PIÈCES JUSTIFICATIVES
Déclaration des archevêques et èuêques de VEglise catholique romaine d'Irlande.
<( Au moment où un esprit calme d'investigation impartiale se manifeste, et que les hommes paraissent disposés à abjurer les préjugés, à travers lesquels ils regardaient les doctrines opposées aux leurs, les archevêques et évèques de l'Eglise catholique romaine en Irlande profitent avec plaisir de cette disposition favorable de l'esprit public pour présenter un exposé simple, mais fidèle, de dogmes qui sont le plus souvent considérés sous tin faux point de vue. »
« S'il plaît au Tout-Puissant que les catholiques d'Irlande soient condamnés à vivre pendant . long-temps dans l'état humiliant et dégradé où ils sont actuellement , ils se soumettront avec résignation à sa volonté divine. Les prélats considèrent cependant comme un devoir, tant envers eux
(196) qu'en vers leurs concitoyens protestons dont ils apprécient la bonne opinion , de chercher de nouveau à dissiper les fausses imputations auxquelles on a eu fréquemment recours pour attaquer et la foi et la discipline de l'église qui ont été confiées à leurs soins, afin que chacun soit k portée de connaître exactement les véritables principes de ces hommes que la loi prive de toute participation aux honneurs, aux dignité» et aux émolumens de l'état. »
Après avoir démontré que la religion catholique est conciliable avec toutes les formes régulières des gouvemetnens ; après avoir exposé leur croyance sur les miracles , sur le culte des saints , sur la vénération des image», de la manière que l'Eglise catholique Fetoseîgne, ils ajoutent :
« Les catholiques croient que pour être sauvé il faut nécessairement appartenir à la véritable Eglise , et que l'hérésie ou une ôpposi tion obstinée À la vérité révélée, telle qu'elle est enseignée par l'Eglise de Jéêus-Christ, etclat du royaume de Dieu. Ils ne sont pas obligés dé croire qu'ils sodt tous obstinés .et attachés à l'erreur, ceux qui séduit par d'autres ou imbus detfeà principes pat des parens, cherchent la vérité aVec une constante sollicitude et sont disposés à l'embrasser lorsque la chose leur jest suffisamment démontrée. Laissant ces personne* au jugement équitable d'an
( *97 ) Dieu de miséricorde, les catholiques se croient obligés de remplir envers eux comme envers le genre humairn, les devoirs de la charité et de la vie sociale. »
Vient ensuite leur profession de foi sur les sacreroens de l'eucharistie, et de la confession, après quoi ils ajoutent :
<( Les catholiques d'Irlande , non-seulement ne croient pas, mais encore déclarent qu'ils dé* testent comme anti-chrétienne et impie l'idée, « qu'il est licite de tuer ou détruire toute perce sonne ou personnes quelconques, sous prétexte ce qu'elles seraient hérétiques; » et aussi le principe « qu'aucune foi ne doit être gardée avec les hérétiques. » Ils déclarent déplus, sous serment, qu'ils croient qu'aucun acte injuste en soi, immord ou méchant, ne peut jamais être justifié ou excusé sous prétexte qu'il a été fait pour le bien de l'Eglise, ou en obéissance d'aucune autorité ecclésiastique que ce soit. Que ce n'est pas un article de la foi catholique et qu'il n'est pas non plus exigé d'eux de croire que le pape est infaillible , et qu'ils ne se considèrent pas obligés d'obéir à tout ordre qui serait immoral par sa nature , si cet ordre était donné par le pape, ou par quel* que autorité ecclésiastique, mais au contraire que ce serait un péché d'avoir du respect pu de la déférence pour un tel ordre. »
<( Les catholiques d'Irlande jurent d'élre fidèles et de porter une véritable obéissance à notre gracieux souverain et seigneur, le roi George IV; qu'ils maintiendront, soutiendront et défendront par tous les moyens en leur pouvoir, la succession de la couronne dans la famille de S. Mi, contre toute personne ou personnes quelconques; renonçant et abjurant toute fidélité et obéissance envers toute autre personne qui réclamerait ou qui prétendrait avoir des droits à la couronne de ces royaumes. Ils rejettent en même temps et abjurent l'opinion que les princes excommuniés par le pape et les conciles, ou par toute autre autorité de la cour de Rome, ou autres quelconques, peuvent être déposés etmis à mort par leurs sujets ou par toute autre personne, et qu'ils ne croient pas non plus que le pape de Rome ou aucun autre prince étranger , prélat , état ou potentat , a ou doit avoir quelque juridiction civile et temporelle, quelque pouvoir , supériorité ou prééminence dans ce royaume , soit directement ou soit indirectement. »
