CONVENTION NATIONALE, 1793-1794. S
rais vous faire injure que de chercher ici à la combattre. Il me souvient d'avoir entendu , en t8i5,
de bien braves gens accuser aussi Napoléon d'avoir été de connivence avec Louis XVIII , pour rétabUr la maison de Bourbon sur le trône de France ; et les raisons ne leur manquaient pas non pins à Tappui de cette étrange supposition. !N 'était-ce pas en effet
publique, il est boD de dire que MM. Comte et Dunoyer finetrt
étrangers à Tinsertion de l'article fourni par M. Dulnure. Je n'ai pas besoin d'ajouter que je n'allribue qu'à une dcplorable crédulité, eHtretenue par des réminiscences et des préventioDS de parti, la démarche de l'auteur de l'Histoire de Paris : un écrivain aussi recoromandable a dû nécessairement être lui-même abusé , aTsiit d'enirahier les autres dans rerreor.
L'aUié de MontgaUtard insinue cependant que Courtois , qui supposa .tant de pièces calomnieuses pour ÎAve croire au roj»* lisme de Robespierre, eut la maladresse de supprimer précisément tm grand nombre de lettres, écrites de l'étranger à ce dernier, et qui «auraient pu coniirmcr les soupçons invraisemblables qu*U cherchait à faire planer sur la victime des thermidoriens. .( Page 161, tome IV. ) Cet historien ajoute , dans son neuvième tohme, que M. DecaoesTéussit & mettre ces lettres entre les mains du roi, Louis XVIII , et qu'elles renfermaient, d'aprèa certains bruits , la correspondance de différents personnages de l'étranger avec Robespierre. ( Page 199, tome j 3Iais à qui parviciulra-t-on à faire croire que les hommes qui glissèrent le sceau à fleur de lis sur les bureaux de la commune, et qui firent tant d'iefifiorts pcnir représentér Robespierre comme un agent de rénignitian , euuent 8o»tvait eux-mémet les pièees qui auvaient assuré le trioipp)w de cette aocinsatÎM et jnetifié lenr condinlQ 7
3aO 0H21EUE LETTRE y
Bonaparte qui avait facilité la restauration de i8i4» ^ en fatigaot le peuple français avec ses inlenninabks expéditions militaires et son insatiable ambition? Sans lui, sans les vexations de son administration despotique, sans les fautes et les excès de son gouvernement, sans l'appauvrissement continu et la perpétuelle décimation des familles par la guerre et la fiscalité, les descendants du iiéarnaiSy que la révolution semblait avoir séparés pour toujours de la nouvelle France , n'auraient pu espérer de rentrer paisiblement dans le palais de leurs ancêtres , et de ne rencontrer que des acclamations sur leur passage, en se présentant, à leur tour, comme les réparateurs des maux du pays, les restaurateurs de la liberté, et en promettant Tabolition de la conscription et des droits-réunis. Bonaparte avait donc conspiré pour le retour de lancieiuie dynastie, et Ton devait s'attendre à voir publier un jour sa correspondance avecMittau et Hartwell. Vous riez. Monsieur! et cependant cette logique valait au moins celle de Tabbé de MontgaiUard et de M. Dulaure.
Je passe à Taccusation cV atrocité, d'ineptie et d'ambition 9 et je n'bésitepas à dire: Non, Robespierre ne fut pas le plus cruel des révolutionnaires ; non , sa médiocrité nest point incontestable; non, la dictature, la royauté, le suprême pouvoir ne fiit point le but secret de toutes ses actions.
coNnoTTioir v Anoor ai« , 1793- 1794* 3a 1
// ne fut pas le plus cruel des révolutionnaîresl Car c*est lui qui prévint une épauTantable répétt* tion des massacres de septembre, par Tarrestatiou et le supplice des héber Listes ; car il voulut dénoncer à la vindicte nationale les Bout cbn , les Fréron , les Tallien , les Fouché, et tous les proconsuls couverts , comme eux , de sang et de rapines. Ne sait-on pas que ces héros du 9 thermidot ne se soulevèrent contre lui que parce qu'ils se Sentirent menacés, dans son discours du 8, d'une prochaine répression de leurs crimes? Ignorei-t-on qu'ils ne Timmolèrent que pour perpétuer les-eKoes révolutionnaires dont il voulait arrêter le cours (1); qu'ils ne lui deman-
