‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 113 sur 189 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

droit comme le régénérateur de l'Europe , était bien étrangement représenté et secondé dans sa mission , il faut le reconnaître , par des lieutenants tels que Marmont. Il se croyait un libérateur , et Tun des principaux instruments de sa toute-puissance le prenait pour un oppresseur. Il poursuivait la rénovation des peuples par T extinction universelle du régime féodal, et celui de ses généraux qui avait pu connaître le plus intimement ses idées et ses aspirations populaires 9 depuis ses premières proclamations à l'armée d'Italie y ne portait le drapeau de la démocratie française et l'espoir de l'émancipation en Dalmatie que pour s'y montrer soudainement engoué du bonheur des peuples attachés à la glèbe.

En vérité , le livre du duc de Raguse , qui contient tant de mensonges odieux , de jugements iniques , de pages révoltantes , renferme aussi quelques aveux précieux et quelques avertissements utiles. Il signale aux chefs des nations, qui n'acceptent un grand pouvoir que pour entreprendre de grandes choses , le danger qu'ils pourraient courir d'être mal compris et mal obéis s'il leur arrivait de confier les belles conceptions du génie progressif à l'inintelligence ou au. mauvais vouloir des serviteurs dissimulés de l'esprit rétrograde.

Mais est-il vrai que la glèbe rendît si heureuse la population des campagnes , et que le renversement de la suprématie aristocratique dans Raguse ait

Mî REFIJTATION DES UEUOIRES DU DUC DE BAGUSE.

fait succéder en Dalmatie l'âge de fer à l'âge d'or, un pouvoir oppresseur à une autorité tutétaire ?

Le duc de Raguse reconnaît lui-même que les flottes, en général, étaient fiers et durs envers les bourgeois. (Id., 117.) Mais un de ses compagnons d'armes , moins disposé que lui à se reprocber d'avoir enlevé au peuple de Raguse la paix et la prospérité , en le faisant passer sous la domination française, le général Glausel, digne lieutenant de l'Empereur et vrai représentant de la France nouvelle, partout où son devoir l'appelait , a constaté la véritable et triste situation de cette petite république dans nne lettre qu'il écrivit au général Marmont lui-même, et que celui-ci a comprise parmi les pièces justificatives de ses Mémoires, k Mon général , disait Clause!, les sénateurs craignent ta perte de leur puissance; ils ont pour eux raison; car la majeure partie est et sera bien misérable , puisque les coneussiotts, les dettes, etc., etc., ne pourront plus se faire impunément. » {Id., 167.)

Quand te général Clausel s'exprimait ainsi , il n'avait pas certainement devant lui la louable industrie, la sage économie, l'aisance bien entendue, la prospérité que Marmont s'est accusé d'avoir enlevées aux habitants de Raguse, comme ageiU involontaire de ''- ~ ■-'- ■ le et comme délégué dun pouvoir oppresu du parfait bonheur si com plaisamment son général en chef, il voyait, lui, ta

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