LIVRE HUITIEMB. S
dit-il y fort surpris de voir dis{^rattre les Russes des positions qu'ils occupaient , et de les y voir rempla* ces par des soldats portant les uniformes français , eul la simplicité de dire que peut-être c'était un piège de r ennemi : det soldats russes habillés en Français ^ dans le but de lui faire ouvrir la ville et de le surprendre. La vue de Uolitor en personne fut presque nécessaire pour le convaincre. Mais Molitor dut rester hors des murs pendant quelque temps. Les portes de Raguse sont couvertes par un fossé et un pontlevis. LaurisloUy par un eœchs de timidité, les avait fait murer et garnir de terre ; et cependant une porte placée dans un rentrant se trouve le point le moins attaquable de la fortification. » (II, 382, 383.) Molitor et Lauriston étaient devenus maréchaux de France quand le duc de Raguse accusait la lenteur de Tun et riait de la simplicité et de la timidité de Tautre. Leur nouveau titre les avait élevés au niveau des hautes positions et des grandes existences sur lesquelles l'infatigable envie du duc de Raguse s'est tovyours plus particulièrement exercée.
S IV
L'Empereur, en investissant le maréchal Marmont du gouvernement militaire de la Dalmatie , avait vu sans doute en lui non pas seulement un soldat éminem^ ment capable de conserver une précieuse conquête
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par la force des armes , mais aussi un agent de sa politique aussi intelligent que dévoué , un interprète fidèle de ses vues régénérabices sur les peuples européens encore couii)és sous le vieux régime dont la révolution avait délivré la France. Eh bien , comment sa confiance fut- elle justifiée? Gomment le maréchal Marmont entendait-il cette politique d'affranchissement qu'il était chaîné de faire apprécier et accepter par les populations illyriennes ?
a Les habitants de la campagne, dit-il, attachés à la glèbe ^ dépendaient des nobles, auxquels les villages appartenaient. Jamais on n'a va un pays plus heureux, plus prospère par une louable industrie ,
une sage économie et une aisance bien entendue