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De l'histoire de la philosophie, selon M. Cousin.
Avec une telle notion de la philosophie et un pareil sentiment de ce que c'est qu'un philosophe , comment l'histoire même de la philosophie devait-elle apparaître à M. Cousin? l'.videmnient comme une sorte de cabinet de curiosités,
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tout ce qui est opprimé dans le monde. Il doit donc, dans les évolutions du monde, être du parti de ce qui souffre et de ce qui est opprimé. Artiste, mais dans le sens véritable du mot, peut-il trouver le Beau sur la terre tant que la face humaine sera souillée du vice, obscurcie par l'ignorance, flétrie par les pleurs? Donc le perfectionnement, le progrès de toute chose est son but. Si donc il cherche la science, c'est pour en indiquer les conséquences; la politique est , pour lui, un corrollaire de la philosophie. 11 ne sait ce que c'est que la science pour la science. L'humanité présente l'occupe ; il la voit tourmentée de problèmes. Qu'est-ce qui les résoudra , ces problèmes? En fait, évidemment, ce sera l'avenir. Mais à quelle condition l'avenir les résoudra-t-il , et pour quelle riuson y a-t-il des philosophes dans le monde? L'avenir résoudra ces problèmes, parce que les philosophes auront préparé les solutions. Donc, théoriquement, jamais il n'a pu venir dans l'idée d'un vrai philosophe de dire comme M. Cousin : « La philosophie n'est pas à faire, elle est faite. Réunissonsen les fragments épars dans les écoles, dans les livres, dans l'histoire en un mot , et nous aurons pour résultat de ce dépouillement la philosophie dans toute sa beauté. » Et pratiquement, jamais non plus il n'a pu venir dans l'idée d'un vrai philosophe de dire comme M. Cousin : « La philosophie n'a pas d'autre but que le présent. Le présent est assez beau comme il est. Faisons une philosophie à l'image du présent. » Enfin, pour remplir sa fonction, il faut au philosophe une méthode. J'ai montré ce que l'on doit entendre par là. J'ai montré que le philosophe n'a pas qu'un seul principe de certitude. Ici, en effet, se retrouve encore , et ne peut pas manquer de se retrouver, la trinité de l'être, sensation-sentiment-connaissance. S'il s'agit de la nature extérieure, la sensation prédomine et donne Veccpérience. S'il s'agit de la vie du moi , le sentiment domine et se révèle par la cnnsciince. Dans le cas particulier de la vi« collective, de la vie du nous, le sentiment et le fait ou la sensation se réunissent pour produire le consentement. Enfin, s'il s'agit de notions produites par le moi et le non-moi, ou de ce que l'on appelle des idées, ces idées sont entre elles adéquates ou non-adéquates. Si les
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idées sonl parfaitement claires, comme, par exemple, les défiiiilious que font les gilomt-trcs, alors la connaissance domine à son loin-, et donne le raisonnement, la raison pure, la logiqno. Expt'rience , conscience, consenlement, raisonnement, sonl donc les quatre critc'rium de certitude que le pliilosoplie emploie. Savoir, dans un sujet doiim-, quel est le critérium de certitude, voila la m.-tiiode, ou plutôt le principe de la méthode. Mais j'ai montré aussi que derrière toute métiiode se révùle toujours un être complet , sensation sentiment-connaissance , qui, tout en se rapportant a un certain principe de certitude, emploie pourtant indistinctement toutes les facultés de la nature humaine.
ISI. Cousin, au contraire, ne donne pour critérium de certitude à son philosophe que l'observation, c'est-à-dire la constatation du f.iit ; car l'observation déiachée du sentiment, c'est l'observation à la manière des physiciens, c'est l'expérimentation propre à la physique, et pas autre chose. Essayer de pénétrer avec cela dans la vie du moi et du nous est une absurdité. Vous voyez , dites-vous : non , vous ne voyez pas; car voir, en cela, c'est sentir.
En définitive donc, en réunissant tous ces termes, on voit que le philosophe de M. Cousin est une réilexion sans cœur qui a pour but de se séparer du vulgaire en s'expliquant à soi-même les choses au moyen de l'observation.
La nature est mutilée dans un tel homme; le but qu'il se propose est peu noble, le moyen qu'il emploie insuffisant, et l'exécution impossible.