‹ Réfutation complète du Mémoire de M. de MontlosierChapitre 21 sur 36 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Des Congrégations. — Si elles existent , et si Ton peut et l'on doit les proscrire , comme le souhaite M. de Montlosier.

Il ne suffit pas à M. de Montlosier d'appeler contre les jésuites toute la sévérité des anciennes lois , il veut encore que cette rigueur soit exercée à Tégard de quelques réunions d'hommes que Ton est convenu d'appeler congrégations. Il avait déjà dit « qu'il y a en France des ultramontains qui « ne sont pas jésuites, et des jésuites qui ne sont ce pas ultramontains; d'un autre coté, qu'un « grand nombre de prêtres ne sont ni ultram once tains, ni jésuites. ^Cela ne les empêchera pas , « si on les laisse faire , de s'emparer de la socié- « té» (Pag. 76). Ainsi, quand un bon arrêt chasserait les jésuites, M. de Montlosier de serait pas content; quand un autre arrêt chasserait les ultramontains, ce ne. serait pas assez j quand un troisième arrêt chasserait ceux qui ne sont ni

( i5 9 ) uUramontaifis, ni j&uite;, c'est-à-dire, les prêtre*, s*i satUfâctîon ne serait pas encore complète; il faudrait encore que le glaive de Ja loi aevtt contre certains individus qui ne sont ni prêtre, m ultramontaius , ni jésuites , iqais simplement hommes du monde. C'est ainsi qu'après avoir revêtu successivement le rôle de Tartufe, ou, si l'on veut mieux, de louveteau ( puisqu'en cent endroits de son ouvmge , il a caressé le clergé qu'il devait etoufier ensuite), de délateur et de calomniateur, il $e charge maintenant du rôle de fanatique dans toute l'acception du mot. « It « a vu, dit-il , une vaste conspiration contre la ce religiob, contre le roi, contre la société » ( Pag. i ). ce Une trame qui présente une pers- <( peçtive funeste, aujourd'hui comme en 1 789, et <c qui tient des voies détournées et prohibées par « les lois » ( Pag 298. }, Et, au lieu del'âttaqner, puisqu'il la croit existante, par tous les moyens que lui fournissait la liberté de la presse, il s'excuse sur les prétendues entraxes que Von oppose à cette liberté (Pag. 10) , et spr ce que « les paec rôles ressemblent aux feuilles de l'automne qui « divaguent un moment dans les airs, pour re-

(( tomber ensuite mortes sur la teïre» (Pag. 507}. Il veut donc tirer une vengeance éclatante des délita qu'il dénonce; et comme ce nouveau crime dte lèse-majesté est commun à tous las prêtres , è. tous les. jésuites, à tous les ultramontains, à tous les congréganistes, il adresse ses dénonciations, non à une seule cour royale en particulier, mais à toutes les cours du royaume & la fois. (Pag. 5i4) ; c'est agir en bonnes formes, c'est ne rien oublier .de ce qui peut faire gagner une cause* Mais d'où vient que s, semblable au noble, et célèbre pèlerin traversant les déserts de la Laconie , qui se mit tdut-à-coup à crier : Léonidas! et à qui Leonidàs , enseveli depuis des siècles dans la poussière avec les lois et les libertés de son pays , ne répondit pas; d'où vient, dis -je, que vous, M. le Comte, autre pèlerin dans la vie , qui , dans votre désert* appelez les vieilles lois de votre patrie, ces lois ne vous répondent pas davantage? D'où. vient qu'après avoir indiqué où elles sont, personne ne yetit les appliquer aux crimes que, vous dénoncez? îje pourrai- je pps interpréter ce silence en ma faveur, .et proclamer que vos accusations n'ont porté que sur des fantômes? Qui*