(i) M. deMontgallIard, lui-mùrne, n'a pas osé contester cette intention à Robespierre, tant elle ressortait des faits, reconuuà flngoiml'liiiijMNir authentiques, a Cet homnie, dit-il, aussi fourbe «i fa'atroee» «taU conçu le dessein d*élre le réparaUiw des excès i>. ifo'il avait fidt commetlre. » (Page 197, tcmie IV.) La Biog^ phie universelle^ publiée sous la direction de MAI. Micliaud» dont le rojalbme n'est pas douteux, rciikd encore plus de jnsrice à Robespierre ; elle ne se borne pas , en effet, à constater qu'il ' voulut ramener la révolution à la modération et à la clémence; elle fai^. remarquer aussi qu'il fut étranger à la plupart des crimes .dont on lui a laissé la responsabilité. « 11 ne faut pas croire» « .disent les collaborateurs de MM. Miçhaud » que Robespierre » fut l'auteur de tous les crimes dont on a chargé sa mémoire. » Parmi ses collègues des comités, et surtout parmi ceux qui » furent eoToyés dans les départements et aux armées , plusieurs » portèrent la cruauté bien au-delà des instructions et des ordres » qu'il leur avait donnés; et, dans ce nombre, il en est qui,
ai
3aa OWZitex LETTRE,
(lèrcut compte que de la mort de Danton (j), et lui reprochèrent aa répugnance pour Marat? Au-
» après avoir coatribné à le renverser, se sont présentés, eneore * tout couTOts de sang et dé déponillesi comme les défenseurs de » la jostioe et de llinmanilé..... Robespierre a été aocosé , après » sa clmte, de tons les crimes de ses complices, et même de ceax » de ses ennemis. H est constant que ce Jut pendant qu'il s'éloi- » gna des comités, quelques semaines avant sa mort , que la » terreur /ut portiîe au plus haut degré , et que les exécutions k multiplièrent avec une épouvantable rapidité ; ii e*t égaîe-^ » ment sûr que son intention était alors d*y mettre j!n„^ S'il » n'osa pas Falinoncer hautement, c'est pane qu'il cnîgnit » l'opposition de ceux qnîle renrnsèrent, et qui s'apprêtaient » è l'accuser de modérantisme, s'il \emt en avait fourni l'occasion. M Ce furent les mêmes hommes qui l'accusèrent de leurs crimes u lorsqu'ils l'eurent renversé.» M. Las-Cases elle docteur 0*Mc«ra rapportent que Napoléon Icnr déclara avoir vu, à Tarmée de Nice, des lettres de Robespierre à son frère, dans lesquelles il blâmait les liorreurs des ^commissaires oonvenHomid^ qm ]MBi^* daient, disait-il, la révolution par leur tyrannie et leurs atrodlés. Leprisonnier de Sainte^Hélène ajouta ensnite, èeette-confideiice, cjue Robespierre , d'nprcs l'opinion de Cainbncérès , dofft la sagacité était rarement en défaut quand il s'agissait de juger le» Lomuies, avait plus de suite et de conception qu'on ne pensait; et qu*après avoir renversé les/actions effrénées qu'il avait eues h combattre , son intention avait été le retour à Vordre et h la modération, « 'Quelque temps avant sa diute, avait dit l'archi- » cbanceller à l'empereur , il prononça un discours, 'à ce sujet , 1» plein des plus grandes beautés ; on ne l'a point laissé insérer » au Moniteur, et toutes les traces nous en ont été enlevées, u ( Ësprit du Mcm. , tome I , page ai 5. ) ( i} Garoier dcTAube, voyant tous-ies partis de la convention
éONTElfttOir WkTlOKÂUL^ I793-I7()i. $2^
rait-on oublié enEn que &ou aj^sence des comités fut marquée par tin redoublement de terreur, et
que la révolution ne fut jamais plus meurtrière que lorsqu'il en abandonna les renés aux hommes, qui levaient accusé de ^annie ( i.) ?
La médiocrité de Robespierre n'est point incou' testablel car ses discours sont là, quoiqu'on en dis^^ pour attester le contraire; car , Saint*Just exccfi^é , il est peiit«étre le seul des fondateurs du gouverne-^ ment révolutionnaire qui soit resté supérieur aux passions désordomiées , dont il crut devoir accepter provisoirement l'assistance pour vaincre les opiniâtres et redoutables ennemis de la république. En vérité, les meneurs de toutes les factions se sont montrés bien modestes en se réunissant pour pro* clamer unanimement la nullité de celui qui , sans autre ressource que l'austérité de ses mœvirs et de ses principes, parvint à les dompter tous, et ne duccoaiba ensuite que pour avoir tenté de régula-
réaniséontn Robespierre, lui adressa (Sette aposiroplie : «Lé
» sang de Danton t'étouffe I »
(ij Billaud-Varennes , dans une séance du coraitc de salut public» ayant accusé Robespierre d'aspirer à la tyrannie , cclutd lai répondît avec l'accent de la surprise et de l'indignatton : « Moi, votre tyran! ahl traaqaUlîses-voiu; puisqu'il en est » ainsi, je tous Uisserai gouTerner à votre aise i • et il se retira pour ne pins reparaître que le 8 thermidor à la tribune de la convention.
3^4 ONZltME UnTftE ,
riser Taction réTohitionnaii*e,daiis un temps où elle ne pomrait céder encore à la prudence des hommes.
