CHAPITRE XXII
De Vwociation dit* de. Stiat~$Meph et da Grand- Commun de VemiU**.— Erreurs et.mtfUftUe S» de 1 M. deMoatlosifiri <* siyçtt
On a dit 4* pîusiewe philosophe tnipd«ri*e* et paniadièremaqt de Diderot «t.deContterçeU qa* leor incrédulité était tellement une Affaira da calcul, et non le résultat d'une ooaviotion v«nitabler comme d'autres écrivains l'ont attesté, qu'ils ne voulaient pas entendre discuter, chez, eux 9 en matière de religion , si le blaspbèr«e^»'éteitpa$ d* h partie;. et on a ajouté, que le^eul nom de Dieu prononcé par Une bouche religieuse , faisait entrer dans d'effrayantes convulsions cesdenx professeurs d'athéisme.
Il serait ici inconvenant d'établir un parallèle entre ces deux oorrupteurs des peuples, «et M. de Montloçier qni paraît avoir de§ convictions religieuses, quoiqu'un peu singulières, et qui' se déclare autant que nous, l'ennemi -d'une philo-
( 177 ) sophie qui n'a d'autre base que le sophisme et d'autre résultat que le néant. Mais ne pourraiton pas soutenir d'après les mille et un témoignages consignés dans son mémoire , que les noms deprétre et de religion catholique, lui sont devenus tellement odieux , qu'il ne peut en parler sans leur attribuer tout le mal qui se fait dans la société, sans les désigner comme des monstres d'une nouvelle espèce, dont il faut soigneusement éviter la rencontre : s'il n'en était pas ainsi ,1e verrait- ou déclamer contre une institution qui ne présente rien que de philantropique dans son but, rien que de salutaire dans ses effets ?
On sait combien est nombreuse à Paris, la classe des ouvriers , et combien la société entière est intéressée à ce que l'ordre règne parmi eux. Où en serions-nous , si cet esprit de vertige et d'in* dépendance qui couve dans bien des cœurs, se faisait jour à travers cette multitude d'imaginations vives et impétueuses , comme en ont ordinairement les membres de la classe ouvrière ? Quels tristes effet* produirait celte agitation parmi eux? Et s'il est vrai, que l'amour de l'ordre soit tfne Terlu que l'on n'acquière que par des habitudes
( i?8) morales ; et que l'on ne puisse contracter ces habitudes , qu'en les liant à des principes religieux dont on a déjà l'esprit pénétré, il est clair que l'on doit, avant toutes choses, jeter des semences de vertus dans ces cœurs que se disputent les passions, si l'on ne veut pas en recueillir des fruits de désordre et d'immoralité. C'est 4onc une heureuse idée de rassembler un grand nombre d'ouvriers de tous les états, pour les préserver delà corruption générale qui cherche à les atteindre pendant leur séjour dans la capitale, Se déchaîner contre cette mesure, c'est déclarer que l'on a des vues étroites en politique et en religion , mais; comme nous n'oserions avancer cela de M. de Montlosier pareequ'il est, dit-on , très chatouilleux sur ce chapitre , et qu'il croit ses théories politiques plus capables de réédifier l'édifice social, renversé par. la hache révolutionnaire, que toutes les théories modernes ; nous nous contenterons d'expliquer son mépris de Y association de Saint-Joseph par la haine qu'il a jurée aux prêtres. Ecoutons notre censeur : ce Au moyen d'une associe dation , dite de Saint- Joseph, tous les ouvriers a sont aujourd'hui enrégimentés et disciplinés}
C >79 ) « il y a dans chaque quartier une espèce de rentece nier , qui est un bourgeois considéré dans Parce rondissement. Le général en chef est l'abbé L... <( jésuite secret » ( Pag. 5i ). Je vous demanderai d'abord, M. le Comte, si vous avez des preuves
persuasives que M. L'abbé L est un jésuite
secret. "Votre témoignage tout seul n'en est pas une, nous avons, déjà remarqué le cas que Ton doit en faire. Cependant , si vous n'en avez pas à nous administrer, vous me mettez dans le cas de brûler ici les règles de l'urbanité française, et de vous dire franchement ce que je pense de votre conduite. «Ten'en ferai rien néanmoins, quoique je sache positivement que M. L.... que vous stigmatisez d'un nom odieux à vos yeux, n'a aucun rapport avec les jésuites. L'emploi qu'il fait delà, fortune dont le ciel l'a favorisé, tout en mettant à jour son désintéressement, fait connaître pat>là qu'il n'a pas un cœur de tartufe et que c'est une imposture de dire qu'il est jésuite secret.
