‹ Réfutation complète du Mémoire de M. de MontlosierChapitre 13 sur 36 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

D» l'aUiancç de b religîqa avee la politique. — Du fefus de£acceaue«p»

. IJjmb de* plus grave* endors de M. de Montlasier, c'est de croire que le sacerdoce tend par s? nature à s'élever an-dessus de tous, les autres pouvoirs, et que les prêtres, par, conséquent, veulent faire dominer la politique par la religion. U a confondu deux choses qu'il faut essentiellement distinguer , l'alliance -et la confusion des deux pouvoirs. La confusion ne peut exister que dans un gouvernement où la forme théocratique aurait été volontairement acceptée; maïs elle ne peut plus convenir à un peuple vieilli dans la civilisation. L'alliance de la religion et. de la politique, au contraire, peut exister dans-tous les temps, et on ne verrait jamais de nation gouvernée avec sagesse, si la religion n'entrait comme élément, dans sa constitution et ses formes administratives

Ce qui avait rendu le royaume de France le plus florissant de tpus, c'est le rapprochement intime qui existait entre la religion catholique et le trône de nos rois. Ces deux» noms, la religion et le roi, étaient tellement liés entre eux , qu'on ne pouvait jeter delà défaveur sur l'un, sans que l'autre s'en ressentit. Delà cette bienveillance réciproque, cette mutuelle protection. Les monarques, accoutumés k entendre de prjis les leçons sévères du christianisme-, connaissaient mieux leurs devoirs respectifs; et, si les prêtres, qui ne devaient avoir. quVine influence paternelle, venaient à abuser de leur autorité, le prince, qui en connaissait les limites, opposait aussitôt une barrière à leurs iûjustes prétentions.

Je n'entends pa£ dire que cette alliance 6%i trône et de Faute! soit \eUenfçnt nécessaire, que la religion nô puisse subsister sans elle. Je. sais qu'elle était dans toute sa force et dans tout Péclat de ses vertus , lorsque les rois, au lieu de la favoriser, se lignaient entre eux pour la détruire. Trois siècle? d'une cruelle persécution ne firent que la rendre* plus forte et plus invulnérable. Si nous * jetons les yeux sur les Eglises d'Irlande et, de la

Belgique, qui sont en butte aujourd'hui aux caprices d'un gouvernement intolérant, nous tes verrons pleines 4 e foi et indignées des chaînes donjon voudrai t-Ker leurs consciences. Ce n'est donc pas l'Eglise qui # besoin de l'Etat , quoiqu'elle voie avec gratitude qu'on la seconde dans ses projets de faire le bien ; mais c'est l'Etat qui a besoin de s'appuyer sur elle ^ sous peine de travailler à sa propre destruction.

Un écrivain qui fait- preuve de bon sens et de talens, quoique son orthodoxie paraisse suspecte à plusieurs, a confessé ce besoin «de l'Etat. « Je « sais bien, dit-il, que les gouvernemens ont un .« grand intérêt à s'allier à ht religion , pareeque, oc rendant les homibes meilleurs, elle concourt ce puissamment à l'ordre y à la paix , et au bonheur « des sociétés » (i)< Si les gouvernemens ne sout établis que pour maintenir V ordre et Upaix parmi les citoyens , et si la religion a infiniment plus de moyens qu'eux pour réaliser cet çrdre et cette paix, ne fauti-il pas conclure que le plus grand crime d'un Elat serait de répudier, comme une

( i ) Discours de M *Royer-Collard sur k lot du sacrilège^

étrangère, telle qui seule {tout rendre les hommes meilleurs.

J'espère que les déclamations de M. de Montk>sier viendront expirer contre ces principes d'une, immuable vérité, et que Ton ne l'entendra plus épiloguer sur le gladium gladio copule/nus qui loi a fotirqi le texte de mille invectives contre Bossuet , MM. Pévêque d'Hermopolis et l'archevêque de Paris. Il est évident que Bossuet, dans son immortel discours suf V unité de l'Ëglise , n'a entendu, par l'alliance des deux glaives, qu'un? appui de bienveillance, et ce qui le prouve, c# sont les paroles que ce grand évêque emprunte à un empereur, et que M* de Montlosier a voulu* ne pas comprendre. Cet empereur ne disait pas, comme il l'insinue : « Je Veux vous seconder et « servirait notre puissance, pôut que vous pub* «siez exécuter ee que votre autorité vous dece mande» (Pag. i5a). L'Eglise n'aurait,»» que faire de ce bras de chair. Suspendue entre le ciel et la terrç, elle n'a besoin que d'une main, puissante, mais invisible, pour conserver son immortalité. Les paroles He l'empereur sont don&cellés* ci : Familiarité ut decetpùtesiate no&trâ :JevùU9

