CHAPITRE VI
Autres calomnies de M. de M ontlosier contre le clergé, au sujet des protestais
Le bon sens devrait faire une loi à tous les écrivains de ne jamais se permettre de discourir sur des matières qu'ils ignorent. Ils éviteraient par là de tomber dans une foule d'erreurs dont ils n'auraient pas à se repentir dans la suite. Mais le bon sens n'est pas la régie qu'on suit le plus dans ce siècle de lumières; et M. de Montlosier , qui d'ailleurs ne manque pas d'esprit, n'a pas su éviter cet inconvénient. Entraîné par le désir d'enchaîner à son système anti-sacerdotal , tout ce qui ne lui plaît pas dans la religion 9 il entarise erreur sur erreur, et je ne craindrais pas d'être contredit si " je définissais son ouvrage un mélange de modération et de fureur, de religion et, d'impiété. En effet , s'il eût étudié avec plus de soin l'état actuel des différentes sectes chrétiennes, il se fût aperçu que la distance qui les sépare du catho-
(46) licisme est immense , et .qu'il ne faudrait combler rien moins qu'un abîme pour trouver entre elles et notre croyance un point de contact. La réforme telle que l'avaient établie Luther et Calvin pouvait encore, dans le siècle dernier, présenter quelques traits de ressemblance avec la vraie religion de Jésus-Christ ; mais il n'en est pas de même aujourd'hui. S'il était donné aux premiers réformateurs d'apparaître quelques instans sur la scène du monde, ils seraient tout étonnés de voir que les doctrines pour lesquelles Us avaient combattu jusqu'au fanatisme, ne recueillent des soi-disant réformés qu'une froide indifférence. En vain pour ranimer leurs croyances à demi éteintes, s'enflammeraient-ils d'un louable zèle, tous leurs efforts seraient impuissans chez. des hommes qui ne respectent pas plus l'autorité de leurs pasteurs que celle de l'Eglise romaine. Parlez à un protestant de notre époque du dogme de la trinité dont l'incontestable vérité donna occasion à Calvin de déployer une intolérance si barbare à l'égard de Servet , il vous répondra qu'il ne sait pas ce que vous lui dites; que vous lui parlez d'un mystère dont il ne voit pas clairement la
( *7 ■) révélation dans les saintes écritures. Demandezlui sa profession de foi sur l'existence do péché originel, la prédestination et la justification; sutlés qualités que doit avoir la véritable Eglise du fils de Dieu y et sur beaucoup d'autres choses qui étaient reconnues comme des dogmes sacrés par les Aba,die, les Claude, les Jurieu, etc. Il vous dira qu'ayant usé du droit que les premiers réformateurs lui ont accordé, celui de tout examiner par soi-même, et de pe soumettre sa raison qn'au seul symbole qu'il plaira à la volonté de se décréter; il n'a pas jugé à propos de ranger ces articles dans le code de ses croyances.
Ainsi donc toute la croyance d'un protestant consiste à dire : Je crois en moi, tandis que le catholique rejette comme un fragile instrument cette raison individuelle, et commence sa profession de foi par croire à P Eglise, avant même de croire à la révélation. On peut <juger, par cette manière de procéder dans les deux communions, combien peu les doctrines se ressemblent. On sait de plus qu'il y a daûs l'Eglise romaine une foule de pratiques qui ne sont pas consignées dans les livres divins , mais qu'une tradition an-
(48) tique pous oblige de respecter , et que nous nef saurions rejeter sans une grande témérité , sans nous rendre même coupables d'hérésie , lorsque l'Eglise les a marquées du sceau de son infaillibilité. Quel cas devons - nous donc faire des assertions de M. de Mpntlosier , lorsqu'il nous assure av,ec hardiesse, que ce ce qui éloigne les « protestans du catholicisme , ce sont moins les ce dogmes que nous professons et l'austérité de « notre morale, que la domination que montrent «toujours çt partout les prêtres catholiques » (Pag. 361). Ou les dogmes que professe la religion catholique sont appuyés sur des fon démens divins, ou ils ne le sont pas. S'ils ont tous les caractères de divinité que nous leur reconnaissons, les'protestans auraient mauvaise grâce de ne pas tes adopter , quand bien même Y ambition de no$ prétresXew fut odieuse : car ce n'est pas la croyance à la sainteté des prêtres qui nous sauvera , mais à la doctrine qu'ils sont chargés dé nous enseigner. C'est donc le seul désir de nuire au clergé, qui a fait entreprendre ce nouveau genre d'attaque à M. de Montlosier ; c'est son zèle à le décrier dans le public, qui lui a fait inventer ces assertions in-