Quand vous dites que les ouvriers sont enrégimentés, entendez-vous que leurs noms sont inscrits dans un registre, comme dans toutes les sociétés littéraires , on a coutume de conserver le
(i8o) nom de tous les jnembres? Maïs je ne vois pas de crime dans cet acte? Blâmez-vous qu'il soient plies à une discipline, pour que la confusion ne règne pas dans ces réunions d'ouvriers 9 qui n'ont pas reçu très souvent une éducation bien soignée ? Hais cette censure n'est pas raisonnable. Vous ne rencontrerez aucune société, même profane, qui n'ait son petit règlement et qui ne tienne à cœur de l'accomplir. Si c'est l'existence même de l'association que vous censurez, si vous la croyez dangereuse parceque vous la voyez dirigée par un prêtre, alors expliquez-vous mieux; montrez-nous tout le fond de votre pensée; dites- nous clairement que tout le bien qui se fait par un prêtre vous révolte. Nos oreilles accoutumées à enten- . dre vos sarcasmes , n'en seront pas effrayées davantage , et nous aurons le courage de vous entendre jusqu'au bout.
Mais avec le bon sens que vous avez , If. le Comte, vous n'auriez pas lancé vos épigrammes sur cette association , si, auparavant, vous aviez Jeté les yeux sur l'état moral d'une partie de la société actuelle. Votre âme religieuse et sensible eût été révoltée de la corruption profonde où gît
( i.«x ) une partie nombreuse de la population de Paris. En voyant l'impiété affichée dans ses carrefours , et l'indifférence religieuse se montrer jusque dans les asiles de l'indigence, vous eussiez souhaité vous-même qu'un nouvel Ezéchiel vînt souffler sur ces ossemens aridçs pour les ranimer. Comment pourriez-vous voir sans effroi des hommes qui n'ont presque plus d'humanité que le visage, et qui ne tiennent à la civilisation que par les habitudes du besoin? Il est pénible, sans doute, de parler avec une apparence de dédain d'une classe d'hommes essentiellement utile à la société, et qui sont nos égaux tant devant le tribunal de Diep, que devant ceux des hommes. Mais n'est-il pas vrai qu'ils sont la proie d'un libertinage effréné , et qu'ils ne connaissent de doctrines religieuses que ce qu'il est nécessaire de savoir pour blasphémer le nom de Dieu , pour se moquer des cérémonies delà religion, et vomir les sarcasmes les plus grossiers sur les prêtres.
Quant aux ouvriers que M. l'abbé L... est parvenu à réunir chaque semaine , et auxquels il prodigue avec les moyens spirituels , les moyens de pourvoir à leur entretien temporel, aimeriez-vous
mieux qu'à l'heure marquée pour leur réunion, ils se trouvassent à une barrière, et fussent les acteurs d'un spectacle qui déshonore rhumanité, celui d'une compagnie à faces humaines se noyant dans le vin, pour aller de là s'abandonner à des passions plus infâmes encore? Ou bien voudriezvous que, moins grossiers mais plus suffisans, ils quittassent les cabarets pour les cafés, et qu'un journal à la main ils discourussent sur les principes de liberté et d'égalité ?. . Si ce sont là vos opinions, je les abandonne au jugement des hommes sensés.
