PRÉFACE. XV
tendons que la philosophie a fait ou commencé de faire.
Ainsi de quelque point , pour ainsi dire , qu'on aborde ce cercle de raisonnement , on est obligé d'en parcourir toute la circonférence, et on arrive logiquement au dernier point, qui ramène au premier. Une de ces trois propositions est non seulement conséquentielle aux deux autres, mais identique au fond avec les deux autres ; et , réunies , elles fondent un principe. Ce principe représente à la fois , à un certain point de vue , l'essence de la philosophie et l'histoire même de la philosophie. L'histoire de la philosophie et la proposition finale de la philosophie s'y trouvent identifiées.
Je dis la proposition finale de la philosophie, et pourtant je prie bien de remarquer ^que je n'entends pas que la seule formule de la Trinité psychologique constitue toute la philosophie , ni qu'elle détermine même d'ane façon absolue le point où en est aujourd'hui la philosophie. La philosophie n'est pas seulement une psychologie ou une métaphysique , elle est aussi une morale, et une politique. Elle a trois aspects simultanés , en vertu même de la formule dont nous parlons ; et véritablement l'on ne se fera une idée certaine de la valeur actuelle de la philosophie et du point oà elle est arrivée dès à présent, que lorsqu'on ne la comprendra pas seulement sous le rapport de la métaphysique, mais encore sous le rapport de la morale et de la politique. Ainsi , pour nous , bien que la formule dont nous venons de parler Mrit en quelque sorte le faite actuel de la philosophie sous le rapport psychologique , si nous avions à traiter complètement de la philosophie, nous ne commencerions peutêtre pas par en traiter sous ce rapport , et surtout nous ne considérerions pas la psychologie , ou même la métaphysique dans toute son étendue, comme étant tonte la philosophie. Mais, définissant la philosophie la religion ou la science de la vie, nous chercherions ses bases et nous les découvri-