(7«) seconderai autant qu^ilme^con viendra de U faire: Vtdecet. Ce<|ni est extrêmement sage, ptfisqua le respect dû à la puissance spirituelle est concilié avec lé respect que celle-ci doit à la temporelle.

M. Frayssinous a donc pu dire, sans compromettre les* principes gallicans, que aie discours «t de Bossuet a d'autant plus d'autorité que l'as- <r sembléegénérate devén t*iaque|Le il Au prononcé, c Ta comme sanctionné, en- l'appelant pieux, «savant, éloquent, dans sa lettre aux. évêques « de France pour] leur donner connaissance de <i ses opérations fc (ftsg» a 53). Il repferaté, eu ' effet, les vrais principes de l'Eglise catholique,, dont le inversement a eu, d£ »os (jours, des faites si déplorables. La noble franchise avec laquelle Bossuet les* a proclamés en &eedû son-r verain le plus jaloux des droits &t»g*$ie* de. la royauté, fait l'éloge et de sa modération et de sdn inébranlable fermeté.

D'après cet exposé fidèle dès principes reçus par tous les hommes modérés de toutes lès opinions , il s'ensuit que les deux pouyoîra ne doivent jamais ' établir Çntre eux dtos'.rrtàlités qhi pnifcséàtrofttpre

( 79 ) la bonne intelligence. L'fiu* a des lois, 'l'EgKsi doit le* respecter et dototftt- la première Pe*èrnp1e déjà soumission . Maite fEglifcè à a'ùssi sa constitution dont «eBô est seule frige. Si pour prouver son obéi$**ri<Je itaix Idis civiles , elle verserait volontiers son sang , TBtat , : de sofa coté , dfoit une soumission pleine et entière à ses préceptes divins. Aidsi d&hs4'adtàittUtrëi'(ion des s^crëmens, dans l'affaire des sépultures dont M. de Montlosier fait grand bruit (Pag. 285), il ne petit pas obliger un prêtre de cette "Eglise à exercer un acte de son ministère, quand celui-ci ne jugera pas à. propos de l'exercer. Le prêtre ne doit compte de se* actions qu'uu tribunal spirituel (Il est clair, qi\ej* ne parle ici que des actes qui résultent de l'exercice du ministère sacerdotal). Vouloir fe, contraindre a un apte ^ui lui r^pujjij^OjJ!fluiJui &l\fin terdit par son qhef $.rect , ;cWe*J£<y k/Sa^ttiftw de ses deyisirs, c'çst se rendre, par conséquent, coupable d'injustice et de tyrannie. On craint d'alarmer les familles ; mais ne doit-on pas craindre aussi d'alarmer la conscience d'un .prêtre? Y a-* t-il quelque chose de plus inviolable que le sanç*

traire de la conscience? Et si on ne le respect* pas , que respectera-t-on sur la terre?

Pour ce qui regarde le refus . de communion , c'est un cas différent, a Sous i'aneien régime-, dit ce M. de Montlosier, avec nos lois et kjurispru- « dence établie, un curé qui -se serait permis de « refuser la communion a la sainte table eût été « poursuivi juridiquement. Aujoucd'kuiies cours « sont muettes, le gouvernement tolère les abus « ou les protège; les journaux qui sont à sa dis- « position les préconisent» (Pag. s85). L'acte auquel M. de Moniïosier fait ici allusion, a été démenti dans les journaux par le prêtre même sur qui pesait ce scandale. S'il se fût rendu coupable à ce point, l'Eglise qui a prévu ce cas et qui a imposé à ses ministres l'obligation d'éviter un grand Scandale, n'aurait pas attendu que l'autorité sévît contre lui. Elle eût lancé contre lui un anathème qui l'aurait fait repentir de sa faute.

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