‹ Réfutation de l'éclectismeChapitre 15 sur 35 · XI · texte numérisé non relu

XI

Suite.

Cependant je ne puis m'empêcher de constater que tous les travaux pln'losophiques de l'Allemagne dans ces derniers temps aboutissent aux conclusions auxquelles je suis arrivt-, et que si M. Cousin avait compris le sens de Kant, de Scholling, de Hegol, il n'aurait pas introduit en France la fausse psychologie qui y règne aujourd'hui.

Comment! peut-on dire à M. Cousin , votre maître Kant prétend (jue « nous ne sommes pas capables d'avoir une con- » naissance immédiate de quoi que ce soit au monde, que » nous ne pouvons rien savoir de l'essence des choses, que

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» nous ne contemplons rien purement ohjeciivement.n Et vous allez excepter le moi de cette impuissance où nous sommes de connaître les choses directement et par elles-mêmes! Et pourquoi Kant soutient-il que nous ne connaissons rien directement , immédiatement , d'une connaissance objective pure?» Parce que, dit-il, toute connaissance humaine est » renfermée dans les bornes subjectives des phénomènes l); » c'est-à-dire que, toute connaissance renfermant le moi et le non-moi , ce que nous connaissons réellement c'est le composé du moi et du non-moi qui résulte de cette union , mais j imais ni le moi ni le non-moi. Comment , encore une fois , tout le Kantisme étant fondé sur ce principe, M. Cousin , qui professe un saint respect pour le Kantisme, a-t-il inauguré en France une psychologie dont le premier principe et la métiiode sont la négation la plus formelle de cet axiome?

Et que dit Schelling, cet autre maître de M. Cousin? Il développe Kant à cet égard; il enseigne que la connaissance immédiate des choses est une chimère ; que la raison pure est une stérile forme de notre esprit , une vaine et impuissante catégorie ; et pourquoi ? parce que, toute notre science consistant dans le rapport de l'objet avec le sujet ,'il n'y a aucune connaissance qui soit immédiatement vraie : « Car, dit Schel- » liug , de la seule union du sujet avec le sujet aucune con- » naissance objective ne peut sortir , et réciproquement rien » ne peut sortir non plus de la rencontre et de l'assemblage » d'objets ajoutés à d'autres objets , si le sujet connaissant est » éliminé du phénomène. Afin donc que quelque chose soit » connue , il est nécessaire que l'objet s'unisse avec le sujet , » et celte union ne peut engendrer que ce genre particulier » de connaissance que l'on nomme connaissance médiate ou

(i) <■ Sunt^liara, et hi quldem plerique Kantiani, qui umnern » rejiciaut cognitionem iromediatam , quia ex illorum seiitcntia niliil » quidquam sciri |)ote>t de rébus ipsis sive objective, sed suhjectivis r, pbcTnomenorum angustiis omnis incluia est co;,'iiilio humana. (Jar. » Nieuweuluiis, professeur de pliilosopliie à Leyde, Elementa ine- » tûp/i)sices. Leyde, i833, pag. 85.) »

DE l'kclectisme. <8î)

» rompos(*e riîsiillat de l;i double iiiterveiilion du sujet et de » l'objet. Il

Va l'iilin c|iio dit He^cl , cet nuire mailrc reconnu de IVf, (loiisin ? Il dit , sur ce point capital , la niOiiic riiose que KanI cl Sclicllinjj; (I). lùi vciilc, 1\I. Cousin, au lieu de se conicnicr de jcler de temps en temps au public fiançais les noms de Kant, de Scliellin^;, de llet;el, aurait dû commencer par les r(!fnter , puisqu'il voulait enseigner une psycbologlc si directenieui contraire à la leur.

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