CHAPITRE XX
Comment il se fait i/ue j dans certains pays y des madcimes contraires à ta doctrine de l'Auteur se sont introduites è Les Gouverne^ mens républicains ont pris leur origine dans des faits d'exception :^es faits mènent assez naturellement auoc principes de la puissance obligatoire de la majorité. La plupart des Républiques sont sorties de Conspirations. Si, parmi les conspiratdiurs , les engagemens ont été directs^ ils ne Vont pas été parmi les ha^ bilans ; ceux-ci n'ont cherché , et leurs descendans ne cherchent encore qu'une proteclion. Ils s'y sont soumis y ou s'j soumettent individuellement , comme on fait partout
ailleurs.
Puisque , dans les temps raodernes , comme dans les temps les plus reculés , il se trouve que dans Texacie vérité c'est le gouvernement qui fonde la société , on pourra m'objecter que mon principe , étant universel , aucune institution , parmi les hommes , n'aurait dû s'^élever dans un
s^ris contraire. Cependant, me dira-t-ôù , des maximes toutes différentes se sont introduites dans plusieurs pays ; et nous vojons des Etats républicains où l'on professe tous les jours les idées les plus opposées aux vôtres.
Je pourrais d'abord établir que, dans les Etats, les plus démocratiques 9 si la monarchie n'est pas dans le gouyernement , elle est au moins dans les familles; et qu'elle se trouve encore d'une manière plus frappante dans les aristocraties , puisque si celles-ci supposent , j'en conviens , dan» leur origine l'accord de quelquçs chefs puissans: ces chefs , étant ou des pères de famille ou de petits princes , ne faisaient que des alliances ou des ligues d'autorité souvefstine. Mais sans m'appesantir sur cette création, je remarque^* rai que ces gouvcmcmen$ , que je regarde comme de purs accidens , une fois en vigueur^ trois choses s'en suivent ï i^. Que ceux qui se rangent sous leur prpteciion, ne songent pas à contracter des liens de particulier à particulier plus qu'bn ne le &it danS/ lès monarchies ; 2^. Que rengagement, it'ayiint'liiéiji qu^eiiivers l'au*^ torité et ie mode de gouvernement re^s iis'est point idîssolublé par le vœù de la majorité v- ce que Ton neut ciendce mâmc aux pajs ièà plus déinoGiraiîi^ en sorte xpxe le canton: de* SchMrîitz Qui d'Undervifald* ne pourrait ,jgiatgr!â> la miflib'-
rite , élire ud roi et devenir monarctiie , à moins que la toute-puissance de cette majorité ne fût reconnue de tous et un chacun en particulier comme un principe incontestable^ e^ 5^. Que certaines maximes ou formes accidentelles , peuvent aisément , dans ces pays , prendre de la consistance et passer ensuite pour fondamentales , lorsqu'elles n'ont été que le résultat de certaines circonstances. D'après les principes que j'ai développés dans mes différens écrits , la . vérité des deux premières assertions est évidente ; c'est à la dernière qu'il faut m'ai tacher : elle doit servir de réponse à l'objection qu'on voudrait tirer de l'existence degouyernemens oii les principes reçus difFerent de ceux que je pro-
fesse.
Je viens de dire, que l'aristocratie devait naturellement son origine à l'accord de petits princes ou de chefs de familles ; il est donc clair que lorsque ces chefs ,ou ces princes se sont liés , ils l'ont fait , non plus par le désir de rechercher la protectiou d'un homme plus puissant qu'ils ne l'étaient eux-mêmes , mais par le N besoip de résister à quelque péril commun qui leur imposait la nécessité de ne point se séparer. Oi*, cette nécessité,. une fois ressentie par chacun en particulier ayec une volomié positive d'y obtempéreri^et une autre volonté non moins
C 1^9 ) ]prOQoncéede ne pas reconnaître de chef Suprême, il est manifeste que pour parvenir à l'unité des résolutions , il ne leur restait qu'à compter les voix et à donner la prépondérance à la pluralité | et cet usage , consacré parle temps et façonnant les mœurs , devait , on le conçoit > devenir dans certain pays l'idée dominante d'après laquelle on jugerait tous les droits et tous les devoirs.
