CHAPITRE II
ÀUîaàce de M. de Montlosier arec les adversaires de l'Eglise catholique.
La position de M. de Montlosier était très embarrassante, quand il s'est décidé a lancer son libelle dans le public. 11 lui fallait des moyens pour arriver à un succès de vogue, et il craignait de n'en pas trouver. Il prévoyait bien- que, loin d'applaudir à sa conduite , les journaux avec lesquels il avait marché jusqu'ici, le combattraient au contraire de tous leurs efforts , et il ne s'atten* dait pas que ceux de l'opposition libérale , qu'il avait autrefois désignés par leur pom, vinssent lui prêter secours. Qu'a-t-il donc imaginé pour se les rendre favorables? Fera-t-il une rétractation pure et simple des anciennes philippiques qu'il à dirigées contre eux? Mais ce sacrifice coûterait trop à son amoùr-propre , et sa fierté en souffrirait. II lâchera donc d'obtenir leur approbation par une [amende honorable du passe * en même
temps qu'il conservera toute sa hauteur seigneu * riale pour le temps présent, « Je dois prévenir, « dira-t-il, ceux qui, mus par d'autres sentimens (( que ceux que je professe (1) , seraient enclins « à m'accorder leur approbation , que je ne Tacce cepte pas du tout.... Combien de fois les lïbècc raux ont osé me dire qu'ils m'accueilleraient? « Cet accueil, qui m'était offert, je l'ai dédaicc gné » (Pag. i5). Voilà pour sa propre satisfaction ; quant anx excuses à faire, les voici: ce Je m'expliquerai franchement sur ces jource naux ; je ne les appellerai pas révolutionnaires, « j'ai eu ce tort-là une fois, j'accepte à cet égard ce la réprimande qu'ils m'ont faite , et je les en ce remercie » ( Pag. 6 ). Il n'y avait pas de doute que ce peu de paroles devait suffire pour faire oublier de vieilles rancunes. Aussi malgré sa protestation ultérieure, les écrivains anti-catholiques l'ont reçu avec jubilation dans leur camp , et lui ont prodigué les louanges les plus flatteuses. Ici je demande pardon à ces feuilles
(1) L'auteur veut parler ici de sentimens en matières politiques.
( ai ) • politiques ou littéraires , qui avaient k se plaindre de M. de Montlosier; mais je ne crois pas qu'on puisse mieux les qualifier depuis qu'elles se sont constituées l'écho des perfides doctrines de cet homme; car l'examen dés pages suivantes du Mémoire nous apprendra que M. le Comte demande une révolution totale dans l'église; j'ai presque dit sa destruction. Or , cet empressement quelles ont mis à en propager les moyens , les établit responsables de cette révolution vraiment anti-sociale : c'est donc à bon droit qu'on peut les appeler révolutionnaires, non-seulement en religion, mais peut-être même en politique $ car révolutionner l'une, n'est-ce pas révolutionner l'autre?