CHAPITRE XIL
lî ne manque auaù Anglais que ta connaissance de Iti suprématie de là royauté. Avantages de leur Gouvernement, lis consistent prinCi-paiement dans ta liberté de ioUt dire et dé
^ 'iout écrite. Cette liberté né 'doit pas rester sans sun'eillancè. '
Mai» enfin , mé ^ra-t-on» , ptri^f^M vous a^éis fMijours pi^ésen» à Fesprû lé^ daiigei^ mbéren& aa ^uvc^neixtent 'd'AngletérWrj pubqii6 , ^'•ap^F^ vous, ce gouvernemem né subsiste que pair rhakilelé* its ministres j ptiisqite la liberté individuel tê / est J)^t-être prïus gftiée dans ce |3iajs que dans les afdtres , et qu'enfin ii tàÀl dànbfs cette île , plus que pirftout^itïeaf s , sesouttiettré lorsque rautorilé ou , à le bien prendre , l'administration a parlé (i) ; on doit donc en inférer que , bien que précédemment tous ayez refuse
(i) Plusieurs ëcri^ins ont remarqué avec beaucoup de justesse que la toute-puissance du parlement, remise par le fait à la disposition du ministre qui savait la diriger , réduisait en Angleterre la gestion d(^ affaires publiques à une véritable administration.
d'en convenir , les Anglais ont le plus grand tort d'être si fortement a,i(^chés àleur consti^mion, et qu'il feraient très-Sûgensienjt de là renyerser, et de prendre cpielque forme d^ gouTern^ritentbi^a absolxi q]gii le& délivi-ât d'une situation toujours précaire , et des craiiues qu'elle doSt toujours leur inspii^er.
Ce n'est pas là^> à beaucoup pvos , ce qu'il ùmt coK^clure de mes Opinionâ 9W l'Angleterre es suq son gx^uyerpen^ent. Je ne blâme qu'un défaut principal d^autS les mftsînnes politiques des Anglais : je vo^dii^ais qu'ils se défissent de ces ar* rièresrpej^f^s d^. sQu^er^ii^té populaire que , d^ns 4l9S tçmps 9)^ibeureux, des sectes iana^ tiques et cruelles l0ur iQ^rèi;é];it. H faudrait (j« sui^Qbligi de lo répéter sans cesse » car il s'agit d'une de ces données imposées par la nature et semblables a^x quantités que, dans certains cal* culs de no$ sciences abstraites on tient soigueu* semant à l'écart, mai§. qui , dans le cours des opérations , reparaisçe^^t ^t ^e reproduisent toujours )^ il fi^udrait qu'ils se déterminassent à. ad** mettre sans hésitatioQ la suprématie de l'autorité du roi , pour comprimer les passions , lorsqu'il surviendroit des divisions funestes entre les poti^ vpirs et dcfi; rébellions dans le peuple. Cev'est point w^ Anglais , ni aux nations qui se sont noujrxies CQujime eux Ridées plus fortes que pru-
dentés et sages ^ que j*it»aîs proposer de ne voir dans leurs chambres législatives que de simples conseils du i^oi , et de réduire les résolutions qui en élbanent , à des décisions purement consultatives. La modification dont je viens de parler suffirait pour que, dans les temps de dis* corde , on ne se jetât pas du côté dé la destruction et de la mortj et même la pensée que le prince peut, au dernier moment, parler avec toute sa puissance, et faire évanouir les projets désastreux, serait, si j'en juge bien ^ capable d'arrêter les factieux, en leur montrant*, dèsl-origine, l'inévitable issue de leurs entreprises. *Ge point fondamental de la prééminence du trône une fois obtenu, je ne vois plus que d'immenses avantages dans la constitution et dans les habitudes anglaises. . . : .
