‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 108 sur 189 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

CâMPAGNI DK 1805. — AUgTBRLITZ. — LK PRINCB lUCftin.

LIS PROVOrCIS aLTBiivmis. — lauristov, molitoh,

XAllIOlIT, ciiâunu.,

SI-

Le maréchal Marmont fut rappelé de la Hollande pour aller prendre sa part des dangers et de la gloire de la grande armée dans la campagne d'Austerlitz. Il passa de là en lUyrie , où il gagna le titre de duo de Raguse. Cette partie de sa carrière militaire est celle où I sans cesser de se louer lui-même , il a fait une place moins large à son déchaînement habituel contre ses compagnons d*armes. L'on se tromperait toutefois si Ton pensait que dans les nombreuses pages dont se composent les huitième j neuvième et dixième livres de ses Mémoires , il soit parvenu à contenir tout à fait Tesprit malveillant qui l'avait tant dominé et entraîné jusque-là.

Dans le huitième livre , le duc de Raguse revient au contraire avec empressement à l'idée fondamentale qu'il a manifestée au commencement de ses

25S RÉPUTATION DES UÉlfOIRES DU DUC DE RAGUSE.

Mémoires et qu'il n'abandonne jamais. Dans son opinion , les grands succès de la campagne de 4 805 , y compris la victoire d' Austerlitz , furent bien plus déterminés par les fautes de l'ennemi et par les faveurs de la fortune que par les savantes combinai* sons et les habiles manœuvres de l'Empereur. C'est un hasard hors de tous les calculs qui nous rendit maîtres du pont de Thabor sur le Danube ; c'est le stupide prince Auesperg qui empêcha un vieux ser* gent d'artillerie de mettre le feu à ses pièces et de faire sauter le pont au moment où nos troupes allaient le traverser. « Cet événement, dit Marmont, décida la direction de la campagne , et amena les immenses succès qui la couronnèrent. Si le pont eût été brûlé, l'Empereur, manœuvrant contre l'archiduc , et celui-ci étant encore éloigné, eût dû peulrétre sortir du bassin du Danube supérieur. Les Russes auraient pu à leur aise , si le passage de vive force à Vienne leur eût paru trop difficile , marcher sur Presboui^ ou plus bas. L'archiduc, que la sotte confiance des Russes n'animait pas , eût refusé la bataille. Il aurait manœuvré de manière à opérer sa jonction avec eux avant le combat. Alors ^ c'était une grande bataille contre deux cent mille hommes, au fond de la Hongrie, loin de nos ressources et de nos points d'appui. La campagne eût pu avoir des résultats tout différents. » (II, 338.)

Sont-ce là les réflexions d'un soldat de l'armée

Page 1