Ils déclarent en outre solennellement en la présence de Dieu qu'ils attestent et certifient qu'ils font cette déclaration et chaque partie d'elle dans le simple et véritable sens des paroles de leur serment, sans aucun subterfuge , aucune équivoque ou réserve mentale, et aussi sans qu'au-
byGoogk
( *99 ) cune dispense ait déjà été pour cela accordée par le pape ou par tonte autre autorité du siège de Rome , ou autre personne que ce soit ; et sans croire qu'ils sont ou qu'ils peuvent être admis devant Dieu ou devant les hommes, et absous de cette déclaration ou d'aucune de ses parties, quand même le pape ou autre autorité et personne quelconque les eu dispenserait , ou la révoquerait ou déclarerait qu'elle est nulle et invalide dans toutes ses parties. »
Après une déclaration assermentée, aussi pleine et explicite, nous ne pouvons réellement pas concevoir sur quel fondement nous pourrions être justement accusés de n'avoir pour notre très gracieux souverain qu'une fidélité partagée.
Le» catholiques d'Irlande loin de réclamer aucun droit ou titres sur les terres confisquées provenant de droits,, titres. ou intérêts que leurs ancêtres pourraient avoir, déclarent au contraire sous serment, ce qu'ils défendront, par tous les moyens en leur pouvoir, les établissemeqs et les arrangement qui concernent les. propriétés dans ce pays, tels quils sont fixés par les lois maintenant en vigueur . )) Ils renoncent également, désavouent et abjurent solennellement toute intention de subvenir le présent établissement de l'Eglise protestante, dans l'intention, d'y substituer un - établissement catholique j et ils jurent, en outre
( aoo ) qu'ils n'entep<feot exercer aucun des privilèges auxquels Us put 09 ils pourraient avoir des droits pour troubler pu affaiblir b religion protestante ou Je gouvernement prptest^nt en Irlande. . . .
Nous apprpuvpnç $ souscrivons et publions cette déclaration,, afin que ceux qui ont une opinion erronnée de pos dpctrinps et de nos principes , puissent être détrompés.
Suivent les signature^.
A Dublin , le a6 janvier 1826:
Jugement qu'un philosophe , conséquent dam ses principes, a porté sur le gallicanisme.
On est frappé de la contradiction de plusieurs journalistes de l'opposition libérale, quand ils réclament l'exécution stricte du pacte fondamental qui lie le roi avec la nation française, en même temps qu'ils laissent percer leur joie, quand nu de leurs adversaires est frappé du glaive de la loi) pour avoir voulu jonir d'un privilège garanti à tous les Français. On ne peut expliquer cette
contradiction que par la haine de ces messieurs contre la religion catholique. Cependant, nous devons établir une exception en faveur des rédacteurs du Globe, qui , malgré leur libéralisme en poli* tique et leur scepticisme en. religion , s'indignent avec franchise et sans aucun détour contre les entraves que Ton veut opposer à la liberté d'opinions 9 quand il s'agît des quatre articles. Cette bonne foi est digne de remarque, et ne peut que leur gagner l'estime de ceux même qui ne pensent pas comme eux. Ennemis déclarés des jésuites, ils n'appellent pas sur leurs têtes de nouvelles foudres ; mais ils les défient sur le terrain de la discussion. Cette manière de combattre est plus généreuse, et ne peut manquer d'être acceptée.
J'ai cru qu'il ne serait pas hors de propos de citer ici le jugement qu'ils ont porté sur un journal qui s'intitulait la France catholique , et que le zèle de ses rédacteurs n'a pu empêcher de périr après une année d'existence. On verra que les messieurs du Globe y comprennent l'état de la question entre le catholicisme et le protestantisme. Quant à la conclusion qu'ils tirent à la suite de leurs observations /elle ne doit pas nous étonner : la bannière sous laquelle ils combattent , leur en commandait une pareille.
