LIVRE SEPTIÈME
stnictioD expresse, bien avérée, et non pas seiw lement l'allégation d'un diffamateur inépuisable, surpris à chaque page en flagrant délit de mensonge. On cherche en vain dans les pièces justificatives qui accompagnent le livre YII de ses Mémoires j quelque trace de Tautorisation à s'enrichir par la saisie et la vente des marchandises anglaises. On y trouve seulement les instructions que le ministre de l'Ëmpe^ reur à la Haye , M. de Sémonville , transmettait au commandant militaire, et dans lesquelles on remarque le passage suivant :
a Quant à l'acte de préhension des marchandises anglaises , les moyens de le mettre à exécution sont en votre pouvoir, et je ne puis, monsieur le général, que m'en référer à ce que votre prudence vous suggérera, pour régulariser, par les formes dont vous prescrirez l'emploi, la rigueur d'une mesure *qui ne fût jamais devenue nécessaire si le gouvernement batave eût moins obstinément fermé l'oreille à nos représentations et à nos plaintes. » (II, 277.)
Lorsque Marmont cherchait à adoucir dans l'exécution la rigueur des mesures prescrites pour la saisie et la vente des marchandises anglaises, il n'avait donc pas le mérite d'enfreindre ses instructions, comme il s'en vante, puisque l'organe ofiiciel de l'Empereur lui avait déclaré s'en référer à sa prudence dans l'emploi des formes à observer. Pourquoi donc assimiler à un pillage une mesure
que robstination du gouvernement batave avait rendue nécessaire? Cette qualification passionnée indique tout de suite la pensée de Marmont. Il voit, dans les ordres qui lui sont envoyés en Hollande au sujet des marchandises anglaises, une occasion de flétrir l'un des côtés essentiels de la politique générale de Napoléon , et il s'empresse d'exploiter cet incident au profit de son système de dénigrement. Napoléon s'est chargé de répondre lui-même à toutes ces déclamations contre le blocus continental.
a Napoléon, disent les Mémoires de Sainte-Hétène^ ne s'égara point dans une passion aveugle, il savait le bien dont manquait la France ; la paix avec l'Angleterre était le but qu'il voulait atteindre. Mais elle prodiguait ses trésors pour soudoyer contre lui les armées de l'Europe , et ce n'était que par des victoires qu'il pouvait espérer de dominer la haine anglaise en soumettant ses alliés. C'est ainsi qu'il fut entraîné malgré lui à la conquête de l'Europe et au blocus continental. »
Discourant un jour à Sainte-Hélène avec un Anglais sur l'établissement et les résultats de ce blocus, il lui dit :
a Je me suis trouvé seul de mon avis sur le continent; il m'a fallu, pour l'instant, employer partout la violence. Enfin, l'on commence à me comprendre, déjà l'arbre porte son fruit; le temps fera le reste.