Ces avantages , je les ai trop fait sentir dam rats précédens écrits j pour m'en occuper d< nouveau i je me contenterai de rappeler •qu'ilî résultent de l'épreuve que les projets duministn doivent subir dans les discussions des Chambres de la circonspection et delà salutaire lenteur qu doit en provenir dans la direction dés affaires de la connaissance de toutes choses que le princ( pui^dans les discours publics et dans les entre tiens particuliers des envoyés dé toutes les pro vinces , ei enfîi;! de la conviction oit tous les in
divîdus de la nation parviennent , à. la lecture des débats du parlenient , que leurs intérêts ont éié pesés et défendus autant qu^ils pouvaient l'être. D'autres avantages encore que les Anglais recueillent de l'habitude des discussions et de ce pouvoir de tout dire, qui s'étenddepuis la Chambre des Pairs , jusqu'à la dernière réunion politique, est de s'éclairer mutuellement sur d'innombrables questions ; car , on l'a dit , il y a. bien long- temps, le combat des opinions est la source des vérités. Bien des réponses et bien des découvertes resteraient inconnues à nousmêmes et ensevelies dans le fond de notre ame , si le besoin de triompher de nos adversaires n^ nous faisait violence et ne nous obligeait à d'heureux efforts. Toutefois , je me garderai de me ranger d'une manière absolue de l'avis de ces orateurs et de. ces écrivains qui , trop suspects de ne vouloir des discours et des livres que parce qu'ils savent en faire , et que , par cela même, ils espèrent* dominer sur leurs semblables , prétendent que jan^ais on ne doit retenir les paroles ou les écrits , et qu'on doit se contenter d'en punir les auteurs, lorsqu'on y trouve des intentions ou des assertions coupàliles. Ceux; qui.soutiennent cette proposition «avec chaleur et sans restricûoiji , ont évidemment des opinions secrètes et hasardées qu'ils aspirent à faire pk^éva-
loir. Je ne leur répondrai pas que , si la vérité tire avataitage des discussions, elle peut aussi très-souvent être étouffée par le torrent des paroles et surtout par les vociférations des partis. J'irai droit au but, en leur demandant quel traité la Providence a pe^ssé avec eux pour s'engagper à faire naître un réfutateur des« fausses doctrines , en même-temps quie le propagateur viendrait au monde. Ne saventils pas que certains sophismes , comme un feu dévorant , se répandent au milieu de l'espèce humaine, et que trop souvent des siècles entiers suffisent à peine pour éteindre l'incendie qu'ils ont alhimé de toutes parts. Depuis trente ans nous voyons la plus extravagante et la plus fausse des conceptions étendre sea subversions et trouver à peine quelques contradicteurs. Je veux parler de la souveraineté d'un être qui ,' si Ton 'emploie dans les termes l'exactitude que les moindres ' sciences réclament, nVdbtVto/^imaiiy, la souveraineté du peuple (i) , et des écrits tout récens
(i) Je renvoie le lecteur an principe que j^ai posé dans mes prëcëdens écrits , que des collections et des agrégations n'étaient pas des êtres. Ce principe, ainsi que celui du néant de la prétendue souveraineté du peuple , est traité foft au long depuis la pag. 17 jusqu^à la pag. 4^ des PremierB développemens que j'ai publiés sur ma propositipn du 18 janvier demier*
topâralent encore nous y lier comtne k un pou- Toir îocontestabLe. Depuis trente ans > nous TO)rons ranger au nombre des vertus l'esprit de râidlion contre Tautorité des Irais j et , disons-le à la hoate des jugemens humains^ les mêmes feuiUes périodiques qui blâment comme une source de m^heurs publics la résistance des cours souvereînes au gouvernement de Tinfortuné Louis 3tVI , ne peuvent pas trouver de résistance assez efficace ni d'eptraves assez fortes lorsqu'il faut cos tpe-balancer la puissance royale. Que serait-ce , si je parlais de ces opinions astu- " cieuses que les factieux de tous les temps savent émettre à propos pour flatter les passions du moment , et pour embraser les empires ? Qui oserait soutenir que , dans Tefiervèscence qui précédait le 20 mars » et qu'alimentaient les conjurés , de bons écrits , quand bien même les écrivains eussent été tout prêts à les composer , auraient pu détruire les ravages de ce journal de détestable mémoire qui soulevait sans cesse la iureur de militaires ivres d'orgtieil et de pré-» somption , et dans lequel tout lecteur attentif à pu voir la conspiration tout entière , l'odieux Nain jaune? Qu'ils répondent ^ ceux qui, après de si grands crimes et des malheurs si terribles , loin de se contenter de la liberté de droit qui règne dans l'enceinte de deux assemblées aussi
respectables que nombreuses , repoussent totale surveillance au dehors , dans la publication dès ouvrages les plçis dangereux? Se croient-ils des divinités qui , après avoir laissé exterminer lés hommes , peuvent leur donner une autre vie?