t*9) touiènables. En vain s'a|>puie-wl.du témoighftgè d'un évêqUé d'Angleterre, et de celui du comté Ltverpool. On sait à quoi s'en tenir sur Porthodoxiè actuelle du qlergé anglican et sur la prétendus Uvtérance de l'honorable Liverpool. Ce vemî* de catholicisme dont ils se sont panés un instant pédant la discussion mémorable dû bill d*éto*nci^ pation f dans la Chambre de* Pairs > n'était qu'un artifice de plu^ pour séduire la bonne foi de (eôfi collègues) et les engager à appesantir de nouveau leur joug de fer sur lès itlalbeureut eatholi^tieâ de cette prétendue tefre de liberté. Est» (té qfrè M. de MoDtloçâer ignorerait par hasard la déclaration que le clergé d'Irlande (que l'on Suppose lé plus fanatique) vient dWréfcser à ses ennemis? Cette déclaration i véritable rtionùrhent dé sageMé* Que l'histoire inflexible présentera éti* générations faêiires, « côté et en oppôsrtiori du système oppressif de cette prétendue terre élfissique de l'indépendance, réfute pleinement toutes les calomnies que i'ou s'est plu à répandre sur les catholiques opprimés de ce pays. On y trouve les plus solennelles protestations de dévoueifféftt à la famille régnante d'Angleterre , et elle déposé
(5o) contre les imputations de ceux qui , ne connaissant pas la nature du catholicisme, s'obstinent à croire que c'est une doctrine reçue parmi nous , de regarder comme déliés du serment de fidélité les sujets d'un prince excommunié par le pontife romain. Je ne sais ce que pourront répondre, et l'éveque de Chester et ses nobles partisans , quand, cette déclaration à la main , les défenseurs de l'émancipation viendront de nouveau réclamer la liberté de leurs compatriotes. Oseront -ils s'élever encore contre l'influence d'un clergé qui proteste avec tant de candeur de son obéissance pleine et entière aux lois de son pays? ou bien iront-ils de nouveau puiser leurs argumens dans les discussions théologiques, et montrer le ridicule danger où s'exposerait l'Etat, s'il accordait le rang de citoyen à l'homme au cœiûr docile qui adopte la transsubstantiation, comme l'avaient cru ses pères (1)?
« lien est,ajoute-t-il, de la France, de l'Allemagne
(i) Nous avons cru que cette pièce était trop remarquable , pour ne pas en rapporter un long fragment. On la trouvera aux Pièces justificatives) n? 1.
(50 R et de la Suisse comme de l'Angleterre. » Non , c'est moins l'influence temporelle du clergé que le protestantisme y redoute, que son influence spirituelle; si je puis exprimer par ces mots le ïèle des évéques et des prêtres pour conserver les dogmes révélés. On voudrait que le catholicisme suivît la marché du siècle et réduisît à quelques articles philosophiques la longue énumération dé ses doctrines sacrées. On n'a qu'à lire là Reçue protestante qui s'imprime à Paris et que l'on peut regarder comme le journal qui représente le mieux le protestantisme de l'époque ac- 4 tuelle, puisque l'on compte parmi ceux qui ief rédigent de sa vans pasteurs de France , des Pays- Bas et d'Allemagne, et l'on sera convaincu de la 1 vérité de mes assertiops. On est frappé en la lisant de l'espace immense que la religion réformée a parcouru depuis son origine ; et l'on serait tenté ducroire que c'est le déisme pur que l'on y professe, si de temps en temps on n'y rencontrait pas l'éloge de la bible, et si, au sujet de ce livré divin, le mot d'inspiration n'y était pas glissé quelquefois. Lés rédacteurs de cette feuille sont d'ailleurs, autant que les déistes , les ennemis
(6a) irréconciliable* du dogme de l'autorité (\\\ r ih regardent comme joug intolérable, et proclament comme la base de leur système la liberté d'examen, quç ni synode, pi consistoire, m pasteur 9 ni autre autorité semblable n'a la droit de restreindre.
Que M. de Momlpsier vienne noua dire après cela que le mur de séparation entre les protestant serait bientôt abattu, si les prêtres voulaient se relâcher de leurs prétentions. En cas de réunion des deu* églises» il ne faudrait rien moine que faire adopter à ces nouveaux convertis , la croyance en un seul Pieu en trois personnes qpe tfen rfose plus prêcher publiquement à Genève et dent le» chaires protestantes de Paris s'abstiennent de parler, sans doute par respect pour ce grand mystère. 11 faudrait encore leur faire admettre la divinité de JésusrCbrist sans restriction aucune; les sept saçreraei# et les sublimes vérités qp'il» renferment j l'autorité de l'église aur les questions dogme-* tique*, son pouvoir de lier et de délier qui révolte tout les réfermés de vieille roobe, le droit qe'elie a ç^iablir de* préceptes obligatoires etc., c'est-àdire qu'il fendrait leur prêcher l'évangile comme
(55) les apôtres le prêchèrent h l'univers payéfl. ^é n'entends parler ici que du dogme, car il est visible que la momie des protestans , puisée comme la nôtre dans l'évangile, a de* droite à riotre respect, et que nous ne tournons l'assimiler à la morale du paganisme sans nous rendre coupables de mauvaise foi à ïeoi* égAtè.
