CHAPITRE XVIII
Les expressions des adi^ersairçs de V Auteur dénotent qu'ils appartiennent à V école de Montesquieu. Il lui a fallu d*abord écarter les objections qu'on pouvait puiser dans les écrits de ce pu^liciste. Il rei^ient maintenant au fond de sa doctrine , et aux prétendues réfutations qu'on en a faites. Alternatii^e sur Vétat de ïhomme ^au commencement de la formation des gouvernemens^
Ayant énoncé des principes ^ dont plusieurs ont semblé assez peu connus pour me faire considérer comme novateur par quelques critiques , j'ai lieu de croire qu'on aura été surpris de me voir entrer dans de nouveaux combats avec le premier de nos publibistes, sans avoir commencé par répondre aux réfutations que Ton a voulu faire de mes principes. Voici la raison pour laquelle je n'ai guère parlé encore que de Montesquieu et de se;5 opinions. Très-souvent une seule expression technique , échappée à Tadversaire qui nous attaque , indique l'école
à laquelle il appartient , et oblige , si Ton vetit produire quelque effet dans son esprit, de détruire d'abord les notions préalables dont èe compose la valeur du mot qui nous a servi d'avertissement. Ce mot, qu'ont employé mes censeurs , et particulièrement les rédacteurs du journal qui a itéralivement répondu à la doctrine que je professe ; ce mot , dis-je , oii je les attendais depuis long-temps , est celui de liberté politique , expression synonyme du droit de voter dans les assemblées publiques. Montesquieu s'en étant servi dans une matière oii se trouvaient mêlées d'autres libertés plus réelles, je me suis vu dans la nécessité d'insister sur le principe que tout , en morale et en justice, devant aboutir à des individus , une liberté qui , au lieu dé rendre chaque particulier maître de ses actions , le placerait dans un régime de précautions et d*entraves journalières , ne serait pas d'un prix inestimable. Or, ces gênes et ces précautions étant la conséquence inévitable des dissensions et des dangers qui résultent de cette portion d'influence imperceptible, mais discordante, que la liberté politique garantit a tout citoyen dans les affaires de l'état, il suit que cette même liberté ne nous retracerait que des idées pénibles et désavantageuses , si « elle ne nous obligeait à tirer continuellement