Dès les premiers orages de l'assemblée constituante, Robespierre comprend l'impossibUilé de rattacher sincèrement au nouvel ordre de choses l'héritier du jpouvoir absolu de soixante rois; il prévoit l'opposition de lacouTySesmanoeuvresau dedâns et au dehors de k France, l'irritaticm populaire qui doit résulter inévitablement de ces machinations , et il place le terme définitif de la révolution , la paix et Tordre pour la société régénérée, dans des institutions démocratiques, telles quil les a conçues dans ses méditations sur le contrat social de Rousseau, ou clans soi^ admiration pour les républiques de Van* tiquité (i). Cette idée, qui le domine et le poursuit sans cesse, perce dans tous ses discours à la première assemblée nationale; il* est républicain par anticipation , il se croit déjà au sein de sa nou-
(l) La monarcliic féodale une fols renversée, sous l'influence des théories démocratiques j il était naturel que les destructeurs, qui Toudxaient fonder un ordre nouveau, cherchassent à lui doiiner nne base républicaine , et qu*ib portassent des regards d'envie sur les constitutions d'Athènes et de Rome. Cependant Robespierre, tout en admirant les anciens^ sut comprendre rincompatibilité de leurs Institutions avec nos mœurs actuelles , et ne craignit pas d'attester la supériorité des modernes^ fruit nécessaire de la marche progressive del'osyjrit humain. Le littérateur Mercier avait dit, dans une discussion importante : « JL » peine ayez^vous des idées justes sur la liberté, et déjà vous
CONVENTION NÀTIONALB» I79'3-I794. 3^5
Telle Sparte, et plein de Montesquieu, il invoque k Tertu pour en fiuLre le principe vital du gouverne^
ment qui doit, à son avis, régir désormais la France. Cependant, tandis qu'il se jette ainsi dai^ Tavenir, qu'il se complaîii 4ans ses prévisionSiel ses.oadcul§, le$i partis se heurtent yiolemmentà côté de lui; les classes privilégiées s'pbstinent à repousser le niveau de l'égalité ; elles ont couruaux armes et soulevé r£urope, en faveur de leur cause : la révolution est en danger ; Robespierre s^ en aperçoit; il abandonna momenta-, nément ses spéculations abstraites; il sept que pour parvenir à les appliquer un jour , il faut d'abord empêcher le retour de l'ancien régime; et . comme cette rétrogradation est à ses yeux la conséquence immédiate du triomphe des rois coalisés; comme ce triuniplie lui paraît imminent s'il n'est conjuré, par le déchainenent «le la colère nationale et des: foreurs, de kl muittitude, il s'appuie sur le jacobio*
» osez ycms placer au niveau des Romains !» — « Où a-t^il vu » cethoiume, répondit Robespierre, que nous fussions inférieurs. » aux Romains? Où a-t-ii vu, cet homme, que la constilutiofr « queooiu «lions tecmioer fut au-dessous de ce sénat despotiqHC. » qui M QOQDiit jamais la dédantion deadsoita 4e Vlioinme ? » Il y «vaitloia«eaeffist,daUcK?ili8atîaBdii pay» oùla difinaîon progranive des hunUrea avait a^Moé cette dédaratioQ , à Tétat social d'un peuple où quelques familles soitreiiKRea teneiciii dans l'avilissement la masse de la population , cruclkiueut ploitcc comme esdavc, ou opprimée comme plébéienne.
3^6 OHZlÈSfE LETTRE,
nisme, sans en adopter les travers (i); sans lui donner <pi'une importance temporaire; et quand
* (t) Robeipîerrei tout en aooepUnt les seconn du sans-cnhH time, xeAua oonstamment de lut payer son tribut personnel; oe qui prouve qu'il était topérieur aux passions démagogiques , et qu'il n*avait fait avec elles ^y^Vfie alliance passagère. Non seulement il conserva le costume de l'ancien régime , et se fit remarquer par sa propreté au milieu des jacobins q^i affectaient le « désordre dans leurs vêtements; mais il se préserva soigneusement encore, dans ses disconn, de la contagion du cjubme, mis en honncor par- h rbétoriqne de cette époque, et ne tutoya jamais que set amis» comme Ut ne fut tutoyé que par eux. Lorsque Damoorier, le bonnet rouge sur la tète, vint recevoir Taccolade fraternelle aux Jacobins, et promettre à cette société de n'agir que d'après la directiou qu'elle lui imprimerait , Robespierre a'éleva courageusement contre ce^t&basse flagoruerie , rappela à isL société qu'elle n'était point un corps constitué, et déclara que l'anarcbie la fhi^ complète régnerait en Fronce le jour où les dépositaires de raolorité reconnaîtraient une %ntre pmÎMaVçe que celle de la loi , et se soumettraient à l'exigence d'un certain nombre d'individus , sans mission légale , réunis seulement pour s'éclairer mutuellement sur leurs droits et leurs devoirs de citoyens. Tandis qu'il opposait ce langage sévère aux flatteries de BumouÉkr, un membre de la société prit le bonnet rouge du général et le plaça sorhi téte de l'orateur, qp(, plein de dégoût pour les démonstrattoiis théàtAles, s'intefxompit aussitôt pouv jeter violemment à terre le bonnet sacré f qui servait alors d'embléme au civisme; et telle était la réputation de patriotisme et d'intégrité dont jouissait Robespierre, que cet acte d'indépendince, véritable profanation aux yeux des jacobins, ne nubit point à sa popularité.
GoifviiHTioir JunonASAy 1793-1794. 3^7
ce puissant auxiliàire, dans sa tendance anar« chique , menace de démoraliser la nation , et de
déraciner les principes, sur lesquels il se propose de fonder plus tard la réorganisation de la société française; quand Fochlocratisnie , subversif de toute morale et de tout ordre social , semble vouloir se constituer d'une manière définitive et ajouter de plusgranda excès à ceux qu*il a déjà commis, Robespierre le frappe sans indulgence, sans égard pour les services rendus contre l'ennemi commun , et rappelle ensuite le peuple aux notions primordiales sur lesquelles doit reposer son bonheur futur. On le voit combattre alors les extravagances des a^âtres de la raison (i); s'opposer au scandale des abjurations imposées aux prêtres Gattioliques(2); s'indigner des tracasseries dont sont l'olqet les citoyens qui . vont entendre hu
(1) J^oh^pipw» «'^priimit aioMy an fiijet de Chamnette et d*Héberty les pontifes sopiémes du cuUe de la Raison : • Ils ont » érigé rimmoralité y non seutement en système ^ mais en fdi- » Ugion ; ils ont dierché à éteindre tous les sentiments généreux
> de la nature parleurs exemples autant que par leurs préceptes. » ( Discours prononcé le 7 nuU 1794.).