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£9 V?in *®yft4pp$l*K w*ne secours les ari^iê du parlement, de 3760 et de 1765, contre Jes congrégations 5 en vain vous citçz les édits et ordonnances qui ont prescrit renseignement des quatre articles; ceux qui concernent les refus de sépultures, de mariages et des sacremens, nous gens de ce siècle, nous ne vous entendons pas* Les lois dont vous nous parlez ne sont pas celles qui nous régissent. Nous vivons sous un gouvernement plus éclairé et plus tolérant qu'autrefois. 11 ne s'immisce pas dans des affaires qui ne sontpas les siennes; et tout en ne permettant pas au clergé de troubler son administration civile il lui laisse administrer tranquillement son propre héritage. Nos ministres et nos magistrats savent très bien que la charte, en établissant la liberté des cultes, a par-là même anéanti toutes lès restrictions apportées par la puissance temporelle à l'exercice de la puissance spirituelle, et que l'autorité n'a qu'un simple droit de police sur les

institutions qui sont le résultat de la Croyance catholique. Pourquoi donc leur proposez-vous de faire ce que les* lois fondamentales du royaume leur défendent d'exécuter? Croyez-vous qu'ils aillent s'établir les instrumens de votre complai-

sance?

( i63) CHAPITRE XXI.

Suite des congrégations. — Leur utilité.

II. est temps enfin qne nous sachions à quoi nous en tenir sur la congrégation que M. de Montlosier nous dit être l'auxiliaire de la puissance ecclésiastique, et qui, par conséquent , conspire avec elle contre la religion , le trône et la société. Mieux que personne il doit la connaître, puisqu'elle fait partie de cette vaste conspiration « qu'il a a aperçue à son origine, qu'il a suivie dans ses « progrès, et qu'il voit au moment de nous cou- <c vrir de ruines » (Pag. i ). Détrompez-vous, lecteurs, il ne la connaît pas plus que vous. U avoue , quelques pages plus bas , <t que cette « congrégation lui paraît aussi confuse dans sa v composition que dans son objet , dans son « objet que dans son origine ». Confuse dans son origine! elle ne sait donc pas qui lui a donné naissance; comme Melchisédech , qui ne connaissait pas ses paréos, elle ne connaît donc pas se*

.(164)' fondateursfll est singulier que le» hommes qui £* composent se soient trouves réunis sans savoir ni pourquoi, ni comment. Confuse dans sa composition ! c'est donc une multitude d'homme* qui se rénnissent sans se connaître î En ce cas , le lien qui les unit ne doit pas être bier> fort. Confuse dans son objet! ils ne savent donc pas ce qu'ils veulent ! S'ils ne le savent pas eux-mêmes, pourquoi vouloir deviner leur pensée? Pourquoi mal interpréter leurs intentitms? Que deviennent les prétendus complots, si les eongréganistes ignorent eux-mêmes ce qu'Us défirent? C'est donc cette congrégation , trtflfose dans son origine, dans sa composition, daosso» pbjet, qui fait peur à M. le Comte l En vérité je n'auraispas cru que de» chimères pussent Peffrayer. Il ajoute, a qu'il lui est aussi difficile de dire ave* ce précision ce qu'elle est, que de montrer au « temps passé , comment elle s'est soceessiye- « mei>t étendue , organisée ». Pourqnoi ^k>hc entreprendre d'en parier, si vous ne pouvefc^ire ce qu'elle est? N'est-ce pas une birarrerie de vonloir nous entretenir d'une chose que vous ignore* ? Ne redoutes-vous pas de tomber dans d*s bévues

( i65 ) grossière*? Vous ne pouvez dire ce qu'elle est, cependant vous la croyez si formidable que vous* Rappelez ailleurs « une puissance mystérieuse « qui plane sur nos lois pour les faire taire; sur <c nos magistrats, pour les paralyser » (Pag. g). Ici, l'imposture est visible* Quoi, c'est lorsque toutes les bouches s'entretiennent encore de la victoire remportée , dit-on , sur les jésuites et l'ulteamontaniçme , que vous osez prononcer ces ^tonnaptes paroles ! Cest quinze jours après que l'auteur d'une lettre singulière a été mis en captivité, que vous vous plaignez du silence des lois, du repos des magistrats! Qui voudra vous croire désormais, si vous démentez ainsi ce que l'opinion publique vous atteste.