Mais je m'aperçois que je donne une source trop pure à ces coutumes et à ces axiomes qui ont failli bouleverser tout l'univers. Oui , sans doute , quelques patriarches , dans Fantiquilé , quelques chefs de tribus nomades , dans des tems plus modernes , ont pu légitimement s'allier et se soumettre aux décisions de la pluralité , .^^çit par un traité formel , soit par une habitude toujours la même et jamais contestée. Mais veut-on connaître l'origine la plus ordinaire de ces républiques si vantées , elle se trouvera le plus souvent^ je pourrais dire presque sans exception, dans l'œuvre ténébreuse de conspirateurs traîtres à. leur prince et rebelles à leur gouvernement. Lorsque des hommes orgueilleux , pénétrés tous de leur grande capacité et de la force de leur courage , et souvent liés déjà par la plus étroite amitié, se rassemblent dansune commune pensée pour renverser l'autorité souveraine , leur premier soîn est de s'unir encore davantage par les
( ï5o ) sermens les plus terribles; Tégalité qa ils portent dans leurs protentions et la chaleur qu'ils mettent dans leurs délibérations leur permettent rarement de choisir d'autre voie que la pluralité pour se fixer dans leurs résolutions. Voilà donc doux bases qui s'introduisent , l'union indissoluble de tous et la puissance absolue de la majorité; et si ces conjurés réussissent, leurs procédés, passant en usage, de viennent bientôt des principes dont on ne connaît pas l'odieuse source , et qui s'embellissent sous une couleur populaire que bien souvent il a falu jeter sur tnx des l'époque des premières trames.
MaiSyjeledemahdeyCe but uniqucdans la pensée, imm cette identité d'entreprise , ccsbesoin de se connaître tous jusqu'au fond de l'ame, cette nécessité de ne plus se séparer qu'avec la vie , et par -conséquent,s'il n'y a pas d'autre manière de s'entendre , d'en passer par toutes les volontés de la majoritéjfussent-cUes les plus imprévues, les plus tjrraniqaes et les plus funestes, en un mot cet accord dans les intentions, dans les complots et dans l'attentat , se rencontre-t-il dans des êtres inconnus les uns aux autres, qui né recherchent que justice et sûreté sous une autorité tutélaire, et qui ,- loin d'imiter les protédés et les cngagemens du crime , ne savent que suivre l'impKWf-fe/ sion individuelle de la nature.
11 suit de ces considérations que , si dans une origine souvent impure, des ligues de gou?crnaus ont fait prévaloir chez quelques nations , l'opinion de la toute-puissance de la majorité , ma doctrine ne peut souffrir la moindre atteinte de^ maximes qui d'abord n'ont aucune valeur contre quiconque est libre d'engagement et n'a aucuneobligation de les adopter , et qui , en second lieu, ne supposent pas même un seul instant d'association directe d'homme a bomme parmi les simples habitans dupais. En effet , que trou-^ vez-^vous dans la masse au moment de la formationde cesgouvernemens républicains ? des jt»
dividu^ qpi viennent de confiance s'attacb^
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point .d umie qu on leur présente > cr ^
r f . . , / • I» • j'- un peu plus
générations suivantes ( je i ai ^ ^ '^
haut, et je le répète), ee so- encore, à plus forte raison . des iodivid-- ««^ »« rm^^ryX,, comme ils le feraient «^-QS des Monarchies, sous la protection du gouvernement établi , et qui promettent de le défendre. Nous relrouvous,donc toujours notre principe , .prçtectiQn et soumissiorif il est de tous- les temps et ,de tous les pays; et , si quelques accidens peuvent çà et là l'obscurcir , la nature reprend bientôt son cours et reparaît toujours au» yeaxàe celui qui • l'observe sans préjugés.
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