Que répondra M. dé Môtitlosiéf â ces raisoueetnens dont il né saurait nier la justesse , puisqu'ils roulent sur des faits dé ^exactitude desquels U peut lui-même s'assurer. Àtira-t-il encore le courage de réjeter sur 1* ptèïrei de que Pon ne doit attribuer qu'A la nature même de fà religion réformée?... Quelle est doftc inexplicable éa haine eonire le okrgé , puisqu'elle lé porte a avancer dta fiots dont il est si faéife de démontrer Pirapatufre!
(5a) irréconciliable* du dogtn* de f autorité *€\vfih regardent comme joug intolérable, et proclament comme la base 4e leur système 1» liberté d'examen, que ni synode, pi consistoire, ni pasteur, ni autre autorité semblable n'a le droit de restreindre.
Que M* de Momlosier vienne notia dire après, cela que le mur de séparation entre les protestant serait bientôt abattu, si les prêtre* voulaient se relâcher de leurs prétentions. En cas de réunion des deux églises > il ne faudrait rien moins que faire adoptera ces nouveaux convertis , la croyance en tin seul Pieu en trois personnes qpe ^nnW plus prêcher publiquement à Genève et dont le» chaires protestantes de Paris s'abstiennent de parler, saps doute par respect pour ce grand mystère. Il faudrait encore leur faire admettre la divinité de JésusrCbrist sans restriction aucune; les sept sacrement et les sublimes vérités qu'ils renferment j l'autorité de l'église sur les questions dogmetiques, son pouvoir de lier et de délier qui révolte tant les réformés de vieille roobe, le droit qe'eU* a Rétablir dest préceptes obligatoire» etc., c'pst-ie dire qu'il faudrait leur pt écfar l'évangile
les apôtres le prêchèrent h l'mnvers payeîi. Jd n'entends parler ici que du dogme, car il est visible que la morale des protestons , puisée comme la nôtre dans l'évangile, a de» droite à rtotre respect, et que nous ne Saurions l'assimiler à la morale du paganisme sans nous rendre coupables de mauvaise foi à leur égartl.
Que répondra M. dé Momlosler â ces ràisoueetnensdom il né saurait nier la justesse , puisqu'ils routent sur des faits de Pexactitùde desquels U peut lui-même s'assoreh Àtira-t-il encore le courage de réjeter sur te» f>f£tr« ce que Pon ne doit attribuer qu'A h nature même de fà religion réformée?... Quelle est doftc inexplicable & haine eonire le okrgé , puisqu'elle lé porte a avancer dta frits dont il est si facile de démontrer lirapattcfrel
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cela que le mur de séparation entre les protestant serait bientôt abattu, ai les prêtre* voulaient se relâcher de leurs prétentions. En cas de réunion des deux églises > il ne faudrait rien moine que faire adoptera ces nouveaux convertis , la croyance en tin seul Pieu en trois personnes qpe Pen n'ose plus prêcher publiquement à Genève et dont le» chaires protestâmes de Paris s'abstiennent de par- 1er, saps doute par respect pour ce grand mystère, U faudrait encore leur faire admettre la divinité de JésusrCbrist sans restriction aucune; les sept sacrement et les sublimes vérités qu'ils renferment j l'autorité de l'église sur les questions dogmatiques, son pouvoir de lier et de délier qui révolte tant les réformés de vieille roobe, le droit qe'elie a Rétablir de* préceptes obligatoires etc., c'est-àdire qu'il faudrait leur pt écber l'évangile comme
les apôtres le prédirent » Pmnvers payeti. 3ù n'entends parler ici que du dogme, car il est visible que la morale des protestans , puisée comme la notre dans l'évangile 7 a de* droite k rtotre respect, et que nous ne Saurions l'assimiler à la morale du paganisme sans nous rendre coupables de mauvaise foi à ïeoi* égattl.
Que répondra M. dé Momlosler â ces ràisounetnenidom il né saurait nier la justesse , puisqu'ils routent sur deé faits de? Pexactîtùde desquels U petit lui-même s'assure^. Àtirà-t-iï encore le courage de rejeter sur lefe prêivéi ce que I*on ne doit attribuer qu'A la nature même de fà religion réformée?... Quelle est doftc inexplicable sa haine eonire le okrgé , pùfeqn'élfe lé porte a avancer des. frite dont il est aï facile de démontrer 11mpotttfre!
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Que M* de TMomlosier vienne notis dire après cela que le mur de séparation entre les protestant serait bientôt abattu, si tes prêtres voulaient serelâclier dç leur» prétentions. En tes de réunion des deux église»» il ne faudrait rien moine que faire adoptera ces nouveaux convertis , la croyance en un seul Dieu en trois personnes qpe Ifyn n'ose plus prêcher publiquement à Genève et dont le» chaires protestâmes de Paris s'abstiennent de par- 1er, saps doute par respect pour ce grand mystère, U faudrait encore leur faire admettre la divinité de JésusrÇbrist sans restriction aucune; les sept 6a- Cremeitf et le* sublimes vérités qu'ils renferment j l'autorité de l'église sur les questions dogmatiques, soo pouvoir de lier et de délier qui révolte tant les réformés de vieille roche, le droit q*'eli& a établir dest préceptes obligatoires etc., c'est-àdire qu'il faudrait leur prêcher l'évangile comme
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