Mais puisque vous ne connaissez pas ce que vont voulez déuonoer, je vaia vous l'apprendre. La congrégation consiste tout simplement dans une. réunion d'hommes, qui s'assemblent deux fois permets dans une chapelle de la rue du Bac, pour, y entendre -une lecture spirituelle, assister à «ne roeste et écouter une instruction dont le sujet» a ce qu'on m'a assuré, est toujours l'explication de l'évangile du jour. Croiriez-vous , par

( 166 ) hasard, que l'évangile pût fournir des textes capables de porter à l'anarchie ? Sans la comparer à la ligue, comme vous le faites (Pag. a5) , elle a son chef et un règlement qu'elle a promis d'observer. Est-ce là le mal; mais il réside aussi dans toutes les autres sociétés religieuses ou littéraires. Vous trouverez un règlement et un chef pour le faire exécuter , dans les académies , dans les théâtres, en un mot partout où Ton veut que Tordre, règne et que l'anarchie ne s'introduise pas. La ligue n'avait donc que faire ici. Il fallait avoir la rage des comparaisons .pour l'y introduire à propos d'un chef et d'un règlement

<c Je ne puis dire si les engagemens des congré- « ganistes sont des vœux ou de simples pronies- « ses » ( Pag. a5 ). Pourquoi toutes ces locutions, je ne puis dire, fai lieu de croire , je ne puis rien affirmer de positif { Pag. 20 et autres) ? Ne seraitil pas plus court d'avouer franchement que vous , ne savez rien? Moi qui ai consulté plusieurs congréganistes de ma connaissance, je puis vous dire que l'on n'y fait point de* vœux, et que s'ils font une promesse, c'est celle de vivre en parfaits chrétiens : ce qui renferme implicitement l'obligation

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( 167 ) de pardonner à ceux qui nous calomnient. Né redoutez donc pas leur fureur.

a Vous avouez que dans son principe elle a été bienfaisante» (Pag. 10a), ce n'est donc pa^une chose mauvaise que de la conserver, ce Sa permanence vous inquiète » ; mais rien de mieux que de laisser subsister un principe bienfaisant. Les impies avec leurs livres irréligieux et obscènes éternisent bien le scandale, pourqupi ne pas éterniser de même un bienfait?

Quoique vous ne puissiez dire précisément ce qu'elle est, vous vous permettes cependant de la juger anarebiquè dans sa composition. « Ses parce ties, dites-vous, n'étant pas encore bien agence cées, toutes ses connexions ne sont pas encore a bien établies. Elles se composent du parti jésui-

oc tique dont le centre est à Rome , à l'école de la . ce Sapience. Après le parti jésuitique , un autre . ce appui • ardent de la congrégation est le parti .ce ultramontain. A côté de celui-ci se tient un

ce troisième parti y dont les nuances rapprochées • ce à quelques égards, ne sont pas tout-à-fait les

ee mêmes. C'est ce qu'on peut appeler le parti

<c prêtre » (Pag. 35). Elle n'est donc plus con-

fufe dan* sa composition* cette congrégati&fei qui a ses trois partis distincts et qui Compte plusieurs nuances. Mai» si elle présente tm tel aspect que les opinions de seé Membres ae sttieâtpft* les mêmes* rassurer V6ù&* !*Etat fce tnarebeta plu» à pleine voilé vert les âbtrrtês. Là diviskm dans k» àvk est déjà tifc principe de de$lft*(ttitm qui ne peut itt&aqtter de se développer, et Celui qui tiotrs a àpptfs totale vérité n ? a pa* pÉ-ôttottCé tm oracle menteur, quand il & dit tt fc|û'un rôyailftiè « déchiré pat le* divisfottfc , ttôtiVérô dans elles « sa Hiitie » (i)>

C'eèt en i8ôÔ que repafuk-eht éhei ttûtiS les ^ongr^gatioii*'» e'il faut ett croire M. de Mont- Jô&ief- , et qu'elle*, infebtèhiht quelques villes dé i?Và&ee (ebttgrégiation fct ittféettan , quel ftpproçhemetit !). Voyotts ce qu'elles y firent. Le prettitérede toutes commença par sMlifer ctvêà iapëtite Egiise pour se fortifier > e'est-à-ditequ'ehe congrégation éminemment ukramontairre reçut dans son *eia ie$ hommes les plu* opposés aa pouvoir abso-> lu des souverains pontifes, A qui M. de Montlosier

(1) \Qmne regnum in seip&um divisum despiabit^r,, (Saint Luc, chap. xi)..

vem-il faire accroire cette étrange inconséquence?

