‹ Réfutation complète du Mémoire de M. de MontlosierChapitre 6 sur 36 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Haine de M. de Bfontlosier contre le clergé catholique.

S'il est permis de censurer une mauvaise action , quand son auteur l'a faite avec pleine connaissance de cause, celle de M. de Montlosier ne peut que nous paraître odieuse. Il prévoit, en effet , les funestes conséquences qui résulteront de la publication de son (ivre , et il ne recule pas devant cette idée. Il comprend les impressions fâcbeuses qd'il gravera dans des cœurs* déjà mal disposés, et cette connaissance ne l'arrête pas. Que dis-je? il se félicite du mal qu'il va faire, et ce triomphe d'une étrange espèce spurit déjà à sa pensée.

Peut-on expliquer cette bizarre conduite autrement que par la haine qu'il a vouée au clergé catholique? Si ses intentions eussent été pures, s'il n*eût pus voulu appeler sur l§§ prêtres les s^rcasr rues dc& mécligns, n'auraitxil pas pu se servir de ipoyens inoins violens c|ue celui de la çjélatjpfl

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pour réprimer ce qu'il appelle l'envahissement des prêtres? Mais qu'importent les précautions à un homme qui se fait l'instrument de la calomnie. II avoue donc ce que cette continuité d'in- « criminations , relativement à la conduite partice culière d'une olasse d'hommes généralement « respectables, établira contre eux des prévenue tions fâcheuses» (Pag. 27$). Mais ce n'est pas ce qui le touche le plus. Que ses attaque» frappent fort, c'est tout ce qu'il désire. « Si son accusation ce se trouve fondée, c'est aux prêtres à savoir ce ce qu'ils auront à faire » (Même page ).

N'est-ce pas là s'applaudir de sa honteuse démarche? n'est-ce pas se réjouir de ce que ses imputations feront haïr le clergé? Oui , il n'y a que la haine qui ait pu le faire agir ; chaque page de son livre e6t empreinte de cet esprit coupable. La haine seule et rien que la haine lui a fait inventer ces locutions outrageantes, qu'il emploie dans plusieurs endroits de son livre, le parti prêtre , V esprit prêtre , comme si le caractère sacré de prêtre pouvait avoir en lui-même quelque chose d'odieux. Je comprends qu'on puisse appeler parti ultra y parti jacobin , plusieurs classes d'hommes

qui se séparent des idées communes, prétendant néanmoins avoir pour eux la vérité. Car il ne nous est pas donné de discerner clairement parmi toutes les nuances d'opinions qui divisent les hommes en matières politiques , quels sont ceux qui professent les systèmes les mieux fondés sur la nature des choses; mais quand il s'agit du caractère sacerdotal, qui aurait osé dire, hormis M. de Momlositr et ses aveugles partisans, que le sacerdoce opère dans celui qui en est revêtu, un si prodigieux changement que, de fidèle qu'il était auparavant aux lois de son pays, il devient alors l'instrument d'une faction turbulente? N'est-ce pas la haine qui lui fait considérer encore le prêtre oc comme un objet d'aversion partout où il se préce sente avec le glaive de Pierre» (Pag. i55 et 276 ). C'est-à-dire partout oii il remplit avec fidélité la sublime mission qu'il a reçue de son chef, d'élaguer les mauvais rameaux qui déparent l'arbre de vie , et de purger la terre des immondices du vice qui la souillent. Enfin c'est un cœur animé par les fureurs de la haine qui seul a pu lui faire dire « que s'il y a parmi les jeunes gens quelques « athées, il parierait que ce sont ceux que les prê-

(.5) « très eux-mêmes ont pervertis» (Pag. 197 ).

Quelle atroce calomnie! comment a- 1- elle pu sortir de la bouche d'un homme qui désire qu'on le respecte? Cet oubli des convenances, il le porte si loin en cette occasion, qu'il suffirait de rapporter ses propres paroles pour les réfuter avec succès. Quoi! parceque l'athéisme a fructifié dans notre pays malgré les efforts de quelques sages pour l'en extirper, c'est aux prêtres qu'il faudra en demander raison ! Que les chaires chrétiennes ne retentissent donc plus de leurs accens évangéliques; ils portept trop la désolatioh dans les âmes! Us empoisonnent les germes de vertu que l'on remarque dans tous les cœurs, et les pénètrent des affreuses doctrines de néant. M. de Mon tlosier nous atteste ces singulières métamorphoses. Comment ne pas y croire? Selon lui, les doctrines qui enfantaient autrefois des prodiges de salut, ne sont puissantes aujourd'hui que pour enfanter la corruption. Ce n'est donc plus aux. déclamations atrabilaires des Diderot, des d'Holbac, des Helvétius, etc. , qu'il faut attribuer le fatal poison d'athéisme, qui circule dans quelques veines du corps social. Leurs livres ou les systèmes les plus

( *6 ) outrageant contre la religion sont exposé» dans tonte leur nudité, peuvent donc désormais être mis sans dangers entre les mains d'une jeunesse déjà pervertie par les instigations des prêtres? O Fénélon , si du sein de l'immortelle gloire où votre piété, non moins que votre zèle pour former un prince vertueux, vous ont placé, vous pouviez entendre les imputations que Ton adresse à ceux qui, chargés du dépôt des vérités éternelles, s'efforcent de les inculquer à cette jeunesse que vous chérissiez tant, quel frémissement n'éprouveriezvous pas ! De quelle profonde douleur ne serait pas affligée votre belle âme !

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