Sont-ils comme le maître des cieux qui , du haut de son trône , regarde avec impassibilité des masses entières de populations humaines se précipiter les unes sur les autres pour arriver k peine à quelques connaissances utiles à leurs descendans? Sont-ils, je le répète, comme ce souverain être , pour qui les générations vont se perdre par torrens dans là destruction ; maisi qui (nous l'avons dit ailleurs) cesserait d'être Dieu , s'il ne retrouvait dans l'abîme chaque individu par son nom , pour lui prononcer enfin W décrets de sa justice ? Loin de nous cette froide , disons plus , cette criminelle manié dé notre siècle , qui pe considère les hommes que comme de vils iustrumens que l'on peut faire périr en foule 9 pourvu que les résultats^ soient immenses; et, gardons-nous d'imiter ces savans qui , entassant dans leur laboratoire les substances mortes et vives, sembleraient, dans leur ardeur fanatique pour le progrès des siçèncesV voir l'espèce humaine comme une chair à : ferï^ jfnentation , dont on ne. saurait trop exciter les mouvemens internes pour .î^nener de grandes
découvertes. S'il est vrai que les hommes doH vent se heurter sans cesse pour avancer dans la voie de la vérité j ne nous empressons pas dé rendre notre patrie le théâtre de ces combats. Imitons plutôt ces sages princes qui, sachant que- dans l'état actuel des sociétés, les vérités utiles ne se perdent pas , préservent leurs pays des querelles oii on lès découvre , et attendent qu'elles soient vérifiées pour leS; admettre ; ou plutôt, j'y Consens , poursuivons nos recherches, et emparons-nous du vrai partout où nouS le forcerons de paraître. Mais conformons -nous à la Charte j qui ne veut en ce genre que nous garantir des excès dé la licence , et dont le but est ^tie le prince entende tous ses sujets et toutes leurs deulaûdes , quoique certainement il ne s'astreigne pas à les entendre toujours publiquement et par la voie des libelles. Portons des lois répressives lorsque liotre monarque noùç y invitera et que l'imminence du mal nous prouvera que nous ne pouvons nous dispenser de le faire ;; si ce mal nous surprenait avant que nous eus-» sîons pu nous mettre en défense , souvenons-^ nous que notre Roi s'est réservé sur cet arûcle comme sur tous les autres ^ le soin et le pouvoir d'ordonner ce qu'exige la sûreté de TEtat. Re-» poussons les préceptes absolus qu'on voudrait puiser «n Angleterre, parce que, semblables à
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ces parties du corps qui, à force de meurtrissures, perdent leur sensibililé,i^es peuples ont vécu quelques années sans ressentir de fâcheuses atteintes d'une liberté entière et sans obstacles ; et si Mithridate s'accoutuma aux . prisons les plus ;/toriêls , croyons qu'il ne les avait pas tous éprouvés , et que , s'il eût vécu l'âge que vivent les nations , il en auraft trouvé d'une telle force , qu'il eût violé toutes les résolutions de ne pas les rejeterdesa coupeetde les portera sa bouche(i).
(i) Ce chapitre a été écrit long-temps avant la publication de Pouvrage de M. le vicomte de Chateaubriand , intitulé : De la Monarchie selon la Charte, Comme je diffère entièrement d'opinion avec lui sur plusieurs points importans , et notamment sur celui qui fait Tobjet de ce paragraphe , je prie le lecteur de jeter les yeux sur ce que je dis de la liberté de la presse, dans le Supplément que )'ai composé tout exprès pour répondre à la partie théorique de ce même ouvrage.