XIV PRÉFACE
Nous démontrerions de même la première et la seconde de ces propositions par la troisième; en efifet :
40 Si la philosophie moderne arrive , au bout de cent cinquante ans de recherches indépendantes , à retrouver psychologiquement la Trinité du Ghristianisn^, donc le Christianisme, dans son essence philosophique, est vraL Donc la religion est une philosophie.
2^ Si la philosophie arrive à prouver la vérité du grand principe de la théologie, et se pénètre ainsi de Tessence même de la religion , donc la philosophie moderne arrive à* se faire religion.
Enfin nous démontrerions encore de même la première et la troisième de ces propositions par la seconde; en effet :
|o Si la philosophie moderne, qui a proclamé son indépendaoce , prétend suffire à l'humanité et remplacer la religion , e'est donc qu'elle /a le sentiment que la philosophie suffît aux hommes , et que par conséquent la philosophie dans son essence est une religion.
2» Si la philosophie moderne , ayant prodiamé son indépendance , prétend suffire à Thumanité et remplacer la religion , il faut de toute nécessité qu'elle arrive à donner une formule de la vie; car la religion étant la science de la vie , la philosophie , qui aspire à la remplacer et qui prétend pouvoir le faire , doit réellement tenir sa place sur ce point le plus important , et sans lequel la philosophie doit rendre les armes à la Révélation et se déclarer sujette. Donc, ou la prétention de la philosophie moderne est absurde et doit être radicalement abandonnée , ou la philosophie moderne doit s'expliquer sur le fond même de la théologie, ou du moins commencer à s'expliquer sur ce fond; sans quoi il ne faudrait regarder tous ses travaux depuis cent cinquante ans que comme une sorte d'émeute et d'insurrection vaine de Fesprît humain contre le joug de la Révélation. Or, en fait, c'est ce que nous pré-