LIVRE HUITIEME
rUlyrie^ a irrégulièrement disposé! Le 16 mai, TEmpereur, toujours à Bayonne y écrit de nouveau à Marmont :
a Monsieur le général Marmont,
» Il y a beaucoup de désordre dans Tadminis-» tration de mon armée de Dalmatie. Vous ave2 au-» torisé une violation de caisse de près de quatre cent mille francs. Cependant le crédit mis à votre disposition pour les travaux du génie et de Tartil-^ lerie était de quatre cent mille francs* C'est une somme considérable. Comment n'a-t^lle pas suffi ? La Dalmatie me coûte immensément; il n'y a aucune régularité^ et tout cela met dans les finances un désordre auquel on n'est plus accoutumé. Le payeur est responsable de toutes ces sommes ; j'ai ordonné son rappel. Il faut se dépécher d'envoyer tous les papiers qui pourront établir ses Comptesi Mais tout cela ne justifie pas la dépense. Vous n'avez pas le droit de disposer d'un sol que le ministre ne l'ait mis à votre disposition* Quand vous avez besoin d'un crédit, il faut le demander '. » (III > 1 72, 1 73,)
^ A la même époque (le 22 mai 1808), le prince Eugène écrivit de son côté à Marmont :
« Sa Majesté m'ordonne ^ monsieur le général en chef Marmont, de TOUS écrire pour avoir des renseignements détaillés sur ce que sont devenus les fonds que vous avez détournés de la solde des troupes italiennes et de la marine* La régularité qui existe dans les finances tant
%m RÉPUTATION DES MEMOIRES DU DUC DE RAGUSE.
Marmont ne s'avoua pas coupable, à coup sûr; il protesta , il discuta , et finit par faire mettre la dépense contestée à la charge du royaume d'Italie. Mais, tout en reconnaissant que la violation de caisse qui lui était reprochée était non-seulement excusable mais tout à fait innocente, ne peut-on pas opposer au général justifié les lettres qu'il reçut, à ce sujet, de l'Empereur, et demander si le chef d'empire qui portait un œil attentif sur toutes les dépenses de ses armées^ qui se préoccupait avec tant de vivacité et de persistance , et au milieu des complications les plus graves, d'un prélèvement irrégulier d'une somme de quatre cent mille francs, et qui ne voulait pas laisser un sol en dehors de sa destination légale et de son suprême contrôle , avait pu être si peu semblable à lui-même dans deux circonstances de sa vie , en Italie et en Hollande , qu'il eût réellement offert à Marmont , aide de camp ou commandant en chef, deux occasions de voler im« punément des millions, et qu'il lui eût reproché ensuite de n'avoir pas voulu en profiter.
Le duc de Raguse s'est chargé de fournir les plus irrécusables témoignages contre ses plus incroyables accusations.
en France qu'en Italie ne permet pas que des sommes soient ainsi détournées de leur destination sans l'ordre du ministre. Sa Majesté me prescrivant de lui faire un rapport à ce sujet , je désire que yous me mettiez à même de remplir les oi'dres de Sa Majesté. »