur, pour en produire de plus précoces et de plus tardives mieux vaut réduire cet emmagasinement en recourant à des dispositifs appropriés, tels que le revêtement en pierrailles. Ainsi, grâce à sa surchauffe au contact des pierrailles, l’air pourra s'élever plus haut dans le ciel, atteindre plus souvent la phase de saturation et donner la pluie.

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