(2) « Les abjurations à la. tribune» dit Montgaillardf à la » barre ou par écrit ^ se succéderont en si grand nombre pendant » plusieurs jours, que Robespierre et Danton, s'clevant contre f cet 4Utre genre de momeries, feront décréter qu'elles ne seront < plus reçues qu'au oiniilé d'iuttnipUon pidi^qne* » ( i53« -lV. )
messe en secret, ou les mi^istrfea qui la dise&t (ï); proposer enfin un nouveau culle, destiné k servir
de lien religieux aux chefs et aux membres de la ûa* tion j qui auront abandonné les anciennes croyan» ces. Il saH qu'en excluant la religion de Torganisation sociale, il laisserait un vide immense dans sou système , et fournirait aux eno/emia des institutions républicaines roccasion de s'emparer exclu-* sivement d'un sentiment indestructible chez rhomme, poui* le dirigée contre elles; nms il sai^ aussi que les représentants de la f rapce» élevés sous l'influence des doctrines philosophiques du siècle , sont portés à n'admettre que ce qui leur sera dét montré vrai par leur propre raison , sans examiner si ce rationalisme pourra devenir une religion pour la masse du peuple , et il s'<^itorce de les. arracher à cette dangereuse irréflexion. « £b! que vous im- » portent à vous , législateurs, s'écrie-t-il, les hypo-
(i) Courtois, dans son fameux rapport ( pag. [\i et 'i^j, fait un crime à Robespierre à! avoir déclame contre ceux qui renver» Huent U cuite , et s'opposaient à ce qu'on élit la messe , ou qu'on alldt l'entendre. Voici les déclamations de Robespierre : « Oo a » dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe; ils la diront plus » long* temps , si on tes empéclie de la dire. Celui qai vent les » empêcher est plus fanatique que celui (jui dit la messe..-.. On » dira peut-être que je suis un esprit étroit , un homme à préju- » gés; quesais-je? un fanatique ! J*iii déjà dit que je ne parlais » ai comme individu, ni comme un philosophe syatématiqncy » mais comme nn représentant da peuple* »
cojxymxTiqs vàxtoskiMy ft793-i7g4* 3i29 » thèses diverses par lesquelles certains philosophes i> exf^qaent les phénomènes de la nature? Vous » pouvez abandonner tons ces <^et9 à leurs dis»
» putes éternelles; ce n'est ni comme métaphysijft ciens, ni conpone théologiens, que vous devez les 9 envisager : aux yeux du législateur, tout ce qui
» est utile au monde et bon dans la pratique est s> la vérité (i). » Quelque sagesse et quelque pror fondeur qu'il y ait dans ce langage , il ne peut être
goûté par les honinies auxquels Robespierre Tadresse. lis appartieimeut presque tous à cette école philosophique, dont Tintervention fat indîspen»
sable pour renverser Téchafaudage de l'ancienne organisation , et qui fait de la politique une science abstraite, fondée sur VinmrkUfîe et Vcibsolu^ bien que ses éiémens se modilicnt selon les temps et les lieux, et qu'elle ne puisse devenir applicable qu'en se soumettant à l'exigence de ces perpétuelles variations. (]e n'est pas d'ailleurs au milieu de la crise révolutionnaire > c'est à. dire au moment même où les partisans des vieilles idées religieuses, apportent les plus grands obstacles à l'accomplis-
(i) Buult mène diicom, Robespierre attaque \m encydo* pédiatei , parce qne^leort doctrines parement critiques forment m obstacle à ses essais de icconstraotton , et il oublie ainsi que
ces bommes, chargés surtout de déraciner de vieux préjugés , remplirent inerveilleuseraent leur tâche : son erreur lut, au reste, le résultat do sa positioub
33o oNziàKE umufi,
sèment de la réfoimation politique; provoquent ou eutretiennent par leur persévérance le débor* dément du scepticisme et de Tincrédulité; ce n'est pas dans un tel état de choses qu'un appel au sentiment religieux peut être accueilli (i) favorablement par les réformateurs. Les meilleurs patriotes de la convention, dupes de l'exaltation philosophique qu'ils tirent deSk circgnst£giçe$, croient
(i) Non seulement la conception de Robespierre devait ëcbouer devant la violence] des passions révokiliDDnaires , soulevées contre le sentiment religieux*, maja, en suppoMt même le calme rétabli elle oe ponrait pas aToir unmei^eiir sort <|Be la tliéopliilaaUiropîe de la Réveillèce-Lepeavx. Le théume était trop pour les disciples des encyclopédistes» et n'était pas assez pour ceux qui allaient entendre la messe dans des grenters , ou s'apprêtaient à saluer Bonaparte du titre de restaurateur des autels. Cependant l'homme d'état qui sut se garantir du criticisme délirant qui maîtrisait la plupart de ses collègues, et qui conçut 1^ projet de iouder un noâTel ordre moral sur une liase religieuse j tant pcmr se çonfoçmcr aux besoins des masses populaires, que pour ramener la nati(m fr^inçaise à Tunité sociale, non seulement par la centralisation matérielle du gouvernement, mais encore par la communauté d'affections et d'idées : cet homme a fyit preuve d'une grande supériorité de vues. On peut, du reste, en juger par le passage suivantde son disconr&^<«r les rapports des idées refigieiues etmor^des avec les principes r^pu^iicains.{ « Vous iFous garderez bien de. briser le lien sacré qui unit les » bonimes à Tantevr de leur être : Q snffil même que cette opi* » nion ait régoé chez un peuple , pour qu'il soit dai^erenz de » lu délruixe , car les motifs des devoirs, et les bases de la mora-
cojnrEHTioK HATioFALB, 1793- 1794* 33 1
apercevoir la superstition derrière le théisme de Robespierre, et s'imaginientque leur collègue cherche à ^ réveiller d^antiques préjugés pour s'en fiûre un moyen d'asservir le peuple. Us n'osent pas d'abord s'opposer hautement à la fiôte. de l'être suprême ; mais ils la désapprouvent dans leurs entretiens particuliers^ et même dans les comités (i). L^e mécon-
• Kté s*étaiit nécessairement liés à cette idée , Teffioer dé-
» moraliser le peuple- 11 résulle du même principe qu'on ne doit 9 jamais attaquer un culte établi qu'a\ec prudence et avec une » certaifie délicatesse, de peur qu'un changement subit et violent » ne paraisse une attei«^te portée à lu morale» et une dispense de » la piobité même. An reste, celui qui pent rempli^oer h diTÎnité, > dans le système de la vie sociale, est âmes jenz nn prodige de » génie; ceint qui , sans l'aToir remplacée, ne songe qu'à la » bannir de l'esprit des hommes, me parait un prodige de stu- » pidité ou de perversilé.^f .