<c En vain quelques politiques à transaction et quelques héritiers des opinions parlementaires ,
( 2 ° 3 ) s'obstinent à vouloir relever le gallicanisme.: ce devrait être son sort de mourir, lorsqu'il y aurait pleine connaissance, pleine franchise dans les deux seules écoles qui peuvent réellement se disputer le monde. Il faut aujourd'hui ou rejeter complètement ceprincipe.de l } autorité ', ou l'accepter sans réserve. L'unité catholique se compose du concile, d'une part, et du Saint-Siège , de l'autre, mais liés d'une indissoluble union. Stipuler des libertés particulières à une Eglise, c'est dissoudre l'unité. Et que Je tort vienne du souverain pontife qui envahit le droit des Eglises , ou des Eglises qui se révoltent contre le souverain pontife, il n'importe; la séparation existe : il n'y a plus de catholicisme; reconnaître le droit d'examen, c'esf proclamer la souveraineté nationale en matière de religion ; c'est un protestantisme de discipline, qui doit tôt ou tard animer le protestantisme contre le dogme* On conçoit que , lorsque les esprits n'étaient ni assez éclairés ni assez hardis pour prévoir et réduire les conséquences, on ait pu s'arrêter à ce tempérament diplomatique d'un concile d'évêques unis à un roi contre Je Saint*Siège , et maintenant le dogme par la force, lorsqu'ils rompaient la discipline par le raisonnement. Mais aujourd'hui que le gallicanisme a por.tc tous ses fruits , qu'il s'est allié à toutes les idées de liberté politique, coni-
( ao3 ) ment les catholiques ne sentiraient-ils pas son défaut? Et comment, d'antre part, les libres penseurs en religion , cenx qui sympathisant avec tous les cultes, avec tons les systèmes, n'en veulent admettre aucun au gouvernement de l'Etal ; comment, dis- je, les libres penseurs pourraient-, ils reconnaître la déclaration de 1682, c'est-à-dire une confession de foi, qui permet au souverain et aux évêques réunis de régler la conscience religieuse d'une nation ! »
« A qui donc pouvaient s'adresser les rédacteurs delà France catholique? A quelques vieux sorbonnistes , à quelques publicistes véritablement indiflerens en religion , mais heureux de pouvoir trouver des armes contre le jésuitisme dans un arsenal à moitié saint. Pour nous, gens de ce siècle, ou jésuites ou philosophes décidés,, qu'y avait-il à apprendre dans ses dissertations et dans ces règlemens. d'un autre âge? Plus curieux et moins passionnés , les philosophes ont pu contempler avec. l'intérêt qu'on accorde au. courage, cet effort du gallicanisme, dernière et honorable lutte. d?hommes de bonne foi descendant dans la , tombe avec Jeur Eglise; ils ont pu s'attendrir a ces lamentations sorties des ,rujnes de Port-Royal, mais voilà tout. Et cependant les jeunes milices du nouveau sacerdoce battaient des mains au passage de la charrue jésuitique , et creusaient
avec une grande joie le sillon qui effaçait la dernière trace de leurs anciens sur la terre de France. Ni l'appui des politiques du jour, ni les éloquentes prédications d'un grand poète (1) qui ranima le catholicisme français il y a vingt-cinq ans, n'ont pu soutenir ce qui tombait. Les arrêts des cours ne feront pas mieux. Le protestantisme )ui-inéme est à peipe asçp? fort pour se défendre : la philosophie se^e a des arme* puissantes. Rome le sait bien, et M. de la Menoais ne sfy est pas mépris : aussi ç$Ke au* philosophes qu'il p'est attaqué tout d'abord : l'avenir apprendra où était la véritable intelligence des besoins dusiècle, et les ressources de la victoire; mais on peut déjà le prévoir aux terreurs, aux colères de PEglise ultramontaine : la philosophie est tranquille, elle compte les quatre derniers siècles qui viennent de passer, elle regarde le vieux continent et tous ces peuples nouveaux qui viennent à die, et elle .se dit avec sécurité : « 11 n'y a plus de Vatican » ; comme jadis les chrétiens nés de la veille, répétaient au pied de la statue de la victoire, ébranlée de leurs q'i* : « 11 n'y a plus de Capitole , il n'y a « plus de boucliers tombés du ciel » ( Le Globe , Tom.III, n°i5,Pag.78).
(i) Chateaubriand.
( ao5 ) N # 3.
Témoignage de quelques grande hommes en faveur des jésuites.