« Secondée par Jes évèneraens dor la première * tf restauration , la congrégation- prit nn grand ce essor. Le 20 mars ne l'affaiblit pas; an oonic traire il en anima le zèle; il luidoi-na surtout <c une couleur politique. Cest alors que se forte tnèrfcm, soit avec tous les mbuvemens du te midi, soit avec toutes les Vendées partielles (( qui s'élevèrent, des liaisons qui ont subsisté <c depuis» (Pag. s5 ). Voilà donc la congrégation qui travaille pour la légitimité ! Cette fois* ci *He n*est pas conspiratrice

ce Depuis l'ordonoance du 5 septembre, U « gouvernement entraîné clans une direction <c aiiti-royalistc, s'approchait de plus en plus de « la révolution. Dans cette extrémité , oh lés plus « grands efforts étaient devenus nécessaires , on ce s'appela de tous côtés $ on s'excita , on se ce réunit » (Pag. 26 ). Encore uh service rendu h la monarchie ! En vérité on ne peut pas tenir à la vue d'un si grand mal ! Cette congrégation qui, selon vous j a déjà sauvé deux fois le trône de saint Louis, était donc attachée à son roi, et par conséquent aux institutions qu'il a données à son

(■*7<>) peuple; d'où Vient dohc, M. le Comle, que vous l'accusez aujourd'hui « d'être peu amie de la ce constitution actuelle des choses» (Pag. no). Qu'en savez-vous? Où sont les preuves de votre assertion? Vous êtes d'autant plus coupable de l'accuser ainsi, que vous dites un peu plus bas qu'elle compte dans son sein io5, 120 ou i3o membres de la chambre des députés. Les amis de l'ancien régime pourraient donc compter sur i5o députés prévaricateurs, qui méditent des changemens à la constitution qu'ils ont juré de maintenir, et qui prennent chaque Jour des forces pour l'effectuer. Mais il en sera peut-être de ce nombre de députés congréganistes, comme du maréchal de France qui vous a fait donner une bonne leçon dans le Moniteur. Du reste, si ces députés professent la religion' catholique, je ne vois pas qu'on puisse les empêcher de chobir entre' une société chrétienne pour s'y distraire de leurs graves occupations, et une société bruyante, ou .une séance à l'opéra.

Il est étonnant qu'avec toute sa sagacité, M. de MonUosier n'ait pas trouvé de congréganistes dans la chambre des pairs. Ne pouvant la blâmer

( 17* ) de ce côté-là, il s'est contenté de dire en la sommant a qu'elle était assez singulièrement « composée » ( Pag. 107 ). Jusqu'après la lecture de ce singulier passage du Mémoire à consulter, j'avais cru M. de Montloster honoré de la pairie. J'ouvris aussitôt l'Àlmanach de la cour pour m'en assurer : quelle fut ma surprise quand je ne vis pas son nom inscrit sur le catalogue de nos seigneuries !

ce En marne temps que je trace ces lignes , on ce m'assure que la congrégation n'existe plus » (Pag. 11 5). Pourquoi donc n'avez-vous pas déchiré deux chapitres de votre ouvrage? A quoi vous servira de les livrer au public?... Mais voilà qu'un nouveau courrier lui apporte d'autres nouvelles. <c J'apprends en .ce moment, par un recen- « sèment nouvellement fait, que la congrégation ce renferme quarante-huit mille individus! ! !. » Tremblez, habitans de la terre, vous surtout, nation française ! Quarante mille individus sont les auxiliaires des ennemis du trône, de h religion et de vous-mêmes ! Comment pourrez-vous résister à ce torrent de conspirateurs quand le temps sera venu de se. déborder , et de se répandre dans la

( i 7 * ) société pour en renouveler la constitution ? Qu'on . se rassure cependant, on m'a dit qu'il en fallait un . peu rabattre. Qoel en est donc le véritable nombpe? Trente, vingt, dix mille? Moins encore. Si< cents? Retranchez-en encore la moitié, et YQU?<enre3 à peu près le nombre juste.

Eh bien » lecteun* , vous savez maintenant comment. apprécier le langage de M. de Montlesier. Quelle incohérence dans les idées ! quelle contradiction dans les témoignages ! quelle bizarrerie dans les réflexions ! Un tel homme pourrait-il en. imposer désormais? Ses chapitres seuls sur les congrégations n'offrent*!* pe* un assemblage hideux d'absurdités, une «ontexture bizarre de mensonges au milieu de quelques vérités. Et pourquoi tant s'éleveiscontre des assemblées chrétien nés, ailles membres contractent devant les autels nne seconde obligation , d'être soumis aux princes et aux magistrats ,+et défaire toute sorte de bonnes tfsuvree , comme vous le dites voasinéme { Pag. i3 ) ?. Quel mal peuvent foire des hommes ainsi disposés à remplir leur devoir? On pourrait raisonnablement avoir quelque crainte , si on les avait vus figurer à Grenoble , à Lyon, à

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( »7« ) Sauraur, à fiéfort, à Parts. Mais leur fidélité na jamais été altérée. M. de Momlosier a même avoué qu'ils avaient sauvé dfcint fois la monarchie, que des royalistes semi-libéraux avaient mise en péril.

Avouons donc que lés congrégations ne sont pas si à redouter, poîsque nous savons que tontes les invectives de ses ennemis portent a faux. Qu'il serait k désirer qu'elles se propageassent davantage , pour entretenir le peu de '.foi qw anime encore les chrétiens, po«r établir tin rempart ooatnles mauvaises mœurs dont la contagion est sifijoeatp. Un historien célèbre 3 dit, que les jésuites étaient bien propres à diriger -cé$ congrès galons: mais il n'en faut pas conclure qtoe les autres prêtres ftoientnxokisapcesa.ee ministère. Ncaps itérons ici tes paroles de ce savant prélat. .« Partout où les jésuites pouvaient se faire etitendta, ils maintenaient Jtoutee ici classes de h société dans un esprit d'ordre/ de sagesse et de conservation. Appelés dès leur origine à l'éducalion'des principales familles de l'Etat , ils étendaient leurs soins jusque sur les classesîtrfifrieures; ils les entretenaient dans l'heureuse habitude des

f.i 7 4) vertus religieuses et morales. Tel était surtout l'utile objet de ces nombreuses congrégations f qu'ils avaient créées dans toutes les villes ^et qu'ils avaient eu l'habileté de lier à toutes les professions et à toutes les instructions sociales. Des exercices de piété simples et faciles, des instructions familières appropriées à chaque condition, et qui' n'apportaient aucun préjudice aux travaux et aux devoirs de la société , servaient à maintenir dans tous les états cette régularité de mœurs, cet esprit d'ordre et de subordination , cette sage économie, qui conservent la paix et l'harmonie des familles a et assurent la prospérité des empires >} (i)*

En effet, on se ressouvient encore dans les principales villes de commerce, que jamais il n'y eut plus d'ordre et de tranquillité , plus de probité dans les transactions, moins de faillites et moins de dépravation qu'à l'époque où elles possédaient des congrégations. Ce fait a frappé sans doute lesprotestans, puisqu'ils ont établi des associa-

0) Vie de Fénélon / par le cardinal de Beausset , tom. J, pag. 17. .

( l 7 5 ) tions à l'instar des nôtres et qu'ils prétendent eu recueillir d'heureux fruits. On lisait, il y a peu de temps, dans un de leurs journaux, « qu'il existe à Montauban plusieurs institutions charitables, et en particulier une association de secours mutuels, mais qu'on ne s'occupait pas assez sérieusement d'organiser une association de femmes, chose cependant si utile (1). » Que ceux qui réservent toujours leurs louanges pour les' membres de la religion réformée, comprennent combien nos frères égarés comptent sur les congrégations pour l'amélioration des mœurs.

(i) 44° bulletin de la Société biblique protestante de de Paris, page i4a du yolume.

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