( i) Le comité de salut public avait fait acheter un exemplaire des Oeuvres complètes de Jdabijr , pour servir de délassemen t à •et membres, dans les courts instants de loisir que leur laissaient lemt nombrensci occupations. Un jour, l'un d'entre eux s'étonnu^de trouver, dans les écrits de ce philosophe, un passng;e où Pautenr des Entretiens de Phocion se prononçait pour l'intervention des idées religieuses çt de la sanction divine dans • toute organisation sociale. Il lit part de sa surprise à l'un de ses collègues, qui la partagea. Saint-Just, qui était présent, demanda à voir le livre, le lut attentivement, etTemporU, après avoir laissé entrevoir qu'il n'était pas éloigné de se ranger .à l'opinion de Mablj. Ge fut quelques jours après que Robespierre préienta son projet àtféte à VÉtre suprême. Le membre ()u comi^ç
tentement de ees. répiAlicaiiM sincères fait tressaillir les factieux, échappés au naufrage des cordelierset de lacommune. Ude coalition monstrueuse se fernie: les révolutionnaires ^on; le sens du crime circonvienneut les démocrates les plus désintéressés; et les Bourdon, Rovère,. Talii^, etc., vont en* traîner les Prieur, Cambon (i) et Lindet contre celui qu ils ne désignent plus désormais que par l'épithète de tyran ^ ou à' ennemi commun. Carnot» qui osa, le premier, manifester ses craintes àR<^>espierre lui-im-ine sur ses vues ultérieures (2 j, Carnot hésite cependant aujourd'hui ; il n'est pas encore
de salut public qui m'a rapporté et lût, «t ip est pvéciaément celui qui montra tant de surprise de la religiosité de Mably, croît que cette circonstance seule amena la propositbn de Robespierre. Il me semble plus naturel de penser que fleint-Xnsli ne s*empsra
du volume, dont quelques phrases avaient offusqué ses deux collèges, que parce qu'il trouva dans Mably une autorité de plus ca faveur des plans qu'il méditait aloxs , sans doute » areo Robespierre^
(i) Cambon ne tarda pas à reoonnattre qu'il avait été trompé. Un de ses amis m'a assuré Pavoir entendu s'écrier, au m^ent où le consul Bonaparte exerçait de fliit Ifr dictature : « Ifons
» ayons tue la république , au 9 tbermidor, en croyant ne tuer » que Robespierre ! Je servis à mon insu les passions de quel- » ques scélérats : que n'ai-je péri ce jour là avec eux !,la liberté » vivrait encore ! »
(ft) Carnot fiit jusqu'à meRaoer Robespierre do le poignardér si! tentait jamais d'acoomidir les pnjets tyranniqaes qu'on lui supposait.
cosrvEiîTio» SATionALSy i793-i794> ^33
entièrement eonvatincu que son collègue nourrisse | des desseins funestes à la république, qu'il aspire à la | dictature. Il voudrait quW se bornât à lui Usure une \ guerre défensive, jusqu'à ce que «es projets liber^ ticides fussent devenus évidents .et incontestables, Maig la phipart des conspirateurs ont besoin debàt^r leurs coups. Us sont instruits que Robespierre ih* siste sur la nécessité du purifier le parti républiT Gain; et ils veulent, à tout prix , préveqlr répuration qui doit les atteindre. Robespierre se croit en effet près d'arriver au terme marqué pour régulariser le mouvement révolutionnaire; il songe^à réaliser bientôt ses plans de réorganisation , à fonder sur une base démocratique, les nouvelles institutions qui lui paraissent renfermer toutes les garanties de paix , de bonheur et de liberté qu'un homme d'état, républicain, puisse désirer pour ravenir de son pays. £t comme il sent le besoin de faire servir au rétablissement de Tordre d'autres instruihents que ceux dont l'emploi fut inévitable dans la con- ^ fusion produite par racbamement réciproque des partis et par les dangers de la république; comme il est jaloux d'ouvrir l'ère nouvelle avec 'des auxi«> liaires dont les antécédents ne soient pas un ob* stacle àla confiance de leurs concitoyens ( i ) ; comme
(i) Pen de temps avsDt le 9 theimîdor , RebespUfrra eut un entretien avec te citoyen Aignan , alors commiasaîre dn goofer* j nement à Orléans, depuis membre de l'Institut. Il lui annonça
OirZKàXB LSTTAS )
il pressent \n répugnanoe-deolioiiimes qui se sont fait une existence exclusivement révolutionnaire^ à rentrer sous Veinpire de la tnodératioox et de la justice ordinaire^ cdmme îl tient à préserver la société 9 rendue à l'état normal, de l'iniluence des agents de la terreur, qui dépassèrent méiiie ks iii« structions dés comités dans lem sdnglantes missions; comme il ne veut pas que des noms auxquels sont attackés des soufenlrt de férocité, de pillage et de débauché, se mêlent à k fondation d*un ordre de choses qu'il se flatte de pouvoir appuyer sur la tnorale austère et les vertus des anciennes r^ub]i« qties (i): il laisse entrevoir le désir d'une nouyelle épuration, et ceux qui trouvent, dans leur cou-
SCS projets de réorganisation , et liit demiinâa nn6 Ksté (lés répti* îjHc.iîns !5agps, étrangers .lux excès de la terrear^ qui pourraient entrer dans la nouvelle composition des autorités de son dépar-fc ' temeat Couthon, au nom de Robespierre, fit, à peu près Yen le même temps, nne semblable demamle à Cambacérès , ponr le département de lHéranlt.
