‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 116 sur 189 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

LA BATAILLE d'bSSLIMG. — l'ARCHIOVC CHARLBS. — BATAILLE DE IVA6RAM. — MARMONT A 2NAÏM. — ARMISTICE. — MARMONT HOMUÈ MARECHAL.

La guerre s'étant rallumée en Allemagne , Marmont avait reçu Tordre de ramener son corps d'armée vers le haut Danube. Quand il eut rejoint TEmpereur, aux environs de Vienne , la campagne touchait à sa fin. Signalée d'abord par de nombreux et brillants succès, elle avait été menacée d'une issue désastreuse à Essling. (c Le passage du Danube , effectué avec trop de confiance , dit Marmont, avait failli amener la ruine et la destruction de l'armée. En ce moment , le prince Charles a eu entre ses mains la destinée de l'armée française : il pouvait la détruire ; mais il lui paraissait si admirable , si extraordinaire de n'avoir pas été battu , qu'il doutait presque de sa victoire quand il ne tenait qu'à lui de la rendre décisive. Qu'on se figure ' la situation, terrible de l'armée française : elle était

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divisée en deux par le Danube , qui est si large devant Vienne ; les deux portions ne pouvaient communiquer qu'au moyen d'une navigation rare et incertaine; la partie placée sur la rive gauche du fleuve , écrasée par le combat le plus opiniâtre , le plus meurtrier, n'avait dans Ttle de Lobau ni munitions pour se battre ni espace pour se mouvoir. Elle avait devant elle, au delà d'un bras du fleuve de la largeur, pour ainsi dire , d'un ruisseau , les forces ennemies victorieuses et bien fournies de toutes choses. Si l'armée autrichienne eût effectué le passage de l'île de vive force, et elle le pouvait certainement; si, en outre, un corps de douze ou quinze mille hommes eût passé le Danube à Krems, et que la population de Vienne se fût révoltée , comme elle y était disposée , tout ce qui était rassemblé dans Ttle , devenue si célèbre , le corps de Masséna , celui de Lannes , la cavalerie de la garde , toutes les troupes eussent été incontestablement prises ou détruites, et on peut apprécier les conséquences qui en seraient résultées. » (III, 245, 216.)

C'est toujours le même système, l'explication des succès de l'armée française par l'ineptie , l'inactivité ou les fausses manœuvres de l'ennemi ; toujours le même langage , plus voisin du regret que de l'enthousiasme , quand il s'agit du salut ou d'un triom-^ phe inespéré de nos troupes; toujours les mêmes réflexions sur les fatales et incalculables consé^

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