CHAPITRE III
La Législation rCest bonne qu'autant qu'elle assure le bonheur des individus. Les Gomvememens les plus populaires ou les plus compliqués sont ceux oii il existe le moins de liberté.
Les mêmes pensées de la nécessité d'une justice distributive et d'un bien r être individuellement assuré pour quiconque ne s'écarte pas de la ligne du devoir , s'appliquent avec la même exactitude à la législation des hommes, et ce seraient des éloges bien peu mérités que ceux qu'on donnerait à de savantes combinaisons qui ne s'occuperaient que du jeu et des ejBfets des masses ; et qui, définitivement, ne conduiraient chaque citoyen qu'à des privations plus fréquentes j qu'à une obéissance plus répétée, et qu'à des sacrifices plus rigoureux que n'en imposent les gouvernemens ordinaires Or, tel est à peu prèsle résultat où mènent toutes les théories, ou de pur républicanisme , ou de contrebalancemens sans prépondérance finale dont le dernier siècle
a été Si prodigue. La raison en est évidente : Ge$ théories , ou ne respirent que le désordre , ou vont chercher leur base dans des disssensions systématîqnetïlent combinées. Nul peuple cependant ne saurait subsister au ^ilieu de partis toujours aux prises , et de voies de fait non interrompues. Pour prévenir de semblables malheurs , dont on est sans cesse menacé sous ces gouvernemens orageux , il faut ne pas abandonner les citoyens à eux-mêmes un seul instant, mais épier leurs moindres démarches, dicter leur conduite pour toutes les heures du jour, les investir de règlemens,. et, par des lois rigides et des exemples sévères , imprimer aux iputins une terreur salutaire potu: les réduire à la soumission et au respect enver3 Tordre établi. Car, ne perdons jamais de vue ce que j'ai pris soin dje répéter bien es fois dans mon premier écrit, que lorsque des Hommes se trouvent dans un même lieu pu dans un même pays , ils ne peuvent tirer avantage de leurs forces qu'autant qu'elles sont réunies et dirigées vers le même but et vers les mêmes entreprises , et que le seul moyen d'opérer et de maintenir cet ensemble et cette unité est la soumissîon des subordonnés.