Voyons si ce que vous dites de Versailles est plus raisonnable : ce Sous les auspices d'un grand ce personnage, il vient de se faire livrer le Grandce Commun de Versailles (M. de Montlosier veut «encore parler ici de M. l'abbé L...). Là il se « propose de réunir, comme dans un quartierce général, huit à dix mille ouvriers des déparcc temetis. D'énormes dépenses ont déjà été faites « pour meure ce bâtiment en état de loger les ce enrégimentés. Après avoir peint en blanc-rosé a l'intérieur comme l'extérieur de ce vaste édifice, ce on en refait à neuf la toiture, un million suffira
( i83 ) « à peine pour tout ce qu'on consent à faire au « gré de M. l'abbé L... » (Pag. 5a ). Autant de mots dans ce passage, autaut de mensonges impudemment présentés comme vérité. Ce n'est point un quartier-général d'ouvriers qu'on veut eh faire, mais une maison tout à la fois de morale et d'industrie. On y réunit de jeunes en fans que la misère chasse, pour ainsi dire, du toit paternel, et que l'on recueille au Grand-Commun pour- leur apprendre un métier, qui leur procurera dans le monde des moyens d'existence. Le Grand-Commun n'a pas été livré indéfiniment , mais jusqu'au temps où le gouvernement jugera à propos de le reprendre pour un autre usage. Un million n'a pas été dépensé par le gouvernement, comme vpus l'affirmez, mais pour la modique somme de vingt-six mille fr., cet immense bâtiment, qui menaçait ruine, et pour la réparation duquel les architectes du roi avaient cru un million nécessaire, a été remis à neuf par les soins et les ingénieux artifices de M. l'abbé L... Qu'il soit blanc-rosé ou d'une couleur amarante, qu'importe au gouvernement, pourvu que la ré-
( i84) paration ait été faite à peu de frais, et pour un but éminemment philantropique.
Je voudrais bien vous demander des renseignement plus positifs sur ces marchands de vin , bons enfans, ce qui sont désignés pour donner « leurs boissons à meilleur marché » ( Pag. 5a ). Mais je crains de vous trouver encore en défaut; et il est si pénible d'avouer , qu'on n'a aucune preuve de ce qu'on a avancé comme vrai, que je veux vous éviter cette nouvelle confusion. Il eût été curieux, cependant, d'apprendre d'un homme aussi grave que vous devez l'être, les formules bachiques et religieuses des chalans de tavernes, car vous nous dites « que tout en s'enivrant, on a « des formules faites, de bons propos à tenir, ou « des prières à réciter » ( Pag. 5a ).
Je ne vous chicanerai donc plus que sur les domestiques que vous dites approuvés par la congrégation. Il est ridicule de dire que la congrégation ait /jamais pensé de se métamorphoser en bureau de placement, et je puis assurer qu'il n'est jamais entré dans sa pensée de se mêler de pareilles matières; mais je suppose, et qu'on ne prenne pas ceci comme un fait arrivé, mais comme
(186)une simple hypothèse, je suppose donc qu'il fût entré dans l'esprit de quelques individus de la congrégation, d'aviser aux moyens de faire placer chez des familles honnêtes une partie de cette multitude de jeunes personnes qui afljuent des provinces , serait-ce encore un crime irrémissible? La conduite de ces individus congréganistes serait-elle plus condamnable que celle de plusieurs teneurs de boréaux de placemens que l'on désigpe dans le puhlie comme les sangsues des gens sans place? Auraient-ils mal mérité de la religion et de h morale publique^ quand ils auraient arraché des personnes vertueuses à l'avidité de ces ce* libataires oisifs, qui semblent ne tenir à la vie que pour tendre des pièges à l'iuqocence?Ne serait-il pas à souhaiter, au contraire, qu'au lieu d'une supposition, ce que je dis ici fut une réalité? Les hôpitaux de la capitale seraient moins encombrés de-ces victimes des passions , qu'un infâme séducteur a entraînées par une première chute, dans ce dernier état d'avilissement. , «
(i8ft) CHAPITRE XXIII.
Résumé des plaintes de M. de Montloster. — Dangers qui peuvent résulter d'un autre genre de conspiration que celle qu'il a dénoncée»
C'est le sacerdoce institué par Jésus-Christ , qui a fondé la religion chrétienne, c'est lui seul qui peut la conserver encore. Quand des sophistes et M. de Montlosier en particulier, veulent persuader que la religion n'est pas le sacerdoce y nous en sommes convaincus comme eux , mais nous disons de plus que le sacerdoce est une partie essentielle de la religion. Celle-ci n'a point péri , lorsqu'elle était veuve denses pontifes , parcequè celte viduité n'a p^s duré. Le sacerdoce a reparu après une courte persécution ^ autrement c'eût, été fait de l'Eglise parmi nous. La France aurait ressemblé à ces contrées jadissi florissantes, où règne aujourd'hui une ignoble barbarie. Les chaires qui avaient retenti. des sublimes accens desBossuet, des Massillon et des Bridaine eus-
( i8 7 ) sent été muettes pour toujours, et auraient eu le même sort que ces chaires fameuses où les Cryso§iôme et les Cyprien avaient fait briller tant d'éloquence, tant de génie, tant de vertus. Quand la tête du prêtre eut roulé sur l'échaftud révolutionnaire , l'athéisme enlaça de ses bras de fer . notre belle patrie , et elle l'eût probablement anéantie, si l'on ne se fût hâté de décréter un simulacre de sacerdoce , qui sauva du moins une partie de la société chrétienne.
Mais autant le sacerdoce est nécessaire pour le maintien de la religion , autant M. de Montlosier le croit nuisible. Je crois l'avoir prouvé suffisant • ment dans le cours de ma réfutation qui eût été encore plus complète, si je l'avais entreprise plus tôt , et si je ne croyais pas qu'il fût nécessaire de la publier incessamment.
Voici le résumé de tout le système anti-religieux que j'ai fait connaître.
M. de Montlosier veut bien faire quelquefois l'éloge de la religion , mais c'est pour mieul cacher le dessein delà combattre. Pour s'y prendre avec habileté, il suppose qu'une conspiration est ourdie contre elle : les conspirateurs sont les
( i88 ) prêtres, qui ont pour auxiliaires les jésuites, les ultraruontains et les congréganistes. Comme les préires sont généralement respectés, pareeque l'existence de la religion dépend de leur propre existence 1 , c'est centre eux qu'il dirige principalement ses coups; et, pour ne pas effaroucher les âmes religieuses , il ne dit pas tout crûment que les prêtres sont des ambitieux dont il faut se défaire, mais il fait entendre que l'envahisse- . ment d'un pouvoir qui ne leur appartient pas découle naturellement de leur caractère de prêtre ; que le sacerdoce est, par sa nature , usurpatif, et <ju'il n'y a d'autre moyen pour se mettre h l'abri de ses prétentions, que.de l'extirper des endroits' où on letroiive; avec lui disparaîtraient les jésuites, qui ne sont autre chose que des prêtres plus dévoués à la cour de Rome ; les ultramontains , qui veulent également nous soumettre à urî étranger; les congréganistes , qui veulent uûus obliger à échanger la capote pour le froc.
En même temps que nous avons démontré F absurdité de l'envahissement des prêtres , et surtout l'impossibilité de l'envahissement essentiel > notjs avons vengé une société célèbre, et d'autres
('89)' personnes également respectables , des coups que leur a portés Al. de Monilosier. Nous avons fait voir combien il a travesti leur histoire , combien il a dénaturé les faits, pour donner plus de poids à ses accusations. Notre tâche est maintenant terminée ; que ne nous eût-il été donné de la remplir avec plus de succès, et surtout avec plus de talens ? Plût à Dieu que notre langage eût, pu . atteindre un plus haut degré de force et de sublimité, peut-être aurait-il fait plus d'impression sur les esprits ! Quel qu'il soit cependant, j'ose présenter mon travail k la méditation des personnes qui ne se laissent pas prévenir par le scandale, mais qui, aimant la vérité, et désirant sincèrement' la aonnattre, n'ont pas coutume de fixer leur jugement sur le seul témoignage d'un individu.
Après avoir fait remarquer la vérité du système vraiment anti-social de M. de Monilosier ; après avoir démontré que la conspiration qu'il dénonce n'existe que dans son cerveau, qu'Urne soit permis d'en signaler une qui est plus patente qrue la sienne, et contre -laquelle oit »e saurait trop se prémunir. Cette conspiration que la Quotidienne
( *9° ) et le Constitutionnel doivent également flétrir, et que les hommes, de toutes les nuances d'opinions doivent également abhorrer , consiste dans les moyens que prennent certains hommes pour corrompre les mœurs des peuples , et par suite les Étire tomber dans un avilissement qui désbo* nore l'humanité.
Le premier de ces moyens, c'est la représentation, dans les spectacles, d'une multitude de pièces où le cynisme le plus révoltant est applaudi, où. les propos les plus licencieux sont désignés comme des traits d'esprit , comme des réponses spirituelles , dont on doit faire usage dans les sociétés , si l'on veut se revêtir du bon ton ! Quel ton, grand Dieu! que celui qui fait imposer silence à notre pudeur. Et ces motions inconnues qu'on y excite ; et ces passions impétueuses que l'on y soulève, ne sont-elles pas capables de corrompre les cœurs et d'étouffer dans eux tout sentiment de vertu? (1)
(1) On a dû remarquer, dans le chapitre IX, que M. de Mondosîer propose les théâtres comme un moyen de réformer les mœurs.
( »90 Les plaisirs que procurent aujourd'hui les spectacles, étaient remplacés, chez nos ancêtres, par le charme d'une conversation aimable, et par des jeux qu'on a voulu rendre ridicules en les nommant innocens ; mais auxquels se livrait sans danger la jeunesse des deux sexes, oc Je n'ai ce point appris, disait un estimable publi ciste, * (c que le colin-maillard ait jamais servi à corce rompre une jeune fille; mais trop souvent au <c spectacle, la peinture des passions en fait naître « dans son cœur, qui feront un jour son malheur ce et sa honte!.— Les malfaiteurs , les voleurs, ce sont en général des * hommes de la classe du ce peuple, qui veulent briller, et à qui le travail oc est devenu insupportable par l'habitude des ce plaisirs (i) ». Ainsi, ce n'est pas aux spectacles, et surtout à certains d'entre eux, que l'on peut
(1) Ce morceau, plein d'éloquence et d'une saine philosophie , apparu, il y a trois ans environ, dans un numéro du Constitutionnel. Je regrette de ne pouvoir pas indiquer le quantième du mois aux personnes qui auraient désiré le lire eu entier : j'oubliai de l'écrire sur mes tablettes*
( *9 a ) prendre des leçous de morale. Trop souvent ils qe sont que l'école du vice , où ta vertu va faire de tristes naufragés.
Un autre «moyen , et celui-ci est employé, avec plus de succès, c'est la propagation des mauvais livres. Plusieurs bouches éloquentes ont déjà plaidé la cause dç la religion et de la morale contra cette entreprise vraiment funeste pour la société; et $i leurs paroles n'ont pas' eu toute l'influence qu'elles méritaient d'avoir, je ne dois j3as espérer de mieux réussir. Mais j'aurai du moins rempli un devoir) j'aprai protesté contre un trime capital dont tous les Français/ semblent être coupables, depuis que l'entreprise est devenue si générale, Quoi ? je verrais ce -déluge de livres impies et licencieux qui inondent tous les rartgs de la société y qui portent la désolation, et le désespoir chez quelques individus, qui corrompent chez d'autres les plus belles affections de l'âme, qui votit chez l'indigent j>rendre la placé de la croix de bois v qui servait jadis à le consoler j qui portent chez tous le poison de l'irréligion et de l'immoralité j je le verrais , et je n'eo accuserais pas les coupables !
Non , dussent tous ies sarcasmes des impies tomber à la fois sur ma tête, je ne dénoncerai pas moins à L'autorité publique , aux pères dé &mille, aux amis de leur patrie, ces homme* méprisables qui font un trafic honteux de la morale du peuple.
Ce désordre existait avant la révolution , et il n'y a pas de doute qu'il n'ait le plus contribué aux excès dont le récit souille les pages de l'histoire de cette époque, Ce qu'il y a de plus déplorable, c'est <!jue ce fléau n'a pas cessé, puisque l'on voit aujourd'hui des hommes de toutes les classes, de toutes les conditions, parler en docteurs des livres les plus impies et les plus licencieux.
Je professe un grand respect pour la liberté de la presse, mais je ne crois pas que cette liberté s'étende Jusqu'à permettre l'impression des livres qui sapent l'édifice social par sa base. Car sans religion, point de mœurs; sans mœurs plus de généreux sentimens, plus de dévouement à la patrie, plus d'amour filial, plus de liens, cependant si doux, de l'amitié; plus de vénération pour les autorités, plus de respect pour les lois. Et comment appeler la société qui offre un pareil spec-
lade? N'est-elle pas une vraieitnageda désordre? Qui nous en garantira? Qui nous préservera d'une nouvelle anarchie?..... Le sincère attachement à la religion denos ancêtres.