(i) Robespierre pouvait se tromper^ Mitts doute, sur la nattti« des institutions qui convenaient • kf Ftantse , (iomme il s'abusait
lorsqu'il pensait que son nom , après avoir dominé tous ceux que le régime de la terreur a.v.ât fait sortir de l'obscurité , pourrait encore présider au retour de l'ordre et à la constitution définitive du pays : mais le mérite de sa conception organique lui reste toujdurs, indépendamment des formes inapplicables qu'il avait adoptées, et des obstades qu'il devait trouver, dans sa position pecsounelle, pour mettre lur-môme ses théories en pratique*
COirVENTIOW JXATIOJX LLE j '79-^-1 794» 335
science, des motife de l»redoiiter,accéIèreflt aussitôt la marche de la conjuration. Ils ont envahi le comité de sûreté générale^surpris le patriotisme de plusieurs, membres ducomitéde salut public, et enhardi Billand à accuser Robespierre de tyrannie, dan:} une séance même de ce comité. Robespierre n'arépondu qu'avec une indignation mêlée de mépris à cette inculpation , et s'est abstenu pendant plus d'un mois de prendre part à la direction des affaires. Enfin le 8 ther-, midor, voyant le désordre et les malheurs de la patrie s'accroître, il quitte sa retraite pour venir dénoncera la représentation nationale, les homm^ qu'il regarde comme les auteurs de la prolongation des troubles et de l'anarclue. « garantie du » patriotisme, dit-il, n^est pas dans la lenteur ni 9 dans la faiblesse de la justice nationale , mais dan» » les principes et dans l'intégrité de ceux à qui elle » est confiée , dans la bonne foi du gouvernement , 9 dans l'esprit public, dans certaines institutions » morales et politiques qui , sans entraver la mar- » che de la justice offrent une sauve-gardç aux » bons citbyens, et compriment la multitude par » leur influence sur Topinion publique, et sur la » direction de la marche révolutionnaire; ce sont » ces institutions qui nous manquent encore et qui » vous seront proposées quand les conspirations i» les plus voisiner permettront aux amis delà li- » berté de respirer. Guidons. Faction révolution-
336 QNZtËM^ LETTBE,
» naire par dm mazfaws aaj^ et constamment
« maintenues; punissons sétcrement Ceiix qui abu- 3> >sent des principes révolutionnaires pour vexer » les citoyens (i). Qu'on soit bien convaincu que » tous ceux qui sont chargés de la surveillance naji tiooale, dégagée de tout esprit de parti , veulent
(i j Les vexations en matière religieuse se multiplièrent à l'inbai, et contribuèrent à faire baïr la république, surtout dans les elaues infiériairtes et dans les Campagnes. Le respectable M. Gré* goire « rèowBÎIi tatê foule inum^rable defiiits <{m attestent lei flmestfs Ténitati â& famtisme plilosophique sur l'opinion pu* blique. Robespierre les STait pressentis, lorsqu'il s'opposait anst abjurations des prclres et aux tritcassi ries dont on entourait ceux qui disaient ou qui entendaient la messe. Dans son discours sur la faction de Fabre d'Eglantine, discours trouvé dans ses papiers, ët publié à la suite du rapport de Courtois , on Ht le paragrapbè HÂfmt i « Le moment, sans doute, étail favorable pour piécher
• une. doctrine IMui et pusUIanime^-méme â des hommes bien » intentioniiés, lorsque tous les ennemis de b liberté poussaient » de toutes leurs forces à un excès contraire ; lorsqu'on confon- » dait la cause du culte avec celle du despotisme , les callioViques >» avec les conspirateurs, et qu'on voulait forcer le peuple à voir
• dans la révolution, non le triomiYhe de la vertu , mais celui de » l'athéisme, non la souice de son bonheur , mais la destruction » de toutes sa* idées -morokii et religieuses^ dans ces jours où > l'aristocratie, affectant de d^trer de sang- froid, croyait » forcer le peuple à partager sa haine pour l'égalité , en atta- » quant les objets de sa vénération et de ses habitudes ; où le )• crime de conspirer contre l'état, se réduisait au crime d'aller » à la messe, et où dire la messe, était la même chose que cah- » i^iKrooattelAn^ubliqn.»
ëôirVENTlOK HATIONÀLÉ , I '^93-1794. 33^
» fortement lé triomphe du patriotisme, etlàptihitîon dès èôiipables; totkt rentré dans iWdré Lé
» gouvernement R évolutionnaire a sauvé la patrie; il
» faut le sauver lui-même de tous les écùeits »
tlobéspierré sigààVe ensuite cès ééueils, qu'il placé surtout dans la corruption et Vimmoralité de quelq[ues dépositaires de l'autorité publique ^ et il se ' deitianclé en finitoantt «• Quél est le rémède à ce 0 mal? punir les traîtres, répond-il, renouveler » les burëaux du comité de sûreté générale, épurer » ée comité lui-méEbe, et le subordonner àù comité » de salut public; épurer le comité de salut public » lui-même^ constituer Tunité du gouvernement » sous riautorité suprême de la convention na» I» tionalé qiiî est le centre let le juge , et éiCraser >) ainsi toutes les factions du poids de l'autorité na- % tionale , pour élever sur leurs ruines la puissàhcô » de la justice et de la liberté: tels sont les prin- » cipes. « Dans ce même discours, Robespierre s'e^t appliqué à réfuter tous lés bniits calomnieux j; ^pandus silrleâ de^séih^ décrets et les Vute Ambitieuses que lui prêtent ses ennemis. « Les infâmes x> disciples d'Hébert, à-t-il dit> m'ont déclaré coh- » vaincu de roodérantisme t c'est encore la même » espèce de contre-révolutionnaires, qui persécute le » patriotisme. Jusques à quand Tbonneur des ^^ citoyens ët la dignité de la conveiitioh natiôtïalcf » seront-ils à la merci de ces bommes-là Ils ont
an
338 OHZliME LETTRK,
j» ditaux nobles . Cest lui seulqui vous a proscrits; — » aux patriotes : U veut safiver les nobles ( i ) ; — aux » prêtres: cest lui seul qui vous poursuit; sans lui » vous seriez paisibles et triomphants; — auxfanati- » ques : c'est lui qui détruit la religion; — aux pa* » triotes persécutés: c*estlui qui ta ordonné ou qui
• (i) La société des jacobins retentissait «faccnsations Tiolentes contre le comité de salut public , parce qu'il conservait dans l'arniée des officiers nobles. B***, codant à ces clameurs, proposa de les exclure^ Cariiot s'y opposa de toutes ses forces, en déclarant qne cette mesure porterait la désorganisation dans les rangs de nos soldats, et priverait la patrie d'une ibnle de défenseurs ^lement braves et expiérimentés. Gei sages et couràgeuses ob« fervatioBBde l%omme qui dirigeait «xdnaÎTenieiit les opérations militaires firent ajourner • la mesura; mais les jàcobins Tayaut itclaméo avec une fureur tonjoJirs croissante, la majorité du comité ne crut pas devoir résister plus long-temps, et l'arrêté fut dressé par B'^'^'^, et signé pxir les membres présents. Robespierre entra sur ces entrefaites ; on lui fit part de la résolùtion qu'on tenait de prendl«, et lui , de s'écrier aussitôt : '« filais vous êtes s fous ! TOUS Toulm donc désorganiser l'armée Les- jaco*
» bins nops pressent , lui réppnd-on. » — • Jjt& jaoobîns I est-ce V que des hommes d'état doivent recevoir leur impulsion d'une i» société popidaire ? Les jacobins nous sont utiles , sans doute , » pour entretenir l'exaltation patriotique dont nous avons besoin » pour sauver la révolution ; mais nous devons en faire nos auxi- 9 liaires , et non pas nos dii'ecteors. Vous feriez vraiment de » bettes choses , si vous yoniies vous soumettre à toute knr exi« » gencel » Ce fut pour s'étrç montré ainsi supérieur a reongé* ration et aux préjugés révolutionnaires, que Robespierre se vit accuser de favoriser les nobles !
COKVEWTlQlf . KAÏIOI^AL^.,' 1 793- 1 794«
ne vewr pas tempécher» Ils m'ont renvoyé toute» » les plaintes dont je ne pouvais faire cesser les » ca^eâiy.«Q disant: Yotre sôrtxlépeD4 de lui seul...
» Ils m'ont appelé tyran Si je Tétais, ils rarnpe-
» raient à mes picids, je les gorgerais d'or, je leur » assurerais le droit de commettre Ijpus le§ . crûmes ^ » et ils seraient reconnaissants U Robespierre a dit vrai, et cependant cette déclaratiou apologétique, hostile seulement aux dépm^ /^Ijt aux fonctionnaires qnl ont profané le oaraotère républicain, ne fera que .hâter sa chute. Si la majorité vote d'abord Fimpression de son discours, on la verra bientôt , sur la demande même deii meSfnbresf iMciiJpésVs'cm presser de révoquer sa décision. Ce triomphe enhardit Les meneurs des comités, ainsi que les proconsuls qui comptèrent sur une pliA^ longue impunité du crime, quand ils agravèrent les dispositions* rigoureuses des lois révolutionnaires pardes inesdi-es afroces, et qùHlS exploitèrent 4a ^crrwir au profit des plus viles passions. Ces hommes passent la nuit ài aiguiser leurs poignards, à concerter une attaque dérive pour le lendemain. Les rôles sont distribués. Amar et liourdon, Billaud - Varennes etLegendre, Gollot - d Herbois et lallien, Thirion et Rovere , Târis et Frérod , naguère eimeim acharnés, viennent de cimeniei* par" un-' del^nîèr' serment leur impure alliance, lis assiègent le domicile des patriote» irréprochables ^ qu'il» sont jaloux d'avoir
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pour auxiliaires, et auxquels ils ont déjà inspiré quelques préventions contre les triumvirs (i). Us profitent de ce que Robespierre n'a pas précisé son accusation et désigné suffisamment les députés coupables, pour faire croire à un grand nombre de leurs collègues qu'ils sont tous menacés. Ces manœuvres leur réussissent. A Touverture de la séance du 9, Saint-Just, qui est arrivé la veille de l'armée, où il a donné aux soldats Fexemj^e de Tintrépidité et du courage (2) ; Saint-Just qui est pénétré aussi du besoin de ralentir laction révolutionnaire » de
(i) CcH aian qiM towt àémgnén RobcspienCy Saint-Jost et Conthoii. Selon SI Paganél» dont U pureté ctYÎqne est înoontettalile f malt qoi n*a pas loiqoun acooné le joug des préventions qui l'attachèrent à là Gironde, Robespierre était le tigre , Saint- Just le //o/i, et Coulhon la panthère de ce triumvirat. Le roinancier Walter Scott nous a parlé anssi d'une association politique entre Blarat, Danton et Kobespierre , et ks figures de rhétorique ne sont pas oubliées non plus dans le portrait ^'il nons«nAit.
(a) « Si SaintJost s'exprimait avec tant d'andaoe à la tribune^ » dit Pabbé de nontgaîllard , il ne déployait pas moins de eon- » rage sur le champ de bataille. Envoyé aux armées en qualité » de représentant du peuple , il se mit à la tête d'une colonne » chargée d'enlever une redoute extrêmement forte; après l'acs tioD, les grenadiers loi disent : f .^.^ nous sommes contents • d^ toiy citoyen représentant, ton pbuncA n'a pu xemné nn » brin» nous avions l'eril sur lui; tu es un bon B.^.., nais » avoue quil laisait dialilenient chaud à cette redoute Tons les » «eprésentauis dn peuple envoyés nux armées firent , au reste^
G01ÎV£]fTI0JI HÀXIQICÀLB, 1 793- 1794* 34 i
faire cesser le désordre, le plus tôt possible, de constituer ruuité socialô (i) sur les ruines des factions anarchiqueSn 6t d'assurer eaûn la stabilité du système républicain par des institutions (2)]; Saint- Just, austère démoci*ate^ comme Robespierre y veut soutenir la sortie victorieuse de son ami contre les membres gangrenés des divers comités ; stigmatiser, à son tour, les indignes représentants du peuple qui souillent Tétendard de la liberté en diercbant à en fidre le Palladium du vice, et qui déshonorent le titre de patriote eu l-iuvoquant pour couvrir leurs turpitudes, et leurs rapines. « Je ne » suis d'aucune faction, ditniL; je les combattrai D toutes. £iles ne s'éteindront jamais que par les
» preuve de courage. » ( loo, IV.) Cet aveu est précieux dans le livre de M. de MontgaîUard;
(1) Saint-Just avait compris, coiiime Robespierre y quel'anité goaTcmementalc serait impulnante conlreraDarcfaiey eti^'aviait ^*iiiie odsIenoeprécaiM, ai die ne s'qipayait sur l'ùi^é moral^ c'est 'à dire sur la oonTergenM des sentiiiients et des idtfes yen le but commun, inéUqné seolement par les formules politiques. Voici comment il s'exprime, à ce sujet , dans ses Fragments sur les institutions républicaines : « La patrie n'est point le sol', elle » est la communauté des affections, qui fuit que, chacun corn- 1» battant pour le salut ou la liberté de «e qui lui est cher , la pa- » trie se trovre défendue. SU chacun sort de sa chaumière son » fusil à la main, la patrie est bientôt sauTée* Chacun combat » pour ce qu'il aime : Toflà ce qui s'appelle parler dé bôime foi; » combattre pour tous n'est que la conséquence, w ( Page 23. ) '
(2) a La teneur I dit Saint-Just, peut nous débarrasser de la
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» instilutioi» qui produirontr les garanties^ qui
» poseront la borne de Tautorité, et feront ployer » 5$uis retour Forgueil humain sous le iougde ia U« » beité publique. Le cours des choses a voiilu;que » cette tribune aux harangues fôt peut-être la » roche Tarpéienne pour celui qui viendrait vous. p dire que des membi'e^ du gouyemement ont » quitté la route de la Sagesse. A ces mots, les conspirateurs se sentent pressés d'éclater ; ils interrompeut virement l'orateur, et Tallieny tout dé* goihant encore du sang des Bordelais > s'élance à la tribune pour y faire entendre des gémissements hypocrites sur le sort malheureux auquel la chose pnbKqueest abandonnée. Il n'est d'aucune &ction^
» monaidiie el de l'ârUtocratie; mais qui nous déUmva de la » oGumiptioii ?..... 1MU iveiaxiiTiDii». On ne s'en doute pas ; oit » cr€»t avoir tout fait quand on a une machine à ^ouvememmt. »
( Fragment sur les insfitutions républicaines , page 19.) Celui qui traça cette derulcrc phrase mérite d'être distingue, ainsi que EobespierrCy des i^ulres fondateurs du gouvernement révolutîonnau;e» qui donnaient un caractère définitif à un s^$tènie esmtieUemeot transitoire,. et. cr^jaieut avoir tout fait parce qu'ila avaient organisé une machine à gouvernement. Cett çctte distinction, que K. Mignct n'a point a4mise, |misqu'il a confondu , an contraire, Robespierre et Saint- Jnst, avec Billaud-Tareiinct , CoUot-d'Herbois, etc. , dans une mèuie secte démocr.itique; c'est cette distinction que j'essaierai d'établir sur une plus ample démonstration, dans une Histoire, 4ft comité de salut public que me Jf^lt^e à puUiqr